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La poésie arabe

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Chatperlipopette
Zen littéraire



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MessageSujet: La poésie arabe   Dim 13 Juil 2008 - 18:32

Anthologie achetée lors du festival des Etonnants Voyageurs


De temps à autre, j'aime bien me plonger dans la lecture de ces poèmes dépaysants, étranges souvent, appelant à un autre regard sur les hommes et le monde.

quatrième de couverture:

"Fille du désert et du manque, sans cesse alertée par la solitude et l'absence, telle est la poésie arabe, cultivée quinze siècles durant par une succession de génies remuants, iconoclastes, gourmands des mille et une saveurs du verbe - et ces mille et une images (licites ou illicites) qu'éveille dans le coeur de l'homme l'aiguillon du désir.
Fontaines destinées à réjouir les coeurs altérés, jardins parfumés, filles offertes, tendres éphèbes aux yeux de gazelle, nuits éclairées de lune où circule la coupe de vin ambrée: le poète nous murmure que cela est tout...et rien - puisque la seule richesse vraiment désirable, pour l'homme bien né, est celle des mots...."

Je picore, au gré des envies et des musiques naissant de la lecture...parfois c'est cru, parfois d'une beauté à couper le souffle, toujours désarçonnant car je n'ai pas l'habitude de ce rythme, de cette scansion.
Une très belle découverte transformée en livre, non de chevet, mais en recueil à saisir entre la poire et le fromage (il est sur la table de la cuisine), entre une sortie dans le jardin et un retour sur le canapé, avec un thé à portée de main.
_________________
Hochant la tête/il se lèche/le chat sous la lune (Issa)


Dernière édition par Chatperlipopette le Dim 13 Juil 2008 - 19:04, édité 1 fois
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: La poésie arabe   Dim 13 Juil 2008 - 18:43

Cet après-midi, je suis tombée sur ces deux courts poèmes de Dhou'l-Roummah (mort en 117- de l'Hégire - / 735 (de notre ère chrétienne)
"Dernier poète bédouin, il participa quelque peu à la guerre des rimes entre Djarîr et Al-Farazdaq, sous les premiers califes omayyades. Ses poèmes sont une source de premier ordre pour les lexicographes arabes: de lui date la fixation de la langue. Ses compositions sont ardues et savantes, amis il arrive parfois à une beauté formelle incomparable.

Femme voilée


Parmi tous les vêtements, que Dieu confonde le voile!
lequel sera pour jamais le fléau de la jeunesse.

Il nous dissimule les belles, nous privant de leur vision,
et camoufle les vilaines pour nous induire en erreur.


La brise


Quand se lève la brise et souffle du côté de mon aimée,
elle fait tressaillir mon coeur.

De mes yeux, la passion fait ruisseler des larmes,
car chacun aime un lieu où vit sa bien-aimée.

_________________
Hochant la tête/il se lèche/le chat sous la lune (Issa)
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: La poésie arabe   Dim 13 Juil 2008 - 18:55

J'ai gardé le meilleur....

Adieu


Connais-tu cet endroit unique, désert ravagé,
que le temps a voulu effacer pour l'éternité?
Le siècle dure use sans fin la nouveauté du neuf;
il abandonne, à chaque étape, un reste de foyer.
Trois pierres noires, là...c'est tout...un lieu de campement...
mais l'hippodrome d'Al-Walid a sombré tout entier,
sauf quelques piquets de tente enfoncés au ras du sol;
tout a disparu, éparpillé par les accès brusques de fièvre.
ô Mayya! Tes lèvres par un orfèvre ciselées,
après le sommeil, et ton corps, tendre rameau brisé!
Je revois les deux prunelles, un cou gracile et blanc;
je revois les flancs alanguis où affleure le sang,
uniques, affolant la poursuite au mépris des gazelles...
nous tuant sans pitié sous le blâme et la réprimande.
Elle a vu ma pâleur, elle a vu mes rides multiples,
après les injures du temps et du siècle superbe,
dépouillant tout mon corps de sa frondaison de jeunesse;
feuilles mortes, quand on agite un rameau nu, qui tombent...
ou plutôt j'ai rompu l'étreinte, acceptant le refus,
et la soeur des Banou-Labîd en a été surprise.
Tant, qu'elle m'a fui et qu'elle a fui mon frère Mas'oud.
Elle vit deux hommes prêts pour un voyage lointain,
qui prenaient pour vêtements les ténèbres de la nuit,
traînant loin sur le sable deux longues robes ouatées...

Le désir est joliment abordé Wink
_________________
Hochant la tête/il se lèche/le chat sous la lune (Issa)
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La poésie arabe

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