
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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| Auteur | Message |
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moinonplus Envolée postale

Messages: 162 Inscription le: 15/09/2009 Age: 18
 | Sujet: Re: Maupassant Guy (de) Dim 18 Oct 2009 - 20:07 | |
| Une Vie Il faut que je parle du titre d’abord, qui avant la lecture du roman m’avait inspiré bien d’autres choses. Comme je n’avais aucune idée de l’histoire que j’allais lire, je m’attendais à cause du titre, à un autre récit. Je croyais que j’allais lire une vie d’un personnage distinct et particulier, à la vie pleine d’aventures et de bouleversements. Je m’attendais à un certain héroïsme, à des souvenirs pleins de charmes, de gaieté, et surtout d’amour. Alors qu’après ma lecture, l’histoire se révéla tout à fait le contraire de ce que j’imaginais. Trahisons, malheurs d’une femme qui arrivée aux frontières de la folie, réussira quand même malgré tant de facteurs tragiques, à trouver une lueur d’espoir. En plus on remarque que le récit est pauvre en événements, c’est la description des paysages et des états d’âme qui l’emporte, autrement dit, une reproduction d’un tableau de l’existence des personnages et leurs rapports dans un milieu clos (ce qui a fait que je me suis un peu ennuyé en lisant tout ça) « Naturaliste », « impressionniste » ; Maupassant qui détestait les étiquettes, et les écoles ; qui prétendait cyniquement n’écrire que pour l’argent, a pourtant dans la littérature française une place à part entière. Personne n’a su parvenir à sa perfection dans la description du tragique de la vie quotidienne. Passage qui m’a particulièrement plu ; « La vie, voyez vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit ». Cette dernière citation qui conclut l’histoire, montre combien il est important de ne jamais désespérer, de s’accrocher à ses rêves, de regarder droit devant ; sans se laisser courber par les malheurs qui détruisent les âmes humaines parfois. Je pense que cette histoire est le reflet d’une âme bouleversé, anéantie, désespérée, qui a effleuré les frontières de l’effondrement sans toutefois y céder. Histoire émouvante, dotées d’une visée très profonde, car elle creuse bien au fond des choses, les dépourvant de leur aspect superficiel et pittoresque, pour réfléchir la lumière sur ce qu’elles représentent. |
|  | | Sydney Envolée postale
Messages: 116 Inscription le: 14/10/2008
 | Sujet: Re: Maupassant Guy (de) Lun 19 Oct 2009 - 0:02 | |
| Je n'ai pas la même lecture, ni de la fin ni de l'ensemble du roman, qui à mon sens, loin de peindre la tragédie de la (d'une) vie, en décrit la pesante banalité. D'ailleurs, le roman s'ouvre sur les considérations de Jeanne sur cette vie qu'elle imagine, comme le titre te l'a aussi suggéré de prime abord, pleine de péripéties, de surprises, d'instants de bonheur, et qui ne sera qu'une suite de désillusions inhérentes au passage à l'age adulte - passage brutal pour elle qui sort du couvent. Dans ce but, il me semble que Maupassant est plus "naturaliste" par besoin que par conviction littéraire (en ce sens, l'étiquette est, pour ce roman-ci, biaisée), la froideur du style descriptif allant de concert avec le parti pris d'ôter toute forme de lyrisme à la vie qu'il décrit. La conclusion, La vie, voyez vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit, loin d'être une note d'optimisme, marque davantage un renoncement, banal lui aussi, face à une vie dont on accepte la fatalité, presque avec de nihilisme. _________________ Au commencement était le Verbe.
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|  | | moinonplus Envolée postale

Messages: 162 Inscription le: 15/09/2009 Age: 18
 | Sujet: Re: Maupassant Guy (de) Lun 19 Oct 2009 - 17:51 | |
| Oui c’est vrai ce que tu dis, il y a ce naturalisme qui montre la banalité de la vie, (la vie qui est différente de ce que nous reproduit nos rêves, loin des fantasmes et des chimères). Dans le cas de Jeanne, c’était une jeune fille naïve, pleine de jovialité ; à sa sortie du couvent elle imagine que par cette liberté nouvelle, elle va conquérir le bonheur. Or toutes les péripéties qui suivrent après, feront sombrer Jeanne dans des douleurs qui causeront toutes ses désillusions. C’est le désenchantement après l’instant de rêves merveilleux, un désenchantement brutal, douloureux, que j’ai qualifié de tragique. Concernant la conclusion, elle m’a semblé plutôt porteuse de lueur d’espérance, car je me rappelle qu’au dénouement Jeanne a un petit fils, qui vient comme pour apaiser ses désespérances et ses tristesses. |
|  | | Sydney Envolée postale
Messages: 116 Inscription le: 14/10/2008
 | Sujet: Re: Maupassant Guy (de) Mar 20 Oct 2009 - 1:28 | |
| Nouvelle naissance qui semble suggérer un nouveau cycle de désillusions... _________________ Au commencement était le Verbe.
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|  | | kalistina Envolée postale

Messages: 253 Inscription le: 18/06/2007 Age: 25
 | Sujet: Re: Maupassant Guy (de) Sam 24 Oct 2009 - 15:52 | |
| L'héritage :
| Citation: | Un fonctionnaire modeste et veuf, Cachelin, donne en mariage à son jeune et ambitieux collègue, Lesable, sa fille, Coralie, seule héritière d’une vieille tante fortunée. À la mort de la tante, on découvre avec stupéfaction que la galante repentie avait mis comme condition à l’héritage que l’union ne fût pas stérile, et même que sa nièce eût un enfant dans les trois ans, faute de quoi l’argent irait aux pauvres. Les jeunes mariés se mettent donc à l’ouvrage. Et les époux, pour procréer, redoublent d’efforts désespérés, ce qui les font passer de la tendresse à la haine. En effet, le malheureux Lesable s’avère incapable de donner un enfant à sa femme. Le temps passe. Que faire pour ne pas manquer l'héritage? |
Ah, la douce vie d'employé de bureau... Les commérages, les mesquineries, les petites entourloupes pour en faire le moins possible tout en donnant l'impression qu'on en fait beaucoup... Et une obsession : l'augmentation de fin d'année. Terriblement actuel, isn't it? C'est en partie pour cela que j'aime Maupassant : l'air de rien, sa plume est rudement acérée! Aucun des petits travers de l'individu observé, ici "l'homo administrandis", n'est épargné, et ses récits ont toujours quelque chose d'universel et d'intemporel. C'est un régal que de suivre les petitesses des personnages et d'observer par le petit bout de la lorgnette jusqu'où ils sont prêts à aller pour parvenir à leurs fins. Et comme d'habitude, c'est dans l'adversité qu'on montre son vrai visage! Mais rassurons-nous, au moindre petit rayon de soleil apaisant, hop, on oublie tout pour revêtir à nouveau son petit masque hypocrite. C'est délicieusement atroce de voir comme les jeunes employés martyrisent le pauvre père Savon avec leurs blagues potaches, comme Lesable a les dents qui rayent le parquet, comme Coralie peut faire la girouette quand elle a un million de francs dans la tête... Comme toutes les fois où j'ai lu Maupassant, ce fut un plaisir, tel que je n'ai pas vu les pages tourner! |
|  | | moinonplus Envolée postale

Messages: 162 Inscription le: 15/09/2009 Age: 18
 | Sujet: Re: Maupassant Guy (de) Sam 24 Oct 2009 - 17:55 | |
| Un passage qui m’a particulièrement ému, dans Une Vie ; « Jeanne la suivit au cimetière, vit tomber la terre sur le cercueil, et, comme elle s’affaissait avec l’envie au cœur de mourir aussi, de ne plus souffrir, de ne plus penser, une forte paysanne la saisit dans ses bras et l’emporta comme elle eût fait d’un petit enfant. (…) Jeanne demanda : « Qui êtes vous ? » Mais la femme, ouvrant les bras, la saisit, l’enleva de nouveau, et la reporta sur son lit avec la force d’un homme. Et comme elle la reposait doucement sur ses draps, penchées, presque couchée sur Jeanne, elle se mit à pleurer en l’embrassant éperdument sur les joues, dans les cheveux, sur les yeux, lui trempant la figure de ses larmes, et balbutiant : « Ma pauvre maîtresse, mam’zelle Jeanne, ma pauvre maîtresse, vous ne me reconnaissez donc point ? » Et Jeanne s’écria : « Rosalie, ma fille » Et, lui jetant les deux bras au cou, elle l’étreignit en la baisant ; et elles sanglotaient toutes les deux, enlacées étroitement, mêlant leurs pleurs, ne pouvant plus desserrer leurs bras ». C’est comme si, au moment où l’on croit que tout est perdu, qu’on a plus envie de se relever et de vivre, et de lutter encore, un espoir, ou quelque chose qui ressemble à de la joie (ici c’est une personne), vient basculer cette amère et profonde tristesse. _________________ De tous les dangers celui de la mémoire est l'un des plus terribles. Philippe Claudel
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