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| Auteur | Message |
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Laurette Envolée postale

Age : 32 Inscrit le : 31 Déc 2007 Messages : 118 Localisation : Pays de La Loire
 | Sujet: Eugène Ionesco Mer 16 Jan 2008 - 21:53 | |
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Eugène Ionesco Dramaturge français Né à Slatina, Roumanie le 26 novembre 1912 Décédé à Paris le 28 mars 1994
Biographie tirée du site Evène : Après une enfance passée à Paris, Eugène Ionesco rejoint son père à Bucarest lors du divorce de ses parents. Dès 1930, il entame une longue collaboration avec la revue de critique littéraire Zodiac. En 1938, il fuit la Roumanie devant la montée du fascisme, contre lequel il se battra toute sa vie. A Lyon, il fréquente l'avant-garde intellectuelle et artistique auprès de laquelle il développe son esprit libre et son don pour la provocation. Sa première pièce 'La cantatrice chauve', rendue publique en 1950, ne reçoit qu'un accueil froid mais marque la naissance d'un nouveau théâtre. Dès 1952, il publie chaque année de nouvelles pièces et acquiert finalement une renommée internationale et officielle. Il entre en effet à l'Académie française en 1970 puis est nommé Officier de la Légion d'Honneur en 1984. Avec Samuel Beckett, il a écrit les plus grandes pièces du théâtre absurde, mêlant comique et désespoir. Car si ses pièces font rire, c'est pour libérer l'homme de sa solitude indépassable et du ridicule de sa condition d'humain.
 La cantatrice chauve - Théâtre de la Huchette - Paris Histoire d'une pièce de théâtre qui est jouée chaque jour depuis plus de 50 ans !!!!! Printemps 1950. Dans la petite salle des Noctambules, rue Champollion, Nicolas Bataille fait répéter la pièce d'un inconnu dont le nom sonne drôlement : Ionesco. Toujours est-il qu'un jour, à la répétition, au lieu de lancer correctement sa réplique 'qui avait pris pour femme une institutrice blonde', un comédien s'écrie 'qui avait pris pour femme une cantatrice chauve'. Lapsus miraculeux, d'où naîtra le titre d'une pièce - une anti-pièce annonçait l'auteur - et qui marche aujourd' hui, allègrement, sur son demi-siècle. Pourtant, l'aventure commence mal. Pas d'argent. On joue sans décor, dans des rideaux. une petite troupe de jeunes inconnus, transformés en hommes-sandwiches ! Il n'empêche. Côté spectateurs, c'est le vide. Ou pire, les huées. Les critiques sont assassines. Créée le 11 mai 1950, la pièce achève sa courte carrière le mois suivant, au bout de vingt-cinq représentations. L'année suivante, au théâtre de Poche, Marcel Cuvelier monte 'La Leçon', deuxième opus de Ionesco, à peine mieux accueilli par la critique. Et la reprise timide des deux pièces, pour la première fois jouées ensemble, au théâtre de La Huchette, en 1952-53, n'ira pas au-delà des six mois. Février 1957. L'incroyable se produit. Tout Paris, et même le Tout-Paris, se presse rue de La Huchette. La mode a enfin rejoint Ionesco, jusque-là trop en avance. On aperçoit dans la salle Edith Piaf, Sophia Loren, Maurice Chevalier... Tandis que la critique, cette fois, vole au secours de la victoire. Les présidents et même les Républiques passent, 'La Cantatrice Chauve' et 'La Leçon' demeurent. 16.000 représentations à ce jour. La 20.000e est désormais en vue !
 Si vous avez envie de rire, de vous amuser dans un univers absurde, allez découvrir ou redécouvrir les époux Smith, les époux Martin, la bonne Mary et ... le pompier ! Rire en lisant les péripéties des Bobby Watsons.... Lire en lisant les anecdotes croustillantes du pompier, rire en vous confrontant à la logique implacable des époux Martin qui se rertouvent Moi j'adore  _________________ "Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder dans la même direction." Antoine de St Exupéry |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14868 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Jeu 17 Jan 2008 - 2:27 | |
| Bien Laurette... Il méritait bien un fil Eugène... J'ai vraiment un faible pour La leçon... J'aurais rêvé de la jouer mais c'est vraiment trop tard... Au début de la leçon, le professeur est charmant, patient, il complimente la jeune fille, s'excuse toujours, l'encourage... On commence à redouter le pire lorsque la bonne qui va sortir dit: La bonne: Excusez-moi Monsieur, faites attention, je vous recommande le calme. Le professeur: Vous êtes ridicule, Marie, voyons. Ne vous inquiétez pas. La bonne: On dit toujours ça. Le professeur: Je n'admets pas vos insinuations. Je sais parfaitement comment me conduire. Je suis assez vieux pour cela. La bonne: Justement, Monsieur. Vous feriez mieux de ne pas commencer par l'arithmétique avec Mademoiselle. L'arithmétique, ça fatigue, ça énerve. Le professeur: Plus à mon âge. Et puis de quoi vous mêlez-vous? C'est mon affaire. Et je la connais. Votre place n'est pas ici. La bonne: C'est bien, Monsieur. Vous ne direz pas que je ne vous ai pas averti. Le professeur: Marie, je n'ai que faire de vos conseils. La bonne: C'est comme Monsieur veut. Et après, peu à peu, avec la rage de dents que prend l'élève et ses réponses inadéquates aux questions loufoques du professeur, l'on arrive au pétage de plombs total du professeur...jusqu'au crime!...Jusqu'au quarantième crime! Un drame...mais extrêmement comique... _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | Fantaisie héroïque Sage de la littérature

Age : 21 Inscrit le : 05 Juin 2007 Messages : 1388 Localisation : Rennes, bretagne
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Jeu 17 Jan 2008 - 11:03 | |
| J'aime beaucoup Ionesco, pour l'instant ma préférence va au Rhinocéros, lu sur les conseils de ma soeur cet été...Elle est terrifiante cette pièce , je me suis sentie de plus en plus mal au fil de la lecture...Et elle donne vraiment à réfléchir. Mon rêve serait de voir jouée La cantatrice chauve au théâte de la Huchette à Paris  _________________ On est puceau de l'horreur comme on l'est de la volupté. [Voyage au bout de la nuit] |
|  | | Anne Posteur en quête

Age : 25 Inscrit le : 04 Jan 2008 Messages : 98
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Ven 18 Jan 2008 - 13:38 | |
| J'ai lu La cantatrice chauve, c'est vrai qu'il est difficile de faire plus absurde.
Sinon j'ai vu la pièce Rhinocéros au théâtre. Je trouve que c'est plus profond et qu'il y a vraiment une reflexion sur son époque. Mais je vois ce que tu veux dire, c'est vrai que par moment c'est assez effrayant.  |
|  | | Miss Tics Posteur en quête

Age : 34 Inscrit le : 03 Juin 2007 Messages : 71 Localisation : Bordeaux
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Jeu 24 Jan 2008 - 23:18 | |
| La Cantatrice et la Leçon... extrêmement drôles tout de même...
J'ai vu jouer les deux pièces à la Huchette il y a une quinzaine d'années et j'en ai un excellent souvenir. Ce théâtre continue-t-il de jouer Ionesco ? _________________ "on peut résister à tout, sauf à la tentation" Oscar Wilde
Dernière édition par le Ven 25 Jan 2008 - 21:00, édité 1 fois |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14868 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Ven 25 Jan 2008 - 0:04 | |
| | Fantaisie héroïque a écrit: | Mon rêve serait de voir jouée La cantatrice chauve au théâte de la Huchette à Paris  |
Je l'ai vue il y a peut-être...vingt ans?... Mon Dieu comme le temps passe... J'avais adoré à l'époque... _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | Sieglinde Posteur en quête

Age : 18 Inscrit le : 08 Mar 2008 Messages : 66 Localisation : Val d'Oise
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Ven 14 Mar 2008 - 11:03 | |
| Dans la cantatrice chauve, chaque réplique fuse et le spectateur se retrouve projeté dans cet univers abracadabrant, plein de couleurs et d'absurdité, et qui n'est d'ailleurs pas sans renfermer une virulente critique sociale à l'égard des moeurs de l'homme occidental d'aujourd'hui, qui parle pour ne rien dire, tient, sans même s'en rendre compte, des propos incohérents, et fait semblant de croire que son existence à un sens.
Et puis, la pièce contient nombre de répliques intéressantes et parfois même poétiques prises hors de leur contexte : "Oublions tout ce que nous n'avons pas vécu ensemble" est ma préférée :)
Quant à Rhinocéros, c'est parmi celles que j'ai lu sur le sujet, l'une des plus marquantes pièces consacrées au fanatisme, et à la montée d'une pensée unique. De façon très détournée d'ailleurs un peu comme dans Le Procès de Kafka. Ce qui permet de donner une portée plus large aux idées dénoncées. Cette pièce est absolument terrifiante, aussi bien à lire qu'à voir représenter. J'en avais vu une production il y a deux ans au théâtre de Sartrouville, simplement glaçante. Très sombre du début à la fin, contenant quelque chose de malsain dans les relations entretenues entre les personnages. La progression des idées totalitaires dans l'esprit des gens est absolument fascinante à voir. Et est, je pense, vraiment représentative de ce qui peut se passer, en pareil cas, dans la tête de bon nombre d'hommes. |
|  | | Dolce.vita Envolée postale

Age : 28 Inscrit le : 02 Fév 2008 Messages : 148 Localisation : 93
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Sam 15 Mar 2008 - 23:53 | |
| | Miss Tics a écrit: | | Ce théâtre continue-t-il de jouer Ionesco ? |
Oui, oui, la pièce y est toujours jouée, tous les soirs, et ce, depuis 50 ans, il me semble. J'aimerais d'ailleurs beaucoup y aller, mais je n'arrive pas à m'y décider. Je crois que pour 30€ il est possible de voir les 2 pieces à la suite (La cantatrice chauve et la Leçon). |
|  | | Miss Tics Posteur en quête

Age : 34 Inscrit le : 03 Juin 2007 Messages : 71 Localisation : Bordeaux
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Dim 16 Mar 2008 - 21:34 | |
| Quand j'y suis allée, on voyait effectivement les deux pièces  _________________ "on peut résister à tout, sauf à la tentation" Oscar Wilde |
|  | | K Envolée postale

Age : 35 Inscrit le : 30 Nov 2007 Messages : 285 Localisation : Belgique
 | Sujet: Re: Eugène Ionesco Dim 27 Avr 2008 - 15:46 | |
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Le solitaire
Le narrateur est un homme de trente-cinq ans, qui travaille dans un bureau. Sans qualités particulières, insignifiant. Une existence sans consistance faites de routine, de liaisons éphémères, d'ennui permanent. Ce manège dure depuis quinze ans. Notre homme n'apprécie guère cette vie mais est incapable d'en changer, n'ayant aucune prise sur les événements. Aussi, c'est le hasard qui décide pour lui. Un jour, il reçoit d'un oncle inconnu, récemment décédé, un héritage, assez substanciel pour arrêter de travailler. Il quitte ses collègues sans regret, ainsi que sa minable petite chambre mansardée avec toilettes partagées sur le palier. Une nouvelle vie commence - plus excitante ? - du moins pourrait-on le penser. Le narrateur déménage pour s'installer dans un appartement confortable situé en banlieue. Après le premier enthousiasme de cette liberté insespérée nouvellement acquise, notre homme s'enferme pourtant dans une nouvelle routine, pire que la précédente, non plus dictée pas les impératifs sociaux mais par des obsessions plus personnelles. Il se retire de la vie, s'isole du monde extérieur et sombre peu à peu dans une espèce de solipsisme destructeur, alimenté par d'irrépressibles cogitations philosophiques. Et avec elles viennent l'angoisse, la sarabande des questions sans réponse et la vision d'un monde qui perd de plus en plus de sa réalité.
Ce roman singulier - le seul écrit par Ionesco - n'est pas sans rappeller A rebours de Huysmans (livre que je n'ai jamais réussi à finir). On y retrouve un thème similaire, une abscence d'intrigue. Mais la prose de Ionesco, extrêmement simple, dépouillée, rend la lecture du Solitaire nettement plus digeste (celui-là, au moins, j'ai pu le finir !). Le roman montre enfin (et surtout) à quel point l'individu, pour garder un minimum d'équilibre mental, ne peut se passer de deux choses :
- interragir avec son environnement et ses semblables - se distraire le plus souvent possible pour oublier l'absurdité de sa condition, quitte à sacrifier un peu de lucidité au passage.
Le narrateur de ce roman a le malheur de vouloir ignorer les deux. Au fond, il n'est en peut-être pas responsable. Il souffre d'une étrange maladie qui le pousse à ne plus jouer le jeu social, à lui préférer l'isolement, l'introspection en continu ("je voudrais ne plus penser" répète t-il plusieurs fois), le monologue philosophique qui tourne à vide. Dans ces conditions, l'homme devient soit un mystique, soit un fou (mais n'est-ce pas la même chose au fond ?). Et cette conscience exacerbée de lui-même, ce regard détaché qu'il jette sur un monde qui, à force, perd de sa réalité, de sa substance, le mène à une angoisse existentielle. Si, comme ne cesse de nous le répéter les scientifiques, l'homme est un animal social, ce n'est pas tant pour des raisons biologiques ou sociales, mais ontologiques. S'il tourne le dos à cette évidence, c'est son essence même qui le taraude et finit par l'asphyxier. L'homme ne peut regarder longtemps en face sa condition de "roseau pensant" et se prétendre autosuffisant. Qu'il le veuille ou non, sa vie ne peut être relativement supportable qu'en usant de stratagèmes sociaux qui le divertisse autant qu'ils l'aliène. Sans cela, pas d'intrigue, pas d'enjeux, pas de vie. Le narrateur de Ionesco se perd dans le labyrinthe sans issue de son esprit (voir la couverture). La lucidité ? Il en faut bien un peu mais à dose homéopathique, et uniquement dans certains cas. Quelle étrange créature, tout de même, que l'homme qui, pour vivre au mieux, doit étouffer sa conscience. Il y a sans doute aussi une certaine vanité à ne pas vouloir jouer le jeu social et se dire lucide, mépriser les autres pour leur docilité, leur petite existence étriquée et pleine de soi-disant repères qui ne sont qu'autant d'illusions. Sans doute. Sûrement. Mais cette conscience aigüe dont cet homme est si fier, il la paie au prix fort, celui de la dériliction. Il s'égare dans des considérations absconces sur l'infini, l'étrangeté, le pourquoi- du- comment- qu'est-ce, l'impossible savoir, l'accès à la grâce, etc...etc... Pourtant, l'homme le dira lui-même : "Il ne faut pas philosopher quand on n'est pas un grand philosophe". Mais il est vrai que, dans son cas, il s'agit au fond moins de philosophie que d'une monomanie, un éternel ressassement.
Ce roman de Ionesco, je le vois comme un avertissement. Je dirais même qu'après l'avoir lu, je me sentais subitement plus enclin au pragmatisme et je n'avais plus qu'une envie : sortir dans la rue, parler de la météo et me distraire. Le Solitaire est un livre dont je conseille fortement la lecture. Mais il a une autre vertu salutaire : celle de faire l'inventaire de tout ce que l'homme doit éviter, sous peine de devenir à jamais le Minotaure de son propre esprit. De ce point de vue, le Solitaire est un exemple...à ne pas suivre. |
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