La mort et l’Archevêque
Le nouveau Mexique est devenu une partie des USA. Rome décide d’y créer un évêché indépendant du Mexique. Le père Latour, Auvergnat d’origine, et missionnaire au Canada est choisi pour cette difficile fonction, accompagné du fidèle Joseph Vaillant, il va s’installer dans une région pauvre et sauvage, peuplé d’Indiens, de population hispanophone, et de quelques anglo-saxons qui commencent à occuper le territoire. Il tente de convertir les Indiens, qui demeurent en grande partie fidèles à leurs croyances, et fortifier la foi des autres habitants, d’adoucir les mœurs et pratiques de la région, de construire des églises, et même une cathédrale. Son ministère l’oblige de beaucoup voyager à travers le pays, à rencontrer ses habitants, de découvrir les coutumes et les façons de vivre locales. Arrivé encore jeune, il finira ses jours dans un pays rude, mais qu’il apprend à aimer, et qu’il ne peut plus envisager de quitter.
J’ai été un peu surprise de découvrir un récit presque hagiographique de la vie d’un archevêque, je m’attendais compte tenu de la biographie de l’auteur à un récit plus anti-conformiste, et contestataire. Cette surprise passée, j’ai pris un incontestable plaisir à suivre le récit, par vraiment un roman, plutôt une suite de petits récits courts, présentant tel ou tel personnage, Indien, Mexicain, ou autre autochtone, récits vifs et colorés, et indéniablement prenants, emprunts d’une certaine naïveté, un peu comme une peinture naïve. C’est rafraîchissant et plaisant, et m’a un peu rappelé un peu les livres de Selma Lagerlöf.
J’aurais malgré tout préféré un tout petit peu plus d’esprit critique, parce que Willa Cather prend le parti d’observer les choses, sans vraiment à aucun moment prendre partie, alors qu’elle décrit parfois des situations d’une grande injustice et violence, sans paraître vouloir changer les choses, sans contestation apparente. Mais en tous les cas, ce livre me donne envie de découvrir d’avantage son œuvre, car elle a un réel talent.
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Si la raison dominait sur la terre, il ne s'y passerait rien. (Fontenelle)