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 Petite chronique du cinéma japonais

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Queenie
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MessageSujet: L'île nue [shindo]   Sam 31 Oct 2009 - 6:41


L'île nue, Kaneto Shindo.
1960

Une famille vit sur une petite archipel. Dès les premiers plans, on nous met direct dans "l'ambiance" : vues de paysages avec les mots désertique, aride, trop serrés... etc...
Et c'est ça. Y'a pas d'eau sur cette île, la famille y vit seule. Un couple et deux jeunes enfants. Ils traversent non stop la Setonaikai afin d'aller jusqu'au continent récupérer de l'eau douce pour arroser leurs plantations.
Un des enfants va à l'école en ville, l'autre aide sur l'île.

Film extrêmement répétitif, l'impression de voir le mythe de Sisyphe en images, toujours les mêmes actions, pratiquement les même plans, quasiment muet, en noir et blanc grisâtre... et pourtant c'est prenant.
J'ai été complètement avec cette famille, à vivre au jour le jour leur rythme lent, inéluctable, fastidieux.

En plus, les images sont vraiment belles, incroyablement filmées, à sentir la chaleur, la terre sèche, à voir cette étendue de mer belle et terrible en même temps; Les gros plans sur les visages fatigués, rompus, presque robotisés, esclaves de la nature.
Les gros plans sur la gestuelle du travail, sur la répétition, la monotonie, l'action en train de se faire dans une sorte de torpeur du survivant. Sorte d'ode au travail agricole, à l'effort de l'homme pour tirer de la nature sa subsistance.

Un film contemplatif, qui berce, et qui tient une tension en même temps. C'est beau, c'est fatal. C'est le combat de l'homme pour vivre.
C'est troublant.

Une bien meilleure analyse que la mienne ici

(Pour la petite histoire, explication au dos du dvd :
Kaneto Shindo tourne L'île nue pour la Kindai Eiga Kyokai. A cette époque, comme les autres sociétés de production indépendantes, elle connaît des difficultés financières et se trouve au bord de la faillite.
L'île nue est donc le film de la dernière chance ce qui, paradoxalement, lui offre une plus grande liberté. Il sera réalisé avec un très petit budget, 3 millions de yens, environ le dixième du budget d'un film ordinaire.
Le tournage s'effectue entièrement en extérieur, l'équipe est réduite à quelques dizaines de personnes et les acteurs sont informés qu'ils ne seront payés que si le film réalise des bénéfices. Comme on pouvait s'y attendre, le film, une fois terminé, ne trouve aucune compagnie pour le distribuer. Il est donc projeté de manière presque confidentielle, mais reçoit le grand prix du festival de Moscou, ce qui lui apporte la consécration internationale. Grâce à cela, la Kindai Eiga Kyokai peut poursuivre ses activités.
(Tadao Sato "Le cinéma japonais" - tome 2 - Cinéma pluriel, Centre Georges Pompidou)[/quote]

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Nezumi
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MessageSujet: Re: Petite chronique du cinéma japonais   Sam 31 Oct 2009 - 12:42

Beau film, musique obsédante aussi...

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Car ce sont bien de menus accidents qui nous font chérir un livre plutôt qu'un autre. (Roger Caillois)
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Queenie
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MessageSujet: Nomura   Hier à 10:07


L'été du démon, Yoshitaro Nomura.

1978.


Une femme abandonne ses enfants à son amant et disparaît. L'homme, marié, se voit contraint de les garder alors que son épouse refuse de s'en occuper.
Il essaye au début de retrouver la mère... Impossible...
Seulement sa femme est une menace de plus en plus oppressante. Elle maltraite les enfants sous n'importe quel prétexte...


Ce film est incroyable !
La tension tout le long est limite tolérable. Cette femme qui est si haineuse, si tortionnaire. Un véritable démon. Et l'homme, faible, qui refuse de voir ce qu'il est en train de passer, et surtout vers où ça va le conduire. Qui semble avoir des sursauts de conscience mais n'arrive jamais à accepter l'horrible.

Un film à voir. Le réalisateur sait parfaitement mener son histoire pour nous happer dedans, certains plans sont scotchant et servent complètement le film, l'étouffement, l'angoisse, la colère.

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