Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Colette

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LaurenceV
Main aguerrie


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MessageSujet: Colette   Mar 5 Fév 2008 - 17:04



Colette est née le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur. Sa mère, Sidonie Landoy, l’initie aux beautés de la nature ainsi qu’à la littérature. Le 15 mai 1893, certificat d’études obtenu, elle épouse Henri Gauthier-Villars, dit Willy, qui l’introduit dans les salons littéraires et musicaux parisiens. Celui-ci, auteur de romans populaires, s'aperçoit du potentiel littéraire de son épouse qu'il contraint à écrire la série des 'Claudine', signée Willy et Colette. Ils se séparent en 1906. Après son divorce, Colette joue la pantomime dans des tenues suggestives au music-hall, Pan au théâtre Marigny, Rêve d'Égypte au Moulin-Rouge, La Chair à Bataclan. Ce sont des années de scandale et de libération morale. Colette connaît par ailleurs plusieurs aventures féminines. Elle publie alors L’ingénue libertine (1909), La vagabonde (1910), L'envers du music-hall (1913), En tournée,… Colette devient journaliste au " Matin " dont elle épouse, le 19 décembre 1912, le rédacteur en chef, Henry de Jouvenel, qui lui donnera une fille, Colette Renée de Jouvenel, en 1913. Elle aura également une liaison avec le fils de son mari, Bertrand de Jouvenel, auprès duquel elle jouera le rôle d’initiatrice. En 1920, Colette est nommée chevalier de la Légion d'honneur. Colette et Henry de Jouvenel se séparent en 1923. Elle publie pendant ces années Chéri (1920), Le Blé en herbe (1923) ou encore Julie de Carneilhan. En 1926, elle achète la Treille muscate. En 1928, Colette est promue officier de la Légion d'honneur. Le 9 mars 1935, elle est élue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et épouse le 3 avril Maurice Goudeket. Colette est promue commandeur de la Légion d'honneur en 1936. En 1945, Colette est élue à l'unanimité à l'Académie Goncourt. Elle devient présidente de cette Académie en 1949. En 1953, Colette est élevée à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur et reçoit la médaille du National Institute of Arts and Letters de Douglas Dillon, ambassadeur des États-Unis. Clouée dans un fauteuil par l’arthrose depuis plusieurs années, Colette s'éteint le 3 août 1954, à l’âge de 81 ans, dans son appartement du Palais-Royal. L'État lui fait des funérailles nationales.
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LaurenceV
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MessageSujet: Colette   Mar 5 Fév 2008 - 17:12

Comme beaucoup, je connaissais Colette uniquement de nom et de réputation mais je n'avais jamais lu aucun livre de cette auteure. Cette lacune est réparée par ma lecture de L'ingénue libertine, histoire à laquelle je n'ai pas vraiment accroché car je me suis ennuyée. Néamoins, possédant La Chatte dans ma bibliothèque, je vais tenter une deuxième lecture.

L'ingénue libertine rassemble deux nouvelles consacrées aux mêmes personnages, Minne et Antoine, à des âges différents.
Dans la première nouvelle, on rencontre Minne à 14 ans avec ses rêves et ses délires vagabonds, aventuriers. Minne est une jeune fille d’apparence sage, elle ressemble presque à un ange avec ses beaux cheveux blonds. Mais elle ne rêve que d’histoires glauques et noires qu’elle lit en cachette dans le journal. Pendant les vacances et tous les dimanches, Minne passe du temps avec son cousin Antoine, plus âgé qu’elleet qui en est fou amoureux… De retour des vacances, Minne s’échappe de chez elle pour suivre un homme qu’elle imagine être le chef des bandits. Elle court et se perd dans les rues de Paris. Le matin, elle retrouve sa maison transie de froid et couverte de boue. C’est le drame pour sa maman ! Cette jeune fille ne me plaît pas du tout. Je la trouve quelque peu insupportable.
Dans la deuxième nouvelle, on retrouve Minne, quelques années plus tard, mariée à son cousin Antoine. C’est à présent une femme à la recherche du plaisir, de la jouissance, de ce que d’autres lui prennent sans lui donner. Minne reste toujours une enfant naïve, franche et égoïste. Elle connaît plusieurs aventures avec des hommes qui la désirent. Elle se donne à eux sans tabous, juste pour trouver le plaisir. Mais chaque essai se révèle un échec… Minne s’ennuie dans sa vie, elle n’aime personne, elle méprise tout le monde et cherche l’évasion. Pour combler son manque, elle se passionne pour le patinage qui lui procure une certaine ivresse. Elle rencontre également Maugis, un homme d’une quarantaine d’années, qui va lui faire découvrir le respect d’elle même, de son corps. Une certaine complicité va naître entre eux. C’est finalement dans les bras de son mari, Antoine, qu’elle va découvrir le bonheur, la volupté. Antoine, toujours présent pour Minne qu’il adore, ne veut que son bonheur à elle. Cette deuxième nouvelle est intéressante mais il y a trop de longueurs, de temps morts. Je n’apprécie toujours pas le personnage et j’ai compris le dénouement de l’histoire dès le début.

Ce qu’il y a d’intéressant dans ce roman, c’est la revendication de la jouissance féminine et du bonheur conjugal.
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lyana79
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MessageSujet: Re: Colette   Sam 31 Mai 2008 - 17:54

Je viens de terminer "le pur et l'impur" de Colette.



4è de couverture:


Colette a cinquante-neuf ans quand elle publie, en 1932, ces pages où elle s’interroge sur l’opium, l’alcool et les autres plaisirs qu’on dit charnels, à travers le souvenir de quarante années de vie parisienne. « On s’apercevra peut-être un jour que c’est là mon meilleur livre », disait-elle.
Vous n’êtes pas du tout une femme convenable, Madame Colette… Vous êtes la fière impudeur, le sage plaisir, la dure intelligence, l’insolente liberté : le type même de la fille qui perd les institutions les plus sacrées et les familles.
Jean Anouilh.
La grandeur de Madame Colette vient de ce qu’une inaptitude à départir le bien du mal la situait dans un état d’innocence.
Jean Cocteau.





Mon impression:

Ce livre avait initialement pour titre "ces plaisirs..." et est paru la première fois en 1932.
Cette lecture m'a révélé le don d'observation indéniable de Mme Colette.
En effet , elle décrit avec beaucoup d'acuité et l'aspect physique et ce qu'elle devine du psychisme de toutes ces personnes qu'elle a réellement connues notamment en assistant à des fumeries d'opium.
J'ai beaucoup apprécié sa description du plaisir feint de Charlotte afin de ménager la sensibilité de son amant ainsi que sa conversation avec Damien , le Don Juan.
Ceci dit, à la fin , j'ai eu comme le sentiment de ne pas avoir tout saisi des messages que l'auteur voulait faire passer.
Y a-t-il effectivement des messages à saisir ou Colette ne fait-elle que décrire ce qui l'entoure?
Tout au long du roman , elle se positionne en observatrice et aborde le sujet de l'homosexualité masculine et féminine en recueillant les confidences de divers individus ; ce n'est que vers la fin, quand elle parle du sentiment de jalousie que j'ai ressenti quelque chose de personnel dans ses propos.
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Nibelheim
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MessageSujet: Re: Colette   Lun 2 Juin 2008 - 19:43

J'avais déjà lu les Dialogues de bêtes, il y a quelques années, et Sido l'année dernière. Ce dernier livre avait été un véritable retour aux sources pour moi et m'avait fait énormément de bien alors que je sortais d'une période difficile. Par ailleurs, j'aime beaucoup le style de Colette.

Un autre roman de cet auteur, La vagabonde, est dans ma PAL et je compte le lire pendant les vacances.
Je vous laisse avec sa quatrième de couverture :
Citation:
Comme Colette après sa séparation d'avec Willy, Renée Néré doit subvenir à ses besoins en se produisant sur des scènes de music halls ; marginale et déclassée, elle devient aussi une vagabonde sentimentale qui, après quelque temps d'une liaison pourtant heureuse, retrouve sa peur d'être un jour de nouveau prisonnière. Itinéraire parfois douloureux d'une femme indépendante au début du siècle, qui préfère renoncer à l'amour avant l'heure des regrets, évocation de la vie brillante et misérable des troupes de cafés©concerts et des coulisses des petits théâtres, La Vagabonde est un des romans les plus personnels de Colette, où elle approfondit avec une sensibilité pudique et frémissante son investigation psychologique. Sous les traits de Renée, elle peut donner un sens à sa vie passée et à celle qui s'annonce, incertaine mais libre.

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menine
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MessageSujet: Re: Colette   Ven 2 Jan 2009 - 17:47

j'ai enfin terminé Lettres à sa fille (1916 - 1953)



Je crois n'avoir lu aucun roman de Colette. Je connais le nom mais cela ne va pas plus loin.
Lors d'une émission sur France Inter, j'ai entendu quelques extraits de ces fameuses lettres et j'ai eu très envie de les lire. J'avais l'impression d'une grande complicité entre cette mère célèbre et sa fille !
Quelle erreur ! Comme quoi un extrait n'est pas toujours significatif.
J'ai surtout découvert une fille en quête de reconnaissance et une mère très exigeante.
Je pense que la vie de la fille de Colette n'a pas dû être aussi facile que ça. A la question : "Qu'est -ce que cela fait d'avoir une mère si célèbre ?" , elle répondra : " Il faut toute une vie pour s'en remettre.

Le début du livre comporte de nombreuses lettres de Colette (fille) qui lance des 'appels' à l'amour de sa mère. On sent qu'elle essaye de ne pas déplaire. Placée en institution ou chez des amis, elle réclame sans cesse sa venue, des lettres ...
Colette (mère) est très dure, exigeante, distante avec sa fille.
Elle dit souvent qu'elle travaille beaucoup, qu'elle est fatiguée . Elle se plaint, alors que sa fille ne semble pas en avoir trop le droit !
Leurs relations ont l'air de se passer beaucoup au travers de cette correspondance et la mère en profite pour lui inculquer les bonnes manières et tout ce qu'elle attend d'elle.

Puis la tendance s'inverse ... Colette (fille) devenue adulte, semble s'éloigner peu à peu. Les lettres sont surtout celles de l 'écrivain qui réclame des lettres à sa fille !

Les lettres se succédant, j'ai lu morceaux par morceaux ces années de correspondances. Ce n'est pas emballant mais intéressant.
Conclusion: je n'aurais pas aimé avoir Colette pour mère !
D'ailleurs, elle regrette d'avoir eu une fille si tard :
Citation:
On dit qu'un moment vient toujours de regretter d'avoir eu des enfants très tard. Je vois bien que c'est vrai, moi qui "assiste" de si loin à toi. Je t'embrasse tendrement, chérie, et si peu qu'il y paraisse, je suis profondément tienne.

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MessageSujet: Re: Colette   Jeu 9 Avr 2009 - 20:46

Chéri de Stephen Frears est en salle et c'est tellement bon que me voilà sur ce fil... Quelqu'un pourrait il me dire quels sont ses plus beaux livres? je n'en connais que les noms...

_________________
Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis.
Joyce Carol Oates
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coline
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MessageSujet: Re: Colette   Jeu 9 Avr 2009 - 22:29

Je n'ai jamais beaucoup accroché aux écrits de Colette...mais c'est loin dans mon souvenir...Je devrais peut-être y revenir ...pour voir...On ne sait jamais!

_________________
"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)
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MessageSujet: Re: Colette   Ven 15 Mai 2009 - 22:22

BELLA VISTA

" C'est folie de croire que les périodes vides d'amour sont les " blancs " d'une existence de femme.
Bien au contraire. Que demeure-t-il, à le raconter, d'un attachement passionné ? L'amour parfait se raconte en trois lignes : Il m'aima, je L'aimai, Sa présence supprima toutes les autres présences ; nous fûmes heureux, puis Il cessa de m'aimer et je souffris. [. ] Ces " blancs " qui se chargèrent de me fournir l'anecdote, les personnages émus, égarés, illisibles ou simples qui me saisissaient par la manche, me prenaient à témoin puis me laissaient aller, je ne savais pas, autrefois, que j'aurais dû justement les compter pour intermèdes plus romanesques que le drame intime.
Je ne finirai pas ma tâche d'écrivain sans essayer, comme je veux le faire ici, de les tirer d'une ombre où les relégua l'impudique devoir de parler de l'amour en mon nom personnel. "


Bella-Vista est le titre d’une des cinq nouvelles qui composent ce recueil.
Que dire ?...
Je vais sans doute rapidement oublier ce qu’elles racontent mais j’ai éprouvé un franc plaisir à les lire. Le style de Colette est si agréable.
Elle sait très bien installer l’atmosphère avec force détails évocateurs…
- Le Midi de la France et les hôtesses un peu étranges et mystérieuses de la pension Bella-Vista
- L’ambiance d’un music-hall parisien et la vie de ses modestes artistes dans Gribiche.
Un Rendez-vous pesant au Maroc.
Et puis Le sieur Binard en Bourgogne, le veuf, le patriarche impur.

La chute de ces nouvelles est forte .

Dans le dernier texte, Trois…Six…Neuf… Colette raconte tous ses déménagements successifs…Le goût qu’elle avait de changer sans cesse de maison (je me suis un peu reconnue)…

Des retrouvailles agréables (mais pas inoubliables) avec Colette après tant d’années sans la lire…

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