On ne sait pas si ça existe, les histoires vraies Préface de Marie Cosnay (extrait):
« Dans l’histoire, Judith monte au grand escalier. L’escalier, la rampe, les mots-flocons, l’infirmerie : c’est histoire vraie et histoire partagée.
[…]
Hôpital, maison de redressement, orphelinat, pensionnat. Peu importe comment ça existe. On sait, outre les dortoirs et les escaliers de bois : l’odeur fade, l’absence de couleurs, le souvenir des linges, et les prières. »
..................................................................................................
J'ai reçu une grande claque littéraire...Et cet ouvrage est pour moi un immense coup de coeur.
A part, ni poésie ni roman...
Poétique, ô combien!
Et bouleversant, sensible et grave...et magnifique!
Isabelle Damotte donne la parole à six enfants et à Soeur Bernardine. Tous ont en commun, y compris la religieuse, de connaitre bien
« l’endroit où maman s’éloigne ».
Ce moment où
« Les mères
décrochent les enfants
de leurs bras
et disparaissent. »Judith, Adrien, Philémon, Marco, Pierre et Luc…
Il y a dans leurs histoires, comme dans celles de tous les enfants, des rois, des reines et des châteaux …Mais dans leurs histoires vraies à eux,
« La route ramène toujours
Le rang des enfants au château »« La reine a oublié leur nom. Le roi a refermé la porte du château. »La dame bleue sourit mais Judith sait que
« les sorcières mettent parfois des robes bleues et sourient sans leurs yeux. »Et dans leur triste château ,
« Les enfants font la ronde ils tourmentent le vide.
Le matin sous le soir le soir sur le matin
Passe passe passera…
L’empreinte des voix l’arrondi des lèvres sur les vitres
La dernière restera. »
_________________
"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)