OLIVIER ASSAYAS
Diplômé des Beaux-Arts, scénariste, le réalisateur
Olivier Assayas cultive l’image d’un metteur en scène discret, attentif aux acteurs et aux circonvolutions du temps.
Il fut un temps rédacteur des Cahiers du cinéma (1980-1985).
Plasticien, il conçoit la caméra comme une extension du pinceau.
C’est pourtant l’écriture qui l’amène vers le cinéma. A vingt ans, il assiste son père, alors co-scénariste de la sériedes
Maigret, et rédige lui-même trois scripts. Ses ambitions se heurtent aux méthodes périmées des équipes de tournage qui produisent à la chaîne des histoires insipides.
En 1985, il collabore avec André Téchiné au scénario de
Rendez-vous et le retrouve l’année suivante pour
Le Lieu du crime. La rencontre est déterminante.
FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE:
2007 Boarding Gate
2004 Clean
2002 Demonlover
2000 Les Destinées sentimentales
1998 Fin août, début septembre
1996 Irma Vep
1994 L’Eau froide
1993 Une nouvelle vie
1991 Paris s’éveille
1989 L’Enfant de l’hiver
1986 Désordre
Olivier Assayas est le scénariste de ses propres films.
Il accorde une grande liberté à ses acteurs qui seuls décident des intonations, des poses et des déplacements nécessaires.
Il apporte un soin tout particulier aux dialogues.
Les références littéraires et musicales balisent toute l’œuvre d’Olivier Assayas.
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Cleanun film d’Olivier Assayas. («Irma Vep », « Fin Août, début septembre”, « Demonlover », « Les destinées sentimentales »…)
Avec Maggie Cheung, Nick Nolte, Béatrice Dalle, Jeanne Balibar...

Magnifique Maggie Cheung, actrice de rêve, qui n’a pas volé son
Prix d’Interprétation Féminine au Festival de Cannes 2004 tant elle habite ce film... Quentin Tarentino, Président du Jury a déclaré qu’elle était pour lui « l’une des meilleures actrices du monde ».
Elle tient ici le rôle intense, violent et émouvant d’une junkie qui essaie de reconstruire sa vie pour récupérer son enfant que l’on a confié à ses beaux-parents.
Capable de jouer avec talent, sobriété et naturel sur tous les registres on la découvre en junky speedée et hargneuse, en mère pleine de douceur, en jeune femme combattante ou effondrée…
Neuf ans après « Irma Vep », Oivier Asayas retrouve celle qui fut sa compagne dans les années 90. Il dit que c’est elle qui lui a inspiré ce film. Il a voulu la montrer sous un autre jour, plus proche de ce qu’elle est dans la réalité. Dans « In the Mood for Love »,dit-il, elle incarne une Chinoise classique, assez raide, avec un côté star dans le sens un peu kitsch du terme. C’est très bien mais ce n’est pas du tout elle. Ce qui l’intéresse, c’est le cinéma dans un sens vif, humain, avec une modernité un peu nerveuse. C’est ce qu’elle cherchait en venant en Europe…Et puis il y a eu ce déclic très simple : la prendre, elle, comme modèle. Une femme entre plusieurs mondes, sans nationalité précise…Là-dessus, j’ai imaginé un canevas autour d’une femme qui sort de prison et veut retrouver son enfant… »
Maggie Cheung est donc Emily. Un femme qui fut, dans le passé, une figure reconnue dans l’univers du rock indépendant dont l’adage était « sex, drug and rock’n roll ». On la voit lutter contre les démons de son passé : la drogue dont elle abusait et qui a causé la mort de son compagnon, Lee, le père de son enfant, un musicien cocaïnomane., sur le déclin, mythique mais en panne d’inspiration. Lorsque celui-ci meurt d’une overdose, Emily est incriminée et doit purger une peine de six mois de prison. Son enfant Jay est alors confié à l’affection des parents de Lee.
On assiste au parcours d’Emily, de la chute à la rédemption. Et cela passe par la désolation de son présent : le dur renoncement à la drogue ; .le jugement et le mépris des amis musiciens de son compagnon qui lui tournent le dos ; la haine de sa belle-mère qui prétend qu’elle a tué Lee ; la douleur de la séparation d’avec son enfant, Jay, et la recherche d’un travail, n’importe lequel, pour pouvoir le retrouver Mais on assiste peu à peu à la renaissance de cette femme qui fait son retour à la vraie vie.
Olivier Assayas signe avec «
Clean » un magnifique long-métrage sur l’espoir. Il y affirme sa foi en l’être humain, en sa capacité à changer, et aussi à pardonner.
Le pénible chemin vers la lumière d’Emily est éclairé magnifiquement, encore une fois, par le chef-opérateur Eric Gauthier.
L’actrice reconnaît : «
Je sais qu’aucun metteur en scène ne m’aurait offert un tel rôle On pourrait penser à moi pour interpréter une droguée, mais sous un angle tragique, dramatique, sentimental… » Or, le film, très émotionnel n’est jamais lacrymal. Et dans un final somptueux, on voit même et entend chanter Maggie Cheung : Emily se reconstruit grâce à la musique et enregistre un album.
Quant à Nick Nolte il trouve dans ce film un grand rôle. Tendre et plein de sagesse, il est le père de Lee., il comprend le désarroi d’Emily, il l’encourage et croit en elle. A travers lui, Assayas fait passer un incroyable humanisme car c’est cet homme bienveillant et protecteur qui croit au changement et le rend possible.
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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)