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 Le cinéma de traversay

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traversay
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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Lun 5 Oct 2009 - 21:52



Le passeport jaune (The yellow ticket, Raoul Walsh, 1931).
Cette évocation de la Russie tsariste, à la veille de la première guerre mondiale, est très pittoresque. Le fait que le film ait été tourné avant l'instauration du code Hays explique que cette oeuvre "anti-impérialiste" n'ait pas été taxé de crypto-communiste. L'interprétation est son point faible, certains acteurs se croyant encore au temps du muet, à la notable exception de Laurence Olivier, impeccable, dont c'était le deuxième film américain. Ce n'est pas un Walsh millésimé mais le sens du rythme et du suspense du cinéaste sont bien au rendez-vous.

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Alan Patrick Herbert
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traversay
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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Dim 11 Oct 2009 - 22:02



Le banquet des fraudeurs (Henri Storck, 1952).
Voici un film intéressant pour de nombreuses raisons. Pour la personnalité de son réalisateur, grand maître belge du documentaire qui tournait là son premier long-métrage de fiction. Pour son thème, dans un village traversé par trois frontières, l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, et habité par trois mondes, celui des travailleurs, celui des douaniers et celui des fraudeurs...Au moment où le Benelux se concrétise et rend caduc la douane entre Belgique et Hollande. Pour son ton, mélange de comédie, de drame social et de chronique rurale.
Une vraie découverte.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Lun 12 Oct 2009 - 21:36



Les lèvres rouges (Harry Kümel, 1971).
Vampirisme, jeunesse éternelle, amours saphiques, sado/masochisme et autres glissements progressifs du désir tendus vers la soif du sang. Cette variation autour de la légende de la Comtesse Bathory est l'une des pièces maîtresses de la courte filmographie du belge Harry Kümel, expert ès fantastique. A cause de sa mise en scène kitsch (ah, ces fondus au rouge !), un vrai film culte avec la sublime Delphine Seyrig.



PS : sous la direction de Julie Delpy, la Comtesse rouge sera à nouveau à l'honneur début 2010, sur nos écrans.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mar 13 Oct 2009 - 21:25



Marqué au fer (Branded, Rudolph Maté, 1950).
Excellent western assez à cheval sur les conventions du genre. Pourtant, le scénario aurait été un excellent véhicule pour un mélodrame flamboyant. Maté préfère la psychologie à l'action pure et ce n'est pas désagréable. Alan Ladd, comme d'habitude, est parfait. Sacré dur au coeur finalement tendre. Rudolph Maté, honnête artisan, n'a jamais brillé de mille feux dans la mise en scène mais a signé quelques films noirs, thrillers et westerns fort bien tricotés. Toutefois, les cinéphiles retiennent davantage son nom pour avoir été le directeur de la photographie de plusieurs films de Dreyer et de Gilda.

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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mar 13 Oct 2009 - 21:33

De Rudolph Maté j'aime vraiment bien Mort à l'arrivée et Le gentilhomme de la Louisiane(un faible pour la prestance de Tyrone Power).
De Harry Kumel je n'ai vu que Malpertuis qui est loin d'être une réussite à mon avis.

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traversay
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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Ven 16 Oct 2009 - 18:47

Hell's heroes (Willam Wyler, 1929).
William Wyler tourne ce court et bon western à l'âge de 27 ans. L'histoire -celle d'un bébé recueilli au milieu du désert par trois malfrats- sera reprise moins de 20 ans plus tard par John Ford qui en tirera l'un de ses plus beaux films, Le fils du désert.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Dim 18 Oct 2009 - 14:50

La grande ville (Mahanagar, Satyajit Ray, 1963).
Bhombol, modeste comptable d'une banque de Calcutta, doit, avec son maigre salaire, faire vivre toute la famille : son épouse Arati, leurs deux enfants, mais aussi ses deux parents, qui habitent avec eux. A son corps défendant, Bhompol accepte que sa femme prenne un emploi.
Chronique familiale et sociale, Mahanagar est un des films les plus fins de Ray, tourné entre Abhijan (L'expédition) et Charulata, soit deux de ses oeuvres les plus réussies. L'injustice et le conservatisme de la société indienne y sont observés avec le sens du détail d'un entomologiste. Ray, amoureux de son pays ne se prive pas de critiquer ses plaies, modulant le ton de son film entre la satire et le (mélo)drame.



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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mar 20 Oct 2009 - 21:28

Le dernier train de Gun Hill (John Sturges, 1959).
Excellent western avec tous les ingrédients du genre même si Sturges n'est ni Mann, ni Ford. Cerise sur le Stetson : l'affrontement entre deux géants, Kirk Douglas et Anthony Quinn. Problème, cependant, le scénario beaucoup trop proche de deux grands classiques : 3h10 pour Yuma et Le train sifflera trois fois.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mar 20 Oct 2009 - 21:40

C'est souvent le problème des westerns:leur trop grande proximité scénaristique.Sturges n'est certes pas Ford ou Mann ou Hawks ou Walsh mais son habileté a donné d'excellents résultats,Fort Bravo,Règlements de compte à O.K.Corral et surtout Un homme est passé.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mar 20 Oct 2009 - 21:54

Bellonzo a écrit:
C'est souvent le problème des westerns:leur trop grande proximité scénaristique.Sturges n'est certes pas Ford ou Mann ou Hawks ou Walsh mais son habileté a donné d'excellents résultats,Fort Bravo,Règlements de compte à O.K.Corral et surtout Un homme est passé.


Je ne suis pas un grand fan de John Sturges, à la base,, mais je commence à l'apprécier. Je lui préfère Preston Sturges, dans un style radicalement différent, il est vrai.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mer 21 Oct 2009 - 7:01

traversay a écrit:
Je ne suis pas un grand fan de John Sturges, à la base,, mais je commence à l'apprécier. Je lui préfère Preston Sturges, dans un style radicalement différent, il est vrai.

rire Ca, on peut le dire !

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mer 21 Oct 2009 - 22:31



La princesse de Clèves (Jean Delannoy, 1961).
Très fidèle à l'oeuvre de Mme de La Fayette. Et très académique, la mise en scène de Delannoy. Vlady, sobre, et Marais, très sobre, sont irréprochables. On se divertit (un peu) avec les costumes et les décors, somptueux. Belle Star Academy en arrière-plan : Marie Stuart, Diane de Poitiers, Catherine de Medicis. Tourné en 61, au coeur de la Nouvelle vague, fallait oser.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Jeu 22 Oct 2009 - 6:51

Traversay
La princesse de Clèves (Jean Delannoy, 1961).
Citation:
Très fidèle à l'oeuvre de Mme de La Fayette. Et très académique, la mise en scène de Delannoy. Vlady, sobre, et Marais, très sobre, sont irréprochables. On se divertit (un peu) avec les costumes et les décors, somptueux. Belle Star Academy en arrière-plan : Marie Stuart, Diane de Poitiers, Catherine de Medicis. Tourné en 61, au coeur de la Nouvelle vague, fallait oser
.

Le charme d'une certaine "qualité française".Pas désagréable à défaut d'être original.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mar 27 Oct 2009 - 23:09



Coplan sauve sa peau (Yves Boisset, 1967).
Tout premier film d'Yves Boisset en forme d'hommage/parodie au cinéma bis américain. A prendre au second degré évidemment avec ses scènes de bagarre ridicules, son sadisme et son érotisme soft. Dommage que le héros soit aussi falot (un certain Claudio Brook), défaut corrigé par des seconds rôles croustillants (Blier, Topart, Servais, Kinski). On notera une utilisation intelligente des décors naturels de la Turquie et un final fortement inspiré des Chasses du comte Zaroff. Ce genre de films a l'air facile à faire mais on peut tomber aisément dans le nanar insipide comme l'a montré Chabrol dans Le tigre aime la chair fraîche, par exemple. Et puis, une oeuvre (?) où on entend des phrases définitives du genre : "Dans ce monde de compromissions, je n'accepte pas les compromis", ne saurait être totalement mauvaise.

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MessageSujet: Re: Le cinéma de traversay   Mer 28 Oct 2009 - 22:58



L'éternel retour (Jean Delannoy, 1943).
L'amour, la mort, l'éternité et ce genre de choses...Scénarisée par Cocteau, cette nouvelle version de Tristan et Yseult connut un immense succès populaire et critique aux heures les plus noires de l'Occupation. Sans parler de la Jean Marais mania...Le film déplut fort à Londres, où la blondeur étincelante des deux héros et les références à Nietzsche eurent tôt fait de classer le film dans le camp des oeuvres pro-allemandes. On a d'ailleurs souvent opposé L'éternel retour aux Visiteurs du soir pour leur dénouement identique (les amants deviennent gisants) mais à la signification opposée (se souvenir des coeurs qui battent, dans le deuxième, comme un symbole de résistance). Que reste-t-il de L"éternel retour aujourd'hui ? Une certaine atmosphère, une mise en scène assez brillante d'un Delannoy qui devint plus conventionnel par la suite, et les jeux cruels de Piéral, le nain le plus célèbre (et le plus talentueux) de l'histoire du cinéma français. Dans les mains d'un autre réalisateur, Grémillon, pourquoi pas, le film aurait pu atteindre le rang de chef d'oeuvre. Et sur le thème de l'amour éternel, Peter Ibbetson de Hathaway reste indépassable.

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