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Lawrence Durrell

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Arabella
Sage de la littérature



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MessageSujet: Lawrence Durrell   Sam 12 Avr 2008 - 17:12

Lawrence Durrell (1912-1990)









Né aux Indes d'un père Anglais et d'une mère Irlandaise, il a exercé divers métiers, a été diplomate, et fût romancier, poète et essayiste.

Il abadonne rapidement ses études, et mène dans les années trente la vie d'un bohème, sans véritable activité professionnelle et avec l'ambition de devenir écrivain. Il exerce divers petits métiers : pianiste, photographe, et il publie ses premiers poèmes dès 1931. Il passe quelques temps dans l'île de Corfou avec sa famille, il y retourera plus tard, et en parlera dans L'île de Prospéro. Il voyage ensuite en Europe, surtout en France et en Italie, rencontre en 1937 Henry Miller à Paris qui a énorment compté dans sa vie d'homme et d'écrivain et avec qui il a poursuivi une riche correspondace pendant de très nombreuses années, puis rentre à Londres, où il publie sans grand succès deux premiers romans, Pipeau bariolé des amants et Printemps ou Tremplin d'épouvante. Enfin en 1938 il publie à Paris Le carnet noir où il se libère de certaines de ses obsessions.

Lors de la déclaration de guerre, il se trouve de nouveau à Corfou. Il est nommé attaché de presse à Athènes, il va au Caire puis à Alexandrie, qui sera son deuxième pôle d'attraction après Corfou. C'est là qu'il situera son oeuvre la plus fameuse : Le Quatuor d'Alexandrie.

Il continue d'écrire et de publier de nobreux poèmes, mais se lance aussi dans les récits de voyage, Corfou avec L'île de Prospéro, la Crète avec Cefalù, et plus tard Rhodes avec Venus et la Mer, et Chypre avec Citrons acides. Ces oeuvres entre poésie et le roman, révèlent un grand talent d'évocation des lieux, des paysages et des personnages.

La grande affaire de sa vie d'écrivains sera la publication des quatre romans qui composent Le Quattuor d'Alexandrie.

Il se fixe dans le Sud de la France, où il vivra jusqu'à sa mort. Dès la fin des années cinquante, il sera un écrivain connu et admiré, mais moins dans son propre pays qu'à l'étranger.


Bibliographie en français


Justine (1959)
Balthazar (1959)
Mountolive (1959)
Clea (1960)
Le carnet noir (1961)
Sappho (1962)
Poèmes (1966)
Citrons acides (1971)
Le grand suppositoire.Entretiens avec Marc Alyn (1972)
La papesse Jeanne (1974)
Un Faust irlandais (1974)
L'esprit des lieux (1976)
Monsieur ou le Prince des Ténèbres (1978)
Le Carrousel sicilien (1979)
Les îles grecques (1979)
Tunc (1979)
Actée ou la princesse barbare (1980)
Nunquam (1980)
Livia ou Enterrée vive (1981)
Le sourire du Tao (1982)
Les aigles blancs de Serbie (1984)
Constance (1984)
Sebastian ou Les Passions souveraines (1985)
Quinte ou La Version Landru (1986)
Vénus et la Mer (1990)
Cefalü (1990)
L'île de Prospero (1991)
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Arabella
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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Sam 12 Avr 2008 - 17:16

Le Quatuor d'Alexandrie / La pochothèque /Traduit par Roger Giroux

 

Justine
Balthazar
Mountolive
Clea




Les quatre romans qui composent le Quatuor ont été publié séparément, mais ils forment un tout, à mon sens difficile à découper en parties indépendantes, comme un puzzle, ils ne prennent sens, et ne nous montrent ce qu'ils sont sensés nous montrer, que mis bout à bout, ensemble. Lawrence Durrell se réclamait pour leur composition, de l'influence conjuguée des Hauts de Hurlevent ainsi que des Mille et une nuit. Sa définition du Quatuor est la suivante « C'est une sorte de poème en prose adressé à l'une des grandes capitales du coeur, La Capitale de la Mémoire. »

Alexandrie est évidemment au centre du roman, personnage principal plus qu'un simple décor. Une Alexandrie en partie imaginée, voire rêvée, Durrell ne découvre cette ville que pendant la guerre, il n'a pas connu l'Alexandrie d'avant, dans laquelle se passe la plus grande partie des quatre romans. Mais cela n'a aucune importance, pour un poète le pouvoir d'évocation est encore plus fort à partir d'un rêve que de la réalité brute.

Les événements du roman se passent pour presque totalité à Alexandrie juste avant la deuxième guerre mondiale, et pendant cette guerre en ce qui concerne Clea. Les personnages sont de diverses nationalités, égyptienne, britannique, française, grecque...Cosmopolites comme la ville d'Alexandrie d'avant la guerre. Tortueux et pittoresques comme ses ruelles, impossibles à saisir dans leur totalité en recherche d'eux même dans une ville qui brûle de tout l'éclat d'un sombre joyaux avant les soubresauts de l'histoire qui vont complètement bouleverser son existence. Poursuivant des objectifs troubles, avec des doubles voire triples personnalités, chaque épisode, chaque page, donne un autre éclairage à leur actions et à leur motivations. Les plus simples en apparence, ont en eux des quantités des secrets insoupçonnés.

Au centre des quatre roman se trouve L. G. Darley jeune écrivain irlandais, sans profession ni activité bien nette (il a les mêmes initiales que Durrell lui-même, ce qui n'est bien sûr pas le fruit du hasard). Il est le narrateur de 3 romans sur 4, personnage en apparence central, mais en réalité plus un observateur, qui subit ce qui se passe et en rend compte, qu'un acteur des événements, capable d'influer sur déroulement de l'action, ni même véritablement la comprendre. Il subit plus qu'il ne les choisi, les amours de trois femmes exceptionnelles : la tendre et émouvante Mélissa, la fascinante et vénéneuse Justine et la lumineuse et rayonnante Clea. Mais ces femmes ont leurs secrets, et toute une vie qui échappe à Darley. Qui aime qui ? Qui trahit qui ? Les pistes se brouillent et les intrigues se multiplient. Et les sentiments ne sont que peu de choses dans l'Alexandrie des années 30 et 40, la politique internationale, diverses aspirations des minorités, les affaires, ont un poids capital dans les aspects les plus intimes des rapports humains.

Et d'innombrables personnages brouillent toutes les cartes, nous les découvrons successivement ou en même temps. Nessim, Leila, Capodistria, Pusewarde,...Ils ont tous leur complexité, et tout ont une petite flamme magique qui les rend difficiles à oublier. Surtout qu'au fil des pages, ils nous montrent petit à petit, des facettes que l'on ne soupçonnerait pas de prime abord. Et ils sont d'autant plus précieux que l'on sait qu'ils vivent leurs derniers moments de splendeur. Les événements historiques, et en premier lieu la deuxième guerre mondiale vont sonner le glas de leur monde, et d'eux mêmes tels qu'ils sont.

Le style de Durrell est flambant et baroque, d'une beauté, d'une richesse, d'une luxuriance éblouissantes. La structure du récit est d'une extrême audace et d'une grande complexité, puisque les 3 premiers romans évoquent plus ou moins les mêmes événements, mais avec des points de vue, des éléments qui font que leur sens est complètement différent. Quelle est la bonne vision? Chaque lecteur se constitue finalement la sienne. La richesse des sens répond en quelque sorte à la richesse des mots et des images poétiques pour un voyage magique et différent pour chaque lecteur.

Vous l'avez compris, j'aime ce Quatuor d'un amour excessif, et suis parfaitement incapable d'objectivité lorsque j'en parle. Je retourne de temps en temps faire un tour dans l'Alexandrie de Durrell, lorsque le monde est trop gris, lorsque les livres que je lis ne m'accrochent pas. Et je sais que je continuerai à y retourner à intervalles réguliers, tant que lirai des livres. Je ne peux que vous inciter à faire ce voyage magique à Alexandrie, mais prenez garde comme moi vous risquez de ne plus revenir.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Sam 12 Avr 2008 - 17:33

MERCI Arabella pour ce fil.. je ne peux presque plus rien ajouter - mais je vais l'essayer après re-lecture du Quator qui est prévu pour mon congé
Spoiler:
 
J'ai déjà hâte de retrouver l'atmosphère de ses romans... Wink
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MessageSujet: Lawrence Durrell   Sam 12 Avr 2008 - 18:04

Oui Arabella, le Quatuor d'Alexandrie est un ensemble, mais quand je l'ai lu,
j'avais préféré Justine à l'époque...


J'ai une anecdote amusante et personelle concernant Durrell. J'en parlerai peut etre dans les Chroniques de la vie quotidiene...
colibri
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Arabella
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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Sam 12 Avr 2008 - 20:30

kenavo a écrit:
MERCI Arabella pour ce fil.. je ne peux presque plus rien ajouter - mais je vais l'essayer après re-lecture du Quator qui est prévu pour mon congé
Spoiler:
 
J'ai déjà hâte de retrouver l'atmosphère de ses romans... Wink


Chanceuse, des vacances et Le Quatuor d'Alexandrie swing swing swing
Profites bien surtout joie
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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Lun 7 Juil 2008 - 23:11

J’ai en quelque sorte incité Arabella de créer ce fil – en promettant de la rejoindre.. mais jusqu’à présent je n’ai pas trouvé le temps de relire le Quator, donc, pourquoi pas lire un autre livre de cet auteur – et faire en même temps une découverte



affaires urgentes
Citation:
Présentation de l'éditeur
Nommé en 1949 attaché de presse à l'ambassade de Sa Très Gracieuse Majesté britannique à Belgrade, Lawrence Durrell va y rester trois ans. Trois ans durant lesquels il observera tel un entomologiste le petit monde de la vie diplomatique. Ce sera l'occasion pour le futur auteur du célèbre Quatuor d'Alexandrie de se faire le narrateur de truculentes péripéties : à l'inverse d'une Yougoslavie tremblante de peur sous la main de fer du maréchal Tito, les milieux diplomatiques sont le théâtre d'incidents dignes d'un roman d'Evelyn Waugh, voire d'un Wodehouse. Tout ici est matière à rire, denrée rare que le lecteur est invité à consommer sans modération.


Ce livre rassemble les trois recueils de nouvelles que Lawrence Durrell a publié après ses expériences comme attaché de presse à Belgrade.
Esprit de corps (Titre original : Esprit de corps, 1957)
Un peu de tenue Messieurs ! (Titre original : Stiff upper Lip, 1958,1959)
Sauve qui peut ! (Titre original : Sauve qui peut !, 1966)

Ce livre contient presque 30 nouvelles qui se lisent d’une traite ou de temps en temps.

Dans la préface du deuxième volet de nouvelles, on peut lire une phrase de Lawrence Durrell assez signifiante :
Citation:
Vous n’imaginez pas, me dit-il un jour, la quantité incroyable de slivovitza qu’il me fallut ingurgiter pour affronter le gel de l’hiver et des relations diplomatiques ! Si mon foie pouvait parler, il vous en ferait un récit à vous tirer les larmes aux yeux !


Heureusement Lawrence Durrell a trouvé un moyen de nous transmettre quelques unes des expériences de son foie – mais plus encore – de ses années parmi le corps diplomatique !

Et puisqu’on peut partir du principe que la plupart de ces anecdotes se sont vraiment déroulées ainsi – où presque – le tout devient en fait encore plus hilarant.

Je ne connaissais pas du tout Lawrence Durrell de ce côté – mais c’était un plaisir énorme de le découvrir si près de Evelyn Waugh que j’adore pour son humour et cynisme si bien mit en service dans ses écrits.


Extrait:
Puis les bouchons se mirent à sauter et la dégustation commença. Un des spécialistes français nous guidait. Il essayait de nous faire prendre l’affaire un peu trop professionnellement : rouler le vin dans la bouche, lever le menton vers le plafond et puis cracher dans une sorte d’évier en pierre. Comme vous le savez, au Foreign Office, on est entraîné à faire des tas de choses. Mais pas à recracher du bon vin. Absolument pas. Nous ne voulions tout bonnement pas nous abaisser à ce rinçage parcimonieux avant de cracher. Nous avalions. Je crois qu’à notre place vous en auriez fait autant. Ce qu’on nous donnait à goûter, nous le goûtions. Mais nous ne gâchions pas la marchandise.

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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Lun 7 Juil 2008 - 23:16

Le côté bout en train de Durrell peut être très rejouissant, dans Citrons acides, qui raconte son séjours à Chypre, il a des scènes hilarantes, la façon dont il achète sa maison, en kidnappant presque la propriétaire, pour qu'elle signe sans que sa famille s'y oppose, où lorsqu'il raconte à des relations de bistro imbibées et agressives que son frère a été tué en libérant la Grèce (faux bien sûr) et que cette histoire le poursuit ensuite. C'était vraiment un type qui adorait s'éclater, comme on dirait maintenant, et cela n'apparaît pas du tout dans le Quatuor.
Merci d'avoir parlé de ce livre, je le note pour une prochaine lecture.
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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Lun 7 Juil 2008 - 23:20

Arabella a écrit:
Merci d'avoir parlé de ce livre, je le note pour une prochaine lecture.
Et moi je note Citrons acides Wink
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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Lun 7 Juil 2008 - 23:27

Et en plus Affaires urgentes se trouve à ma médiathèque, je sens que je ne vais pas tarder à le lire. Merci Kenavo d'en avoir parlé. bisous
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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Mar 8 Juil 2008 - 16:58

Extrait de la nouvelle La Valise

« Alors, mon vieux, commença une série de soirées inoubliables. Chaque mission imaginait quelque contribution à ce festival. Les nuits devinrent de torturantes séances de pure poésie et de chanson. En une soirée nous ingurgitions un épouvantable opéra d’amateur monté par les Italiens, suivi sans entracte par un récital de chants tyroliens à vous briser les tympans, exécutés – c’est bien le mot – par les Suisses, déguisés en edelweiss. Là-dessus, la mission japonaise se déchaîna et donna un nô d’une obscurité fantomatique et qui durait sept heures. Le spectacle de ces petits diplomates jaunâtres au visage impénétrable, tous costumé en Mickey Mouse, mon vieux, il y avait de quoi faire tourner le lait. Et leurs voix nous vrillaient littéralement la tête. Ensuite les Hollandais, pour ne pas être en reste, décidèrent de s’octroyer la vedette avec un récital de poésie nationale donné par l’ambassadrice de Hollande en personne. Ce fut à ce moment que je commençai à rédiger dans ma tête ma lettre de démission. Ô Dieu ! comment pourrai-je jamais pardonner à Mrs. Vanderpipf (généralement la plus douce et la plus normale des épouses et des mères) de prendre la pose comme un grenadier à Fontenoy et, après un silence, de me déclamer d’une voix lente et indiciblement grave – les premiers vers de Dieu sait quoi. Mon vieux, l’héritage culturel des Hollandais, ça n’est pas ma tasse de thé. Je le leur laisse. Qu’ils le savourent en paix si bon leur semble. Mais qu’on m’épargne des poèmes de cinq cents vers commençant par : « Oom kroop der poop ». Vous souriez, et je vous comprends. Vous n’avez jamais entendu Mrs. Vanderpipf déclamer ces stances mémorables avec tout le morne feu de sa race. Écoutez plutôt !

Oom kroop der poop
Zoom kroon der soup
Soon droon der oopersnoop


« Et ainsi de suite. Vous voyez un peu ? Il y a peut-être quelque chose derrière tout ça : qui suis-je pour le dire ? Tout ce que je sais, c’est que c’était d’un pesant ennui. Surtout que de temps en temps elle s’interrompait afin d’en donner une traduction sommaire dans un anglais de cuisine à l’intention de Smith-Cromwell. Quelque chose comme ceci : « Notre poète national Snugerpouf, il dit Hollande vit à jamais, seulement, comment dit-on ? les héros de le sol jaillissent, oui ? » Il avait de quoi avoir un arrêt cardiaque, mon vieux. Là-dessus, elle prenait une profonde inspiration et repartait de plus belle.

Oom kroop der poop
Zoom kroon der soup


« Pendant des années, le seul souvenir de cette récitation me faisait perler la sueur au front. Vous devriez essayer « Oom kroop der poop » cinq cents fois d’une voix sourde. Au bout d’un moment, c’est comme du yoga. On a l’impression de basculer en arrière dans un espace noir et sans limite.

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MessageSujet: Lawrence Durrell   Mar 8 Juil 2008 - 19:24

Durrell a t'il ou non écrit un polar ?

S'il m'entend, ça va lui rappeler quelque chose, et il va surement se

retouner dans sa tombe...Very Happy
colibri
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MessageSujet: Re: Lawrence Durrell   Mar 22 Juil 2008 - 21:02

Affaires urgentes (Scènes de la vie diplomatique) / traduit par Jean Ronsethal



Ce livre est composé en fait de trois parties, écrites séparement mais très proches par le thème et l'esprit. Tous ces textes font rérérence à l'époque pendant laquelle Lawrence Durrell a travaillé pour la diplomaite britannique, en particulier dans l'ancienne Yougoslavie pendant la guerre froide. Ces textes ont pour narrateur Antrobus, un diplomate à la retraite qui connût Durrell à cette époque et pour qui il raconte diverses anectodes ayant pour protagonistes les diplomates qu'ils ont tous les deux connus dans leurs différents postes.

Toutes ces anectodes sont cocasses, certaines franchement désopilantes, tout à fait dans l'esprit d'un P.G. Wdehouse ou d'un Evelyn Waugh, que d'ailleurs Durrell admirait beaucoup. L'image que ce livre donne des services diplomatiques, est celle d'une bande d'originaux jamais vraiment sérieux, prêts à toutes les excantricités pour échapper à l'ennui et à la monotonie des postes dans lesquels ils sont nommés.

Une agréable lecture de vacances, mais une oeuvre mineure dans l'oeuvre de Durrell, il semble vraiment avoir pris le style de Waugh et d'avoir un peu perdu son originalité et son talent propre, même si certaines anecdotes sont très drôles, on ne peut s'empêcher de penser qu'il a vraiment forcé le trait et que tous le personnel des ambassades ne peut être à se point dilletante. Mais c'est peut être tout ce que Durrell a voulu voir dans ce métier pour lequel il n'était pas fait et qu'il a quitté par choix.
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