Mark Manders

Présentation (SMAK, Gent):
Depuis la fin des années 1980, Mark Manders (°1968, Volkel, Pays-Bas) crée des installations sculpturales ou plutôt des ‘sculptures-installations’ qui peuvent toutes être considérées comme des fragments d’un autoportrait sous la forme d’espaces imaginaires. Ses participations à la 24e Biennale de Sao Paulo (1998), à la Biennale de Venise (2001) et à Documenta XI à Kassel (11) ont permis à Manders d’acquérir une place marquante et autonome au sein du monde international des artistes aux œuvres sculpturales.
Sa carrière a déjà commencé en 1986, l’année où il a créé l’œuvre ‘Self Portrait as a building’, une des œuvres clé de sa production. Tout ce que Mark Manders a créé ensuite peut être compris dans le cadre de cette idée d’autoportrait en tant que bâtiment et comme une tentative de traduire sa propre existence humaine et ses souvenirs et sentiments biographiques en espaces de souvenirs sans mots et associatifs, en installations. Ce concept du ‘moi’ en tant qu’architecture, en tant que bâtiment, résulte chez Mark Manders dans un art qui comprend la sculpture comme une matérialisation spatiale de pensées, de sentiments et d’émotions très personnels et parfois abstraits. Il est évident que Manders veille à ce que son ‘moi’ poétique ne coïncide pas entièrement avec le Mark Manders autobiographique et réel, mais ce dernier ne peut pas être considéré totalement séparément. Dans les installations de Mark Manders, il s’agit toujours d’un équilibre paradoxal : la construction d’un autoportrait qui ne peut se montrer que dans un langage imagé plus universel qui dépasse le côté ultra-personnel et qui caractérise tout l’art contemporain de qualité. Le SMAK de Gent (espace d'art contemporain) propose l'exposition
The Absence of Mark Manders déjà programmée dans plusieurs pays. Je l'avais vue à Hanovre et on retrouve pratiquement toutes les installations avec quelques apports plus récents.
L'impact de ses installations est immédiat. Il nous embarque dans un univers étrange, parfois à la frontière du macabre dans son inspiration "gothique industrielle", sans chercher véritablement à déranger . Je vais mettre quelques images et j'ajouterai les commentaires de Mark Manders au fur et à mesure.
Il utilise la sculpture et la récupération d'objets personnels et de vieux mobiliers, des tréteaux, des planches... Il raconte des histoires qui ont trait à son vécu mais aussi à son imaginaire. Certaines installations me font penser à ce que fait
Louise Bourgeois avec ses "cages" qui racontent aussi des souvenirs personnels et des peurs fantasmées. On se rapproche de Lynch aussi avec ces exhumations de paysages industriels, ces animaux inertes (des sculptures essentiellement) ou ces assemblages surréalistes d'objets disparates.
Libre à chacun ensuite de se projeter dans ces espaces mentaux à l'univers très personnel.

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Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis.
Joyce Carol Oates