 Parfum de livres…parfum d’ailleurs Littérature, perle de culture. Ce forum livre nos passions littéraires à vos regards – Lisez nos critiques littéraires de livres : romans, poèmes …et donnez les vôtres. Votre Forum Littérature ainsi que d’autres arts : cinéma, peinture, musique, c’est ici |
| | | | Auteur | Message |
|---|
animal Zen littéraire

Age : 27 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 4311 Localisation : Tours
| Sujet: Claude Colson Jeu 21 Fév 2008 - 16:04 | |
| Claude Colson
| Citation: | Un homme, la cinquantaine. Il vit actuellement en banlieue parisienne, plutôt retiré, dans une solitude pas vraiment choisie du reste. Il est père de plusieurs enfants. Ses études lui ont donné une formation paralittérairel mais son dada, ce sont les livres, les lettres, la lecture. Alors un jour fatalement, il y a une dizaine d'années, il s'est mis à écrire et ne le regrette toujours pas. Amoureux de la nature.De métier,il est professeur. Dans ses écrits il s'efforce d'approcher la vérité de l'être.
Thème de prédilection: l'amour-passion Genres favoris: journal, textes courts, poèmes en vers libres... |
source : lui-même
Lena, une rencontre
| quatrième de couverture a écrit: | Le récit du début vous fait découvrir une rencontre amoureuse peu banale, bientôt frappée par les hasards de la vie, un véritable coup du destin...
L'auteur revient ensuite sur le déroulement de la liaison dans sa phase d'accomplissement et de bonheur mutuel. Le récit cède la place à de courts poèmes en vers libres.
Enfin, le journal de l'après rupture tente d'exorciser la douleur.
Une histoire classique...., semblable aux vôtres. |
Pourquoi je l'ai lu ? tout simplement parce que je pensais que ça serait d'un certain intérêt dans le contenu et dans la forme. Et elle n'est pas mal cette forme en alternance, qui revient un peu sur elle même. Je vais tenter de faire simple. Je me suis pas mal reconnu dans les tourments du personnage, les aller-retours, le sur place... ça n'a pas grand chose à voir me direz vous : époque, liberté de la forme... forme du texte plus moderne, plus crue. N'empêche (réalisation de mon présupposé à la lecture) j'ai trouvé dans ces quelques pages qui sonnent vrai ce que je n'avais pas trouvé il y a peu en lisant Amok de Stefan Sweig. Ce que je cherchais ? quelque chose qui ressemble, c'est probable. Ressemblance avec un regard sur la vie, les gens, les femmes plus spécialement.
Ce récit en petits morceaux :
Aux amours trahies, aux années de souffrance,
et
Pour mes enfants
ne se lance pas dans l'analyse mais se livre forces et faiblesses, espoirs et attentes par l'écriture. important l'écriture dans ce livre.
petit extrait :
| Citation: | 7
Janvier. Seul dans le train au milieu des gens. C'est étrange d'être à la fois semblable à ce que j'étais avec elle, des pensées, des émotions, et de ne plus pouvoir le partager tant qu'elle n'est pas remplacée. Garder par nécessité tout pour soi. Semblable et en même temps différent sans que ce soit le produit d'un choix. D'où l'obligation de confier cela à la page. |
C'était une lecture lucide qui n'a pas fait mentir son quatrième de couverture : Une histoire classique...., semblable aux vôtres. Et ce n'est pas pour autant que ce n'est pas significatif. une forme de témoignage de non renoncement. Ce n'est pas bête, ce n'est pas moche.
Convaincu l'animal et avec une pensée pour l'auteur parce que ça doit être un drôle de travail de goupiller une mise en livre de la sorte.
L'objet-livre est attachant, sans trop de chichi et un peu différent.
L'alternance de forme c'est aussi une part de jeu et de confiance... de besoin risquerai-je, et ça aussi ça se respecte sans l'ombre d'un doute. _________________ Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore... |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 13632 Localisation : Nord Auvergne
| Sujet: Re: Claude Colson Jeu 21 Fév 2008 - 18:04 | |
| Waouh Animal...Tu t'es livré à l'exercice pas évident de commenter le livre d'une personne que tu "connais" (un peu)...
C'est vrai qu'il a une bonne bouille ce Claude Colson...
| animal a écrit: | | j'ai trouvé dans ces quelques pages qui sonnent vrai [...] ce que je cherchais . Quelque chose qui ressemble, c'est probable. Ressemblance avec un regard sur la vie, les gens, les femmes plus spécialement. |
La perception que j'ai au travers des textes et poèmes que Claude Colson nous a déjà livrés: un regard (tendre)... sur les femmes notamment...Sur la vie et les gens, nous avons pu le découvrir aussi... _________________ "Bienheureux les fêlés, ils laissent passer la lumière." (Audiard) |
|  | | animal Zen littéraire

Age : 27 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 4311 Localisation : Tours
| Sujet: Re: Claude Colson Jeu 21 Fév 2008 - 18:14 | |
| oui, ... ce n'est cependant pas une lecture 100% facile (avec ou sans bande d'images personnelles en parallèle de la lecture). c'est un peu paradoxale parce qu'il nous en livre beaucoup mais pas trop de ce que peut être un empilement de journées (d'autant que la lecture est relativement rapide). Exercice pas facile à mon avis. Drôle d'équilibre.
Je suis très content d'avoir "osé" cette lecture et je ne le suis pas moins de partager mon ressenti avec vous.
Bien, mr renard  _________________ Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore... |
|  | | monilet Sage de la littérature

Age : 57 Inscrit le : 11 Fév 2007 Messages : 1278 Localisation : Île de France
| Sujet: Re: Claude Colson Jeu 21 Fév 2008 - 23:14 | |
| Content que tu aies trouvé dans ce texte de quoi t'interpeller, ami-mal . Merci aussi à colinette. Signé : Moniletto (droits d'auteur à senti) _________________ (PASSAGE) Toi moi ton amour mon amour notre monde comme de nuages et d'ombre des vaisseaux de beauté |
|  | | Queenie Administrateur

Age : 28 Inscrit le : 02 Fév 2007 Messages : 4737 Localisation : Sous les ailes d'un papillon mutant
| Sujet: Lena, Une rencontre Ven 25 Juil 2008 - 9:22 | |
| Lena, Une rencontre
Ce n'est pas un récit "facile". Non que le style soit alambiqué, au contraire c'est écrit dans une certaine simplicité lucide, mais bien à cause de cette forme de redondance cyclique, sorte de spirale infernale et étouffante dans laquelle l'histoire, et le narrateur, nous entraîne.
C'est franchement pas un livre à lire si vous avez pas le moral, si vous vivez une histoire d'amour "contrariée"... Parce que ça "parle" tout ce qui se dit là-dedans, et à tous âges et pour tous sexe. Cette sorte de Passion Incontrôlable qui fait qu'on déteste l'Autre mais qu'on ne peut s'empêcher de le/la chercher du regard, même si cette vision, on le sait nous fera encore plus de mal. JE trouve qu'on sent vraiment cet état totalement obsessionnel de l'amour non partagé.
Je me suis reconnue dans ces lignes, des comportements, des idées, des colères, des doutes. A un moment, je me serais certainement dit que "tout ça" c'était un truc d'ado (vous savez quand on est limite à vouloir serrer si fort entre ses doigts la personne aimée qu'on pourrait l'étrangler, juste parce que ce jour-là elle n'a pas daigné vous sourire un bonjour...), mais non, ce n'est pas qu'un truc d'ado.
j'ai préféré la "troisième" partie. Celle après les poèmes. Quand tout s'effondre, quand on frôle la folie. Parce que dans la première (la rencontre, justement, les moments où "tout va bien"), je l'ai trouvé trop... succinte. Une sorte de pudeur à dire les moments intimes ? Une impossibilité à décrire "profondément" le bonheur ? ça m'a un peu manqué des détails sur leur relation, des vrais moments. Les poèmes ne m'ont pas tous autant plu, mais certains ont vraiment "fait mouche", et puis c'est vraiment très bien de retrouver en cette forme concise et poétique, tout ce qu'on lit de forme plus "classique". (A un moment je me suis dit que j'aurais peut être préféré que les poèmes soient glissés tout au long du récit, et non un peu "mis à part"... mais je ne suis pas sûre. l'effet de ce "détachement" est assez parlant)
Une lecture vraiment captivante en tout cas, mais il ne faut pas avoir peur d'un récit cyclique, qui tourne sur lui-même comme les délires monomaniaques du narrateur.
Et pour répondre à Coline
| Citation: | | un regard (tendre)... sur les femmes notamment...Sur la vie et les gens |
et bien, pas tant que ça. c'est très sombre, très réaliste, et avec une densité bien plus développé que dans les poèmes qu'on a pu lire. Forcément, y'a plus de pages hein ^^
| Citation: | | Hier soir est arrivé ce que j'attendais sereinement depuis longtemps. Du train et pour la première fois je t'ai vue sur le quai avec lui. Il vit à présent avec toi. Il m'a semblé que tu lui tenais la main. Mes regards se sont ensuite arrêtés au niveau des bustes. Je ne t'ai pas dévisagée. Lui encore moins. Je n'ai pas pu ; pas voulu. Même à la troisième personne j'ai du mal à cautionner par écrit son existence. Vous (mot horrible) êtes montés à l'étage du wagon où j'étais avec une amie. A la descente, foule devant la porte, nous nous sommes retrouvés côte à côte, lui juste derrière ; temps d'arrêt. Grossièrement je ne t'ai pas cédé le passage pour en aucun cas le lui céder, pour ne pas vous voir aussi. Nous nous sommes frôlés. Je ne t'ai pas regardée. |
_________________ Cook Me I'm Famous
|
|  | | animal Zen littéraire

Age : 27 Inscrit le : 12 Mai 2007 Messages : 4311 Localisation : Tours
| Sujet: Re: Claude Colson Ven 25 Juil 2008 - 13:12 | |
| voilà, elle a tout bien dit Queenie !
 _________________ Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore... |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 13632 Localisation : Nord Auvergne
| Sujet: Re: Claude Colson Ven 25 Juil 2008 - 21:53 | |
| | animal a écrit: | voilà, elle a tout bien dit Queenie !
 |
Oui...Elle l'a bien vendu...Je vais le lire ce livre...  _________________ "Bienheureux les fêlés, ils laissent passer la lumière." (Audiard) |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 13632 Localisation : Nord Auvergne
| Sujet: Re: Claude Colson Mar 29 Juil 2008 - 22:21 | |
| | Queenie a écrit: | Lena, Une rencontre
Cette sorte de Passion Incontrôlable qui fait qu'on déteste l'Autre mais qu'on ne peut s'empêcher de le/la chercher du regard, même si cette vision, on le sait nous fera encore plus de mal. JE trouve qu'on sent vraiment cet état totalement obsessionnel de l'amour non partagé.
|
Ce qui me rappelle: "On le croyait nôtre, inséparable, d'une indéfectible complicité, ce corps second. On se leurrait. Le voilà qui s'en va, nous renie, nous oublie. Et la douleur pénètre dans chaque pore de la peau, elle s'insinue partout, et la raison, que l'on tâche pourtant d'endurcir, éclate, s'effrite. La raison ne veut plus rien entendre, c'est l'épouvante. On se heurte à l'absence de l'autre, on ne sait plus où aller, où se cacher, où fuir. On s'humilie, on se surprend à épier, éperdument, sa silhouette dans la rue, dans la foule, à sursauter au moindre bruit, comme s'il s'en revenait ; tous les pas sont ses pas. Mais lui, elle, marche ailleurs, si loin de nous, indifférent. On l'accuse, le maudit, l'injurie, mais le pardon déjà se trame au fond de nous. On voudrait mourir, mais on perdure, tendu dans le désir fou de le revoir. Encore une fois, juste une fois, rien qu'une fois. On le hait, mais on l'appelle avec l'immense patience, et douleur et amour des prophètes rappelant leur peuple frivole à la fidélité. On se moque, on médit de l'infidèle, - on blasphème, mais un mendiant recroquevillé au fond de nous lui tend la main, l'implore.
Et l'on s'envole, à cheval sur son nom ; on dérive vers les cimes glacées du silence où se gèlent nos larmes, nos appels. On tremble, on est si nu, on a si froid. On supplie l'autre de venir vêtir notre nudité de son corps. On est si nu, que l'on est écorché, à moitié dépeaussé. On est nu jusqu'au coeur. Et l'on se sent petit, infiniment, laid, tout ratatiné de chagrin et de froid, indésirable à soi-même, à tous, de n'être plus désiré par l'autre.
L'autre qui jamais ne reviendra. " Sylvie Germain (La pleurante des rues de Prague) _________________ "Bienheureux les fêlés, ils laissent passer la lumière." (Audiard) |
|  | | monilet Sage de la littérature

Age : 57 Inscrit le : 11 Fév 2007 Messages : 1278 Localisation : Île de France
| Sujet: Re: Claude Colson Sam 2 Aoû 2008 - 18:00 | |
| Juste parcouru (trop fatigué). Merci de ta lecture et de tes réactions Queenie, merci à tous de vos remarques.
Juste ceci Queenie, tu dis "A un moment je me suis dit que j'aurais peut être préféré que les poèmes soient glissés tout au long du récit" Il se trouve que mon troisième et sans doute dernier livre d'autofiction, non encore publié mais soumis au comité de lecture de mon éditeur , est précisément construit sur ce schéma. _________________ (PASSAGE) Toi moi ton amour mon amour notre monde comme de nuages et d'ombre des vaisseaux de beauté |
|  | | |
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| | |
| |
|