Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Alexandre Vialatte

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bix229
Zen littéraire


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MessageSujet: Alexandre Vialatte   Dim 20 Sep 2009 - 17:42



Les premiers marrons d' Inde tombent le long du trottoir.
Tombent comme des plombs, roulent comme des billes. Autrefois c'était la rentrée.

On les chassait à coups de souliers. Ils avaient une couleur brulée, brune et brillante.
On discernait dans le brouillard gris la silhouette du kiosque à musique vide comme l' épave d' un bateau naufragé, comme une salle après le bal, comme un lendemain de fete.
Les grands marronniers étaient roux et le sol couvert de coques vertes.
On récitait Rosa la rose...


L' automne arrive et l' automne convient à Alexandre Vialatte et ses latences mélancoliques.
En effet, Vialatte, 1901-1971, mena une vie en apparence sans histoire, mais mélancolique non sans raisons.
L' enfance et l' adolescence le poursuivirent toute sa vie et elles sont présentes dans son oeuvre.
En 1940, il est fait prisonnier par les Allemands et on l' envoie à l' hopital
soigner ses hallucinations.
Le traumatisme fut grave et il en parle dans Le Fidèle berger.
Pour le reste, il vécut en Auvergne, traduisant Kafka, Hoffmansthal,
Nietzsche, Thomas Mann...
Il fut l' ami de Henri Pourrat, amoureux de cette région et qui lui dédia des
recueils de contes.
Et aussi du peintre Dubuffet avec qui il avait des échanges passionnés

et pleins d' humour.
L' humour de Vialatte est présente dans les merveilleuse Chroniques qu' il
écrivit pour le journal La Montagne et qui furent publiées après sa mort,
comme la plupart de ses livres.

Un exemple ?

J' ai appris à sept ans que j' étais un mamifère, autour de huit ans que
j' étais un auvergnat... Jusqu' à ce moment décisif, j' avais toujours pensé
que l' Auvergne était un pays fabuleux inventé par ma tante Lucie pour y loger plus aisément quelques vieilles histoires de famille...
J' ai connu depuis une Auvergne plus vraie.
J' ai connu l' Auvergne absolue, dans sa haute mélancolie.

Ou encore :

Qui a dit : " La plupart des hommes meurent de chagrin." ?
Buffon, ce chantre du tatou, ce narrateur du tamanoir, ce portraitiste

indifférent de la sauterelle !
C' est Buffon, ce compteur de fourmis. Remarquons d' ailleurs que si l' homme meurt de chagrin, c' est ce qui lui permet de rire de tout.
Quand rirait-on sinon quand on est triste.
Le bonheur ne sait qu' etre béat.


Vialatte, c' est un bonheur de le lire !

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE :

- Battling le ténébreux, roman

- Le Fidèle Berger, roman aotobiographique

- Les Fruits du Congo, roman

- La Maison du joueur de flute,roman

Chroniques : Une quinzaine de volumes dont :

- Almanach des quatre saison

- Et c' est ainsi qu' Allah est grand

- Eloge du homard et autres insectes.


Dernière édition par bix229 le Jeu 24 Sep 2009 - 16:25, édité 1 fois
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bix229
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MessageSujet: Re: Alexandre Vialatte   Dim 20 Sep 2009 - 17:52

Je lis Les Fruits du Congo et je fais durer le plaisir, mais j' en dirai un mot !
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bix229
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MessageSujet: Re: Alexandre Vialatte   Lun 28 Sep 2009 - 19:23

LES FRUITS DU CONGO

C' est un livre tendre et mélancolique.
Tendre parce que Vialatte s' attarde volontiers sur une période
de la vie qui lui tient à coeur, l' adolescence...
Comme s' il revivait lui-meme des souvenirs obsédants et qu' il
les fixait par l' écriture avant qu' ils ne s' effacent...
Mélancolique, parceque les adolescents sont pleins de reves fous,
d' amours et d' amitiés et d' aventures imaginaires.
Et qui parfois finissent mal.
Quand la réalité les plombe...
La réalité ou Monsieur Panado...

Mais chut !

L' atmosphère de ce livre oscille entre le réél et et l' maginaire.
La fantaisie, l' extravagance et le drame.
Et il y a ces adultes qui s' ennuient dans leur vie trop étriquée
et dans leur défroque d' enfants vieillis et qui sombrent en songeant
à ce qu' ils n' ont pas fait, à ce qu' ils auraient du faire...
La vie est un reve éphèmère et qui finit mal.
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bix229
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MessageSujet: Re: Alexandre Vialatte   Mar 29 Sep 2009 - 18:39

Dora, je revois ta robe verte au bal du Labyrinthe, et ta ceinture
d' argent qui accrochait des lumières.
Mais tu ne reviendras jamais.

Jamais je n' accepterai ta mort. Jamais je n' accepterai cette mort inhabitable.

Je ne veux pas que tu sois morte ainsi, que ton fantome traine
dans ce grenier, ou sous les orties d' un tombeau.
Je t' ai choisi une mort habitable, je te l' ai choisie comme pour moi.
C' est dans un vieux village, un vieux village de montagne, couleur
de bure et de fumée, sur un horizon de meme couleur.
Il n' accueille que des morts paisibles.
Les enfants de la mort violente n' ont pas le droit d' entrer ici, mais
je te passerai en contrebande pendant la nuit sur la barque de Pied-volage.....

Nous ferons venir Fred ici. Nous nous referons une existence au petit hotel du Labyrinthe, qui a une enseigne d' or ternie, au dessus d' une salle basse aux poutres apparentes.
Il y fait sombre, autour d' une petite lampe jaune.
Nous y vivrons comme au moulin à vent.
Ton marin reviendra, nous ne serons pas jaloux, il sortira de son sac vert des choses brillantes.
Et nous vivrons au fil de l' heure une vie de fantomes sans professsion.
Tu nous chanteras les chansons tristes qui faisaient plaisir à ton marin, et Fred nous dira les histoires qu' on racontait à la Sardine
bleue.

Les Fruits du Congo. P. 427-428

Le roman touche à sa fin, et le narrateur évoque les amis morts
et ses accents douloureux ont quelque chose qui me rappelle les
chansons de Jacques Brel.... Ne me quitte pas ou Ces gens-là...
Les accents d' un enfant seul et inconsolable.
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moinonplus
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MessageSujet: Re: Alexandre Vialatte   Mar 29 Sep 2009 - 18:46

Je ne le connaissais pas cet auteur ! Il m’est tout a fait nouveau. Mais c’était intéressant de voir sa biographie. Voici un texte d’Universalis sur sa vie.


Vialatte Alexandre. Article écrit par Christophe Mercier
« Né dans un village de la Haute-Loire et chroniqueur à La Montagne, quotidien local auvergnat, Vialatte a longtemps été considéré, au mieux comme un journaliste doué, au pire comme un écrivain régionaliste, dans tous les cas comme un dilettante de la littérature. Ceux qui le connaissent mieux savent que c'est à lui que revient le mérite d'avoir introduit Kafka en France en traduisant Le Procès (1933), Le Château (1938), L'Amérique (1946), ainsi que les nouvelles qui composent La Métamorphose (1938), La Colonie pénitentiaire (1948) et La Muraille de Chine (1950). Vialatte a traduit aussi Thomas Mann, Nietzsche et d'autres auteurs allemands. Cette activité au service d'autres écrivains a parfois fait oublier ses grandes qualités de romancier.
Battling le Ténébreux (1928) est, dans la lignée d'Alain-Fournier, un des grands romans sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte. Son sous-titre, La Mue périlleuse, en résume le thème : l'adolescence y est montrée comme un âge à la fois merveilleux — celui du rêve — et terrifiant ; les héros du roman, tous fragiles, quels que soient les masques dont ils s'affublent, se heurtent douloureusement et ne parviennent pas indemnes à l'âge d'homme. Magnifique hymne à l'amitié, écrit dans une langue dense et souple, Battling est un poème noir sur lequel plane l'ombre de la mort et du vieillissement. Le Fidèle Berger (1942) est un roman moins personnel. Vialatte y parle de son expérience de combattant en 1940. C'est avec Les Fruits du Congo (1951) que Vialatte atteindra une sorte de célébrité. Ce gros roman reprend, avec plus d'ampleur, les thèmes de Battling. La jeunesse y est l'âge durant lequel la réalité apparaît travestie par les délires de l'imaginaire. Vialatte y donne libre cours à son imagination, à son humour, souvent noir, et à une ironie qui n'est pas sans évoquer les romans de Maurice Fourré et les œuvres surréalistes. Ce nouvel hymne à l'adolescence est encore un livre sur la mort, profondément pessimiste. Les derniers chapitres rappellent L'Éducation sentimentale : on y ressent la même impression poignante de vieillissement et de solitude, mais ici la plainte est constamment déguisée en jeu, ce qui a fait dire de Vialatte, romancier de la mort et de la désillusion, qu'il était un romancier rose !
Vialatte a écrit plus d'un millier de chroniques (publiées dans La Montagne, Le Spectacle du monde, etc.) réunies depuis dans Dernières Nouvelles de l'homme (1978), Et c'est ainsi qu'Allah est grand (1979), L'éléphant est irréfutable (1980), Almanach des quatre saisons (1981). Toujours à la recherche du mot précis et de la pointe, le style est proche de celui de Giraudoux et de Morand. L'œuvre de Vialatte a fait l'admiration de Nimier et de Blondin : c'est dire dans quelle famille littéraire elle se situe. »
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bix229
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MessageSujet: Re: Alexandre Vialatte   Mar 29 Sep 2009 - 20:45

Hum ! ça doublonne un peu ta biographie de Vialatte, avec la mienne, Moinonplus !

Bon, il ne reste plus qu' à le lire !
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