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 Irène Némirovsky

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soliman
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MessageSujet: Irène Némirovsky   Ven 31 Oct 2008 - 17:58



Irène Némirovsky

"Mon cher aimé, mes petites adorées, je crois que nous partons aujourd'hui...."

Dans sa dernière lettre d'un matin de juillet 42, Irène Nimérovsky adresse un adieux à ses proches sans connaître l'issue tragique de sa déportation. Pourtant tout avait bien commencé dans sa vie.
Née en 1903 à Kiev dans une famille richissime de Russie. Elle bénéficie des meilleurs précepteurs , ce qui lui permet de compenser l'absence de ses parents et l'aversion que sa mère noue à son égard. En 1917 la Révolution les chasse de Russie et ils débarquent en 1919 en France . La famille retrouve rapidement son rang et son train de vie luxueux. Irène Némirovsky mène une vie et une jeunesse insouciante. Parallèlement elle publie des contes dans des revues et publie son premier Roman " le malentendu" en 1923 ( elle a 18 ans). En 1929 elle connait un succès retentissant avec la parution de DAVID GOLDER.Les titres s'enchainent avec succès et la critique reconnait un écrivain précoce à la pose pure.
Irène Nimérovsky n'obtiendra jamais la nationalité Française . Elle disparait le 17 août 1942 à Aushwitz.



Pour tout savoir son site :ici
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coline
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MessageSujet: Re: Irène Némirovsky   Ven 31 Oct 2008 - 18:31

Oui mais...ton avis Soliman sur ce livre?...

_________________
"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)
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soliman
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MessageSujet: Re: Irène Némirovsky   Sam 1 Nov 2008 - 0:15

Inutile de préciser que j’ai beaucoup aimé « Suite Française ». Je me suis surpris à m’appliquer dans ma lecture pour goûter la prose particulière de l’auteur. Il m’arrivait souvent de relire des phrases pour le simple plaisir qu’elle me procurait. Le livre relate dans sa première partie l’exode de la société civile parisienne en juin 40 fuyant les troupes allemandes. C’est l’occasion pour l’auteur de rappeler grâce à une description minutieuse les inégalités de la société française de l’époque. Au travers de quelques familles représentatives de la société française, l’auteur nous embarque dans le sauve qui peut généralisé ou le cynisme, la trahison et les égoismes sont les laissers passer pour la zone libre. Dans leur fuite il ne partage que la peur. L’auteur est sans merçi pour les Nantis et les religieux. Dans ce spectacle de désolation quelques pointes d’humour savoureuses (l’oubli du grand père est jubilatoire) .

La seconde partie écrite comme un roman se situe dans la France occupée .Dans un petit village caractéristique de la France occupée. On retrouve les strates de la société (je crois que la réforme agraire n’a pas eu lieu …). Chacun pense à préserver son bien et ses positions sans jamais se compromettre à découvert. Mais c’est une histoire d’amour impossible et très finement relaté qui tient le récit . La campagne française en été est décrite somptueusement.
(presque poétique). Les familles qui survivent dans cette seconde partie sont celles dont certains membres ont pu faire preuve d’humanité de compassion ou de courage.

Un très très beau livre.
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Marie
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MessageSujet: Re: Irène Némirovsky   Sam 1 Nov 2008 - 0:40

J'avais également beaucoup aimé ce livre.
Sa fille Élisabeth Gille, qui dirigeait chez Denoël la collection Présence du futur,a publié une biographie de sa mère, Le Mirador.en 1992.

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J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
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Babelle
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MessageSujet: Re: Irène Némirovsky   Sam 1 Nov 2008 - 9:45

Suite Française... la modernité de ce texte m'a semblé incroyable. Je n'ai jamais eu le temps de lire la seconde partie du roman, mais la première est tellement descriptive, sans jamais nous marquer par l'ennui. Je ne sais pas si on peut dire "modernité", mais peu de romanciers en France ont une prose aussi riche, me semble-t-il. Et puis il y a cette description en direct des évènements, qui fait de Suite française un témoignage davantage qu'un simple roman.
Un lien sur l'extrait du magazine Lire

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(poèmes, Malcolm de Chazal)
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MessageSujet: Irène Nemirowski   Sam 1 Nov 2008 - 15:33

Je reproduis mon commentaire sur mes lectures d'octobre...

Dimanche ets un recueil posthume des nouvelles d'Irène Nemirowski.
Recueil un peu hétérogène puisque l'auteur n'a pas pu choisir elle meme.
Mais c'est une bonne introduction à l'oeuvre romanesque, et une nouvelle
comme Aino est véritablement envoutante.
Peut etre parcequ'elle m'a semblé autobiographique -comme d'autres
nouvelles- et que Némirowski n'est jamais aussi bonne que lorsqu'elle
parle d'elle meme et de ce qu'elle a vécu.
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Le Bibliomane
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MessageSujet: Re: Irène Némirovsky   Sam 1 Nov 2008 - 18:25

"Suite française"

« Suite française » devait à l'origine comporter cinq volets. Le destin dramatique d'Irène Némirovsky – déportée puis assassinée à Auschwitz en 1942 – en a voulu autrement.
De cette « Comédie Humaine » de la France occupée n'existent que les deux premières parties : « Tempête en juin » qui dépeint l'exode des populations lors de la débâcle de juin 40, et « Dolce » dont l'action se passe un an plus tard, qui décrit la vie au sein d'un petit village du centre de la France dont la population se voit contrainte d'accueillir et d'héberger des troupes allemandes.
Le projet d'Irène Némirovsky était de faire partager au lecteur le destin de divers personnages récurrents au fil des évenements qui secouent la France sous l'occupation. On retrouve ainsi dans « Dolce » certains des personnages apparus dans « Tempête en juin » et l'on assiste ainsi à l'évolution de leurs sentiments et à leurs diverses prises de position face à la situation dramatique dans laquelle est plongé le pays.

« Tempête en juin » relate donc ce grand exode de juin 1940 où la population se lance à corps perdu sur les routes de France, fuyant un ennemi victorieux et ayant enfoncé les dernières lignes de défense de l'armée française. Bourgeois, paysans, ouvriers, hommes, femmes , enfants, vieillards, se bousculent tel un troupeau affolé en un flot continu de voitures et de charrettes encombrées d'assemblages hétéroclites de meubles et de matelas, de souvenirs de famille, de vaisselle et d'argenterie, de vêtements et de bijoux, de nourriture et de billets de banque destinés à assurer l'ordinaire au cours de cette fuite en avant où tout s'achète et se revend à prix d'or. Car il en va dans cet exode comme de la vie ordinaire : les plus fortunés sont les plus aptes à se procurer de l'essence et des vivres. Les autres, quant à eux, se voient contraints de marcher à pied et d'endurer les affres de la faim.
Ces évenements dramatiques sont l'occasion pour Irène Némirovsky de dépeindre sans concessions la société française d'alors. Et le constat qu'elle en retire est bien peu reluisant. On assiste ainsi à un florilège de bassesses et de petites lâchetés, à une anthologie de l'égoïsme ordinaire et du « chacun pour soi » qui ne font honneur ni à ces français jetés sur les routes ni aux habitants des régions traversées.

Tous ces bourgeois bien-pensants, ces banquiers, ces artistes et esthètes parisiens, emplis de morgue et attachés à leurs petits privilèges qui feront d'eux des collaborateurs convaincus et des fidèles du régime de Vichy, nous sont décrits ici avec une lucidité et un réalisme stupéfiants.

De cette galerie de tristes portraits, seules quelques figures se démarquent de cet océan de médiocrité et de veulerie, ce sont, entre autres, les Michaud par exemple, modestes employés de banque parisiens, personnages dignes et sincères qui, face aux épreuves du sort, ne jetteront pas leur sens moral aux orties.
Au dessus de cette marée humaine grouillante et affolée, de cette mêlée inextricable d'humains, de voitures, de camions, de chevaux, Irène Némirovsky nous dépeint une nature immuable et lumineuse, indifférente à la cruauté des hommes, la beauté de ces journées ensoleillées de juin, la douceur des crépuscules traversés du vol des hirondelles, la fraîcheur des sous-bois propices au repos après ces journées d'errance sous un ciel immense et bleu.

La deuxième partie « Dolce » se déroule un an plus tard, dans le village de Bussy où l'on retrouve certains des personnages rencontrés dans le premier volet.
C'est l'heure de la France occupée, l'heure du couvre-feu, de Radio-Londres que l'on écoute en cachette, l'heure du marché noir et de la collaboration.
Les habitants de Bussy se voient contraints d'accueillir et d'héberger les troupes allemandes. Cette cohabitation entre villageois et forces d'occupation va susciter tempêtes et passions au sein de cette petite communauté où chacun épie son voisin, où le moindre regard, le moindre geste peuvent être interprétés comme un signe de résistance à l'occupant ou au contraire comme la manifestation d'une volonté de pactiser avec l'ennemi.

Ici aussi, Irène Némirovsky fait preuve d'un extraordinaire talent dans l'observation et la description des mentalités provinciales. Elle dépeint ces visages fermés, impénétrables, ces regards qui épient à l'abri des rideaux et des volets clos, ces mots qui blessent plus sûrement qu'une arme, ces petites insinuations perfides qui révèlent un océan de malveillance et de duplicité. Elle excelle à décrire cette société de petits notables provinciaux collaborateurs et hypocrites, prêts à tous les compromis avec l'occupant, à toutes les dénonciations, pour conserver l'image surranée qu'ils se font de leur propre prestige ; ce sont aussi ces riches fermiers, avares et cupides, thésaurisant au fond de leurs resserres des quantités impressionnantes de vivres alors que le reste de la population s'évertue chaque jour à trouver de quoi se sustenter.
Quant aux troupes allemandes, Irène Nemirovsky ne laisse pas ses personnages céder à un manichéisme simpliste. Ces hommes sont certes perçus par les habitants comme des occupants mais ils sont aussi considérés comme des hommes que l'on a transplantés loin de leurs foyers et de leurs familles. Ces soldats, qui dans ce cas s'avèrent finalement, et à la surprise générale, polis et respectueux, sont traîtés avec une certaine bonhomie par la population et finissent par entamer le dialogue avec les habitants.

Mais chacun sait, d'un côté comme de l'autre, que la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres et que ceux qui aujourd'hui se saluent avec déférence peuvent demain s'entretuer si les circonstances viennent à l'exiger.

Cette situation troublante, qui fait de l'ennemi votre locataire, sera cause de maints égarements et de dilemmes existentiels pour les différents protagonistes de ce récit.

Après « Dolce » Irène Némirovsky avait projeté d'écrire trois autres volets au cours desquels le lecteur aurait pu suivre les destins croisés des différents personnages découverts dans "Tempête en juin" : « Captivité, Batailles, La paix ».

Son arrestation suivie de sa déportation puis de son assassinat nous priveront à tout jamais de l'intégralité d'une oeuvre qui, par bien des aspects, et surtout par le talent et la maîtrise narrative de l'auteur, pourrait aisément être comparée à la « Comédie Humaine » de Balzac ainsi qu'à « Guerre et Paix » de Tolstoï.

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soliman
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MessageSujet: Re: Irène Némirovsky   Sam 1 Nov 2008 - 22:41

bonjour
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Irène Némirovsky

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