La confession de Lúcio
Lúcio sort de prison après dix années d’incarcération. Il dit d’emblée qu’il est innocent du crime pour lequel il a été condamné, mais que ce qui c’est passé est tellement incroyable qu’il n’a pas voulu se défendre au moment des faits. Mais sorti de prison il décide « de passer aux aveux, c'est-à-dire de démontrer mon innocence ».
Son récit commence à Paris, où Lúcio fréquente les milieux artistiques portugais. Dans une fête des plus décadentes, donnée par une richissime américaine, il fait la connaissance d’un poète, Ricardo, qui va devenir son ami intime. Les deux jeunes gens partage la même vision du monde, sont des plus proches, et Lúcio a du mal à comprendre que Ricardo quitte brusquement Paris. Il apprend qu’il s’est marié, alors qu’il décriait le mariage. Lors du retour au Portugal, il rencontre Marta, la femme de son ami. Il est immédiatement subjugué par sa personne, et une liaison commence. Ricardo semble ne rien voir, ce qui est d’autant plus étrange que Marta semble ne pas se contenter de Lúcio comme amant. Lúcio fuit cette situation malsaine, retourne à Paris, mais il finit par revenir et a une explication avec Ricardo, qui promet de lui révéler toute la vérité. Mais les choses ne se passent pas exactement comme l’a prévu Ricardo…….
Un livre fort étrange. J’avais même décidé dans un premier temps de ne pas en faire de commentaire ; mais comme il ne me quittais pas une fois refermé, et que je n’arrive pas à oublier cette lecture, je me suis dit que je vais essayer de partager ma lecture avec vous, les livres qui vous obsèdent et dérangent votre petit confort sont assez rares pour être soulignés.
Cela appartient incontestablement aux décadents, cette atmosphère lourde et perverse, ces fêtes très chargés de sensualité, en même temps que ces interrogations sur l’identité, sur l’impossible contact avec l’autre, cette neurasthénie vécu non pas comme une maladie mais comme l’état normal, voire désirable. C’est tordu au possible, l’inverse même d’une histoire vraisemblable. Mais c’est obsédant comme un parfum trop fort, et qu’on arrive pas à trouver désagréable, comme des couleurs très vives qu’on arrive pas à trouver criardes. La présentation dans le livre évoque Huysmans, De Sà-Carneiro l’a très certainement lu, il y a un petit relent de quelque chose, mais en même temps l’auteur a son univers propre, c’est encore plus délirant.
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Si la raison dominait sur la terre, il ne s'y passerait rien. (Fontenelle)