Rendez-vous à SamaraPrésentation de l'éditeurLa veille de Noël, à la soirée du club sportif où fréquente l’aristocratie industrielle de Gibbsville, Julian English lance son verre à la figure de Harry Reilly…pour rien, simplement parce que Julian en a assez de la figure de Harry. Et, par ce geste, apparemment dénué de sens, Julian a fixé sans le savoir ce rendez-vous qui ne saurait s’annuler. Il mettra deux jours à s’y rendre, pas plus. Et tout ce qu’il fera, la moindre de ses paroles, au cours de ces 48 heures, le rapprochera de l’inexorable inconnue. C’est en vain qu’il cherche un refuge dans l’amitié de ses copains, l’amour de sa femme, l’alcool…en vain qu’il rend la route et s’évade ; lui-même, avec acharnement, déçoit sa femme et ses amis, leur livre de lui une image ignoble, et fausse ; il rebrousse chemin sans pouvoir s’enfuir et seul l’alcool lui est secourable, l’enveloppant de conscience, de torpeur, pour l’amener, insensibilisé, au ‘rendez-vous’.
Mon avisMa découverte d’auteurs américains a commencé avec John Updike – et non pas seulement je veux le citer dans le contexte avec le roman de John O’Hara – mais dans l’édition anglais, c’est aussi lui qui a écrit la préface de ce livre.
Avant de lire d’autres auteurs américains, j’ai toujours cru que John Updike avait inventé le ‘roman des banlieues’ – et naturellement j’en ai découvert d’autres – qui ont à un certain moment ou un autre donné une image à des petites villes ou les faubourgs des grandes villes.
John O’Hara est pour l’instant ma dernière découverte qui en plus est pour l’instant le teneur du titre ‘inventeur’ de ce genre d’histoire !
Rendez-vous à Samara est non pas seulement l’histoire du déclin sociale de John English – mais l’histoire de toute une petite ville en Amérique des années 30 (avec pour fond la récession et la prohibition de ces années).
Un critique littéraire assez connu en Allemagne aime dire ‘Qu’est-ce que ce roman me rapporte ?’ J’ai souvent cette phrase en mémoire quand je lis un livre – parfois c’est seulement pour le plaisir de lire, pour découvrir un nouveau style, pour savourer l’art de créer des superbes dialogues, pour la découverte de caractères intéressants, pour le charme de se trouver dans des situations nouvelles – chez John O’Hara c’est tout cela !
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Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion.
Saint Augustin