Arabella Zen littéraire

Messages: 4182 Inscription le: 02/12/2007 Age: 47 Localisation: Paris
 | Sujet: Xavier De Maistre Sam 16 Mai 2009 - 19:22 | |
| Présentation de WikipédiaXavier de Maistre (1763-1852) Né dans une famille de l’aristocratie savoisienne, Xavier de Maistre est le frère du philosophe contre-révolutionnaire Joseph de Maistre. A 18 ans, il embrasse, comme cadet de la famille, la carrière des armes et rejoint le Réal-Navi stationné à Chambéry, puis à Turin où il écrit Voyage autour de ma chambre. Il combat contre les Français jusqu’en 1798 lorsque Charles-Emmanuel IV dissout son armée et se réfugie en Sardaigne. Xavier rejoint son beau-frère à Aoste où il visite le lépreux de la cité, ce qui sera à l’origine de son roman. En 1799, une armée russe commandée par général Souvorov descend en Italie, Xavier s’engage sous ses ordres avec le grade de capitaine. Il participe à la bataille de Novi puis l’armée russe rejoint la Suisse et est défaite à Zurich. Xavier suit Souvarov rappelé en disgrâce en Russie. À Moscou, il quitte l’armée et ouvre un atelier de peinture qui devient à la mode. Ses paysages connaissent un certain succès. En 1802, son frère est nommé envoyé extraordinaire du roi de Sardaigne à Saint-Pétersbourg, mais ce n’est qu’en 1805 qu’il lui rend visite. Xavier est alors nommé directeur de la bibliothèque et du musée de l'Amirauté. En 1810, il rejoint l’armée russe qui se bat dans le Caucase et est grièvement blessé en Géorgie, ce qui lui inspirera Les Prisonniers du Caucase. Il est membre de l’état-major du Tsar pendant la campagne de Russie. Il épouse une demoiselle de la Cour, sœur du chambellan Zagriatski, qui mourra en 1850. Il est nommé général en juin 1813 et fait la campagne de Saxe puis celle de 1815.[1] À l’occasion de l’édition française de son livre la Jeune Sibérienne en 1825, il fait un long voyage à Paris et en Savoie, lors duquel il découvre qu’il était plus connu qu’il ne le pensait. Le poète Alphonse de Lamartine lui dédie en 1826, Le Retour, une épître en vers qui lui est entièrement consacrée. Il y évoque au passage son lien de parenté avec lui, par sa sœur Césarine, morte en 1824 et qui avait épousé Xavier de Vignet, neveu de Xavier de Maistre. Faisant l’éloge de son parent, il assure que son génie lui vaudra une gloire durable de génération en génération. _________________ Si la raison dominait sur la terre, il ne s'y passerait rien. (Fontenelle)
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 | Sujet: Re: Xavier De Maistre Sam 16 Mai 2009 - 19:24 | |
| Voyage autour de ma chambre C’est l’œuvre la plus connu de Xavier de Maistre. Elle aurait été écrite pendant 42 jours d’arrêts que l’auteur, jeune officier, aurait subi à cause d’une affaire de duel. Le livre est publié, 1795 par son frère. Prenant le contre-pied des récits d’aventures et de voyages, en vogue à l’époque, Xavier de Maistre, fait un récit tout en digression et divagations diverses, centrées sur sa personne et son décor immédiat. Le vrai voyage se fait à l’intérieur de soi-même, le plus important est d’observer les frémissements et les sensations que l’on éprouve, le reste n’est que décor qui souvent fait écran. L’œuvre d’un dilettante brillant, c’est un livre qui ne se prend pas au sérieux, il s’agit d’une parodie étincelante. Bref et incisif, le livre fait passer deux heures amusantes. Je cite tout le premier chapitre qui donne bien le ton de l’ensemble : | Citation: | Qu’il est glorieux d’ouvrir une nouvelle carrière, et de paraître tout à coup dans le monde savant, un livre de découvertes à la main, comme une comète inattendue étincelle dans l’espace !
Non, je ne tiendrais plus mon livre in petto ; le voilà, messieurs, lisez. J’ai entrepris et exécuté un voyage de quarante-deux jours autour de ma chambre. Les observations intéressantes que j’ai faites, et le plaisir continuel que j’ai éprouvé le long du chemin, me faisaient désirer de le rendre public ; la certitude d’être utile m’y a décidé. Mon cœur éprouve une satisfaction inexprimable lorsque je pense au nombre infini de malheureux auxquels j’offre une ressource assurée contre l’ennui, et un adoucissement aux maux qu’ils endurent. Le plaisir qu’on trouve à voyager dans sa chambre est à l’abri de la jalousie inquiète des hommes ; il est indépendant de la fortune.
Est-il, en effet, d’être assez malheureux, assez abandonné, pour n’avoir pas un réduit où il puisse se retirer et se cacher à tout le monde ? Voilà tous les apprêts du voyage.
Je suis sûr que tout homme sensé adoptera mon système, de quelque caractère qu’il puisse être, et quel que soit son tempérament ; qu’il soit avare ou prodigue, riche ou pauvre, jeune ou vieux, né sous la zone torride ou près du pôle, il peut voyager comme moi ; enfin, dans l’immense famille des hommes qui fourmillent sur la surface de la terre, il n’en est pas un seul – non, pas un seul (j’entends, de ceux qui habitent des chambres) qui puisse, après avoir lu ce livre, refuser son approbation à la nouvelle manière de voyager que j’introduis dans le monde. |
_________________ Si la raison dominait sur la terre, il ne s'y passerait rien. (Fontenelle)
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