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Iceberg Slim (Robert Beck)

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Zen littéraire



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MessageSujet: Iceberg Slim (Robert Beck)   Mer 24 Oct - 21:56


Iceberg Slim (1918-1992)

Citation:

Iceberg Slim, de son vrai nom Robert Beck est né en 1918 à Indianapolis pendant la première Guerre Mondiale, de l’union d’une serveuse et d’un cuisinier afro-américain.

Par la suite il grandit à Chicago, dans le ghetto, ou il commence son apprentissage du rôle de maquereau.
C’est à 18 ans qu’il prend son nom d’Iceberg Slim. Il exercera cette « profession » de 18 à 42 ans de Chicago, à Détroit en passant par Cleveland. Durant cette période,
il trempe dans la délinquance, la violence et la criminalité durant laquelle il est l’une des figures mythiques du proxénétisme, tout ceci ponctué de quelques incarcérations pour des délits divers.
A la hauteur d’un ultime séjour en prison ponctué par dix mois d’isolement dans une maison de correction, il décide de mettre fin à cette vie de débauche en se consacrant à la littérature.

source

bibliographie :

- Trick Baby(1967) roman
- Pimp(1969) roman autobiographique
- Mama Black Widow(1969) roman
- Long White Con(1969), roman
- The Naked Soul Of Iceberg Slim(1971) roman
- Death Wish (1977) roman
- Airtight Willie And Me(1979) roman

Quatrième de couverture a écrit:

Iceberg Slim, alias Robert Beck, est le proxénète le plus célèbre des ÉtatsUnis. Pimp, qui raconte en détail sa carrière de maquereau, est un livre cru, qui sent la sueur, le sexe et les parfums lourds. C'est un document unique sur les bas-fonds de l'Amérique noire et blanche, sa beauté sauvage et son abjection. Publié en 1969, il est toujours le livre de chevet de toute une génération d'étudiants et de rappeurs. « Les livres d'Iceberg Slim présentaient les Noirs comme des êtres humains et nous rendaient notre dignité. Avant d'avoir entendu parler des Panthers, Iceberg Slim m'a fait comprendre qu'il était important d'écrire sur les ghettos. »


Pimp c'est l'histoire d'un mac ( ... Rolling Eyes) ... forcément... donc un peu dérouté par son enfance (sans doute) il choisit la violence et la quête du fric pour ne pas se faire écraser. La violence comme moyen, le fric comme moyen. La drogue cocaïne puis héroïne pour continuer. Echecs et succès plus passages en prisons entre 15 et 40 ans environ... il raconte sa vie, son apprentissage au près d'autres macs, sans concessions (rem : je m'attendais à pire pour la violence dans l'ensemble) avec un langage façon rue, avec sa motivation de l'époque : ne pas se faire écraser par la peur, peur de la pauvreté, des femmes un peu (pas simple pour un mac) et peur pour cause de racisme ambiant : peur d'être rien ou de voir sa vie ne tenir qu'à un fil... (dernier point difficilement palpable mais qui mérite réflexion !).

Il ne se cherche pas trop d'excuses et fini par la rédemption, l'écriture de son bouquin un hommage aux gens qui l'ont sauvé à 43 ans de la drogue et du reste, en lui donnant ce qui lui a échappé le reste de sa vie : un peu de vrai humanité.

Une préface d'une féministe qui avance comme mérite à cette histoire de raconter la violence faite aux femmes au sein d'une communauté qui revendiquait autre chose.

bizarrement je ferai un parallèle avec Sur la route (la beat generation, trop cool...) parce que la drogue et la recherche d'une autre vie. Pimp c'est un peu avant (dans le temps), c'est plus réaliste aussi (je pense), sur la drogue notamment et peut être un peu plus lucide sur certaines "valeurs humaines" comme le respect, l'amitié ou l'amour.

Avant de le finir je ne pensais qu'il pourrait être effectivement (tellement) marquant...

marquant parce que maintenant quel mode de vie ? se blinder, pour ne pas souffrir, pour le profit, ne pas avoir le dessous...

ça se lit bien avec un langage assez cru et coloré, un bouquin qui mérite réflexion !
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MessageSujet: Re: Iceberg Slim (Robert Beck)   Sam 27 Oct - 13:44

un extrait de Pimp :

Citation:
Je lui racontai d'abord ma vie. Puis je détaillai tout ce qui s'était passé avec la demi-portion depuis le soir où j'avais quitté le Blue Haven pour venir ici. Je dus parler pendant environ trois quarts d'heure. J'allai même jusqu'à lui faire une description complète de la demi-portion.
Pendant ce temps-là, Sweet et sa petite amie vorace avaient englouti les deux oiseaux, ne laissant que les os. Sweet essuya les moustaches de Miss Peaches avec une serviette en papier. Elle mit alors sa tête sur les genoux de son maître en se calant contre ma cuisse. Sweet s'adossa contre le dossier du canapé et posa ses pieds nus sur la table basse.
- Mon petit chéri, dit-il, tu es aussi noir que moi et je t'aime beaucoup. Je sens chez toi la rage du mac. Crois-moi, tu as de la chance que ce soit moi qui t'apprenne le métier. Alors, ouvre bien tes oreilles et souviens-toi de tout ce que je vais te dire.
Il ya dans ce pays des milliers de nègres qui s'imaginent qu'ils sont des macs. Je ne prends même pas la peine de mentionner les macs blancs, ce sont des gonzesses. Aucun d'entre eux ne respecte les règles du livre. Ils n'en ont même jamais entendu parler. S'ils étaient noirs, ils mourraient de faim.
En tout, il ne doit pas y en avoir plus de six qui connaissent le livre et qui sachent en observer les règles. Ce livre-là, tu ne le trouveras pas dans les manuels d'histoire qu'on fait lire aux Blancs et aux petits Noirs bien sages. La vérité, c'est que ce livre a été écrit dans leur tête par des nègres fiers et lucides, d'anciens esclaves libérés. Ils n'étaient pas paresseux, mais ils en avaient marre jusqu'à la nausée de cueillir le coton des Blancs et de lécher leur sale cul. Le temps de l'esclavage était gravé dans leur mémoire. Alors ils sont allés dans les grandes villes et ils ont vite compris.
En fait, ces salauds de Blancs n'avaient pas libéré les nègres. Les grandes villes ressemblaient aux plantations de coton du Sud. Les Oncle Tom serviles continuaient d'accomplir les besognes les plus dures et les plus répugnantes pour le compte des Blancs.
Ces nègres lucides, les héros de ce temps-là, hurlaient comme des mômes en colère. Ils voyaient les blancs qui continuaient à baiser les jolies Noires, comme au temps des plantations.
Et les filles étaient des idiotes. Elles s'envoyaient en l'air gratuitement avec les Blancs. Elles ne se rendaient pas compte de tout le fric que pouvait rapporter leur gros cul noir et voluptueux.
Alors, ces premiers macs noirs ont commencé à expliquer à ces idiotes qu'elles avaient une mine d'or entre les cuisses. Ils leur ont appris à tendre la main pour prendre le fric des Blancs. A l'époque les seuls nègres qui arrivaient à être des caïds dans ce pays, c'étaient les macs et les tricheurs.
Ils étaient bien habillés et avaient des pur-sang. Ces macs étaient des Noirs de génie. Ce sont eux qui ont écrit ce livre dans leur tête, le grand livre du mac. Et aujourd'hui encore, s'il n'y avait pas cette armée de michetons blancs surexcités, les macs noirs crèveraient de faim.

(...)

Les petits Noirs bien honnêtes essaieront de te faire honte, mais ils seraient prêts à lécher le cul d'un âne pour devenir macs à leur tour. Pourtant, ils en seront toujours incapables parce que ce sont des caves et les caves ne sont que des gonzesses. Ils se laissent exploiter par leurs honnêtes femmes bien convenables. Mais toi, il faut que tu respectes les règles du livre des macs, ce livre que des hommes à l'âme noble ont écrit il y a un siècle. Quand tu te regardes dans la glace, tu dois savoir que ce petit salopard au coeur glacé qui est en face de toi est un être bien réel

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MessageSujet: Re: Iceberg Slim (Robert Beck)   Mer 21 Mai - 20:55

C'est certain, ce livre est déroutant ...
Le vocabulaire plutôt cru et les femmes très très respectées !!! colere

Iceberg Slim décrit vraiment un monde où la survie est quotidienne. Je trouve qu'il est toujours pris entre ses sentiments réels et l'apparence qu'il doit se donner pour ne pas sombrer. Il ment, il se ment pour vivre.
Il faut reconnaître qu'il a eu un sacré parcours.
A découvrir ....
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MessageSujet: Re: Iceberg Slim (Robert Beck)   Mer 21 Mai - 21:00

effectivement il est beaucoup question d'apparence et de pression de l'apparence sur l'individu.

si je m'attendais affraid

à un autre commentaire sur ce Iceberg Slim, sont trop forts ces farpumés !!!
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MessageSujet: Re: Iceberg Slim (Robert Beck)   Mer 21 Mai - 21:10

Par contre, je n'ai rien lu d'autre .... est-ce le même style, les mêmes ambiances ?
ça m'intéresserais d'y jeter un oeil !!! attentif
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MessageSujet: Re: Iceberg Slim (Robert Beck)   Mer 21 Mai - 21:17

je ne sais pas mais j'ai dans un coin (à 230 km) d'autres à lire. et je pense que j'y (re)viendrai. je suppose que ça ressemble, je me demande si il est devenu plus démonstratif (pour décourager les jeunes de glisser sur la mauvaise pente ?) ...
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