Boy A
Boy A fait partie de ces films à thèse qui n'évitent pas complètement le côté démonstratif de leur propos, en appuyant parfois le trait, mais qui touchent par le soin apporté pour donner vie à leurs personnages, à les laisser acquérir une densité qui nous les rend vrais et attachants.
Boy A est le nom qu'on a donné à cet enfant qui vient de passer plusieurs années en prison pour un crime atroce (qu'on découvre en flash back) afin de lui permettre d'avoir une seconde chance à sa sortie sans être immédiatement reconnu et traqué. Evidemment ce moment d'"évasion" qu'il va connaitre sera précaire.
C'est finalement une histoire d'apprentissage (comme l'était Morse dans un registre fantastique) où Boy A doit tout apprendre de l'amitié, du sexe, de l'amour, de la vie d'un adolescent, puisqu'il en a été privé durant ces années de prison.
Le jeune acteur Andrew Garfield semble en avoir agacé certains par son jeu jugé maniéré dans sa timidité angélique. Je l'ai trouvé terriblement émouvant, écorché vif, maladroit et naïvement émerveillé par toutes ces choses si simples qui s'offrent à lui et qu'il pense ne pas mériter. Chaque séquence de son apprentissage est juste, tendue entre bonheur et souffrance, dans une photographie surexposée qui donne le sentiment de sortir d'un trou noir pour entrer dans une lumière trop vive. Celle d'une existence à laquelle il n'a peut-être plus droit.
Il y a des maladresses, des scènes trop démonstratives comme celle du sauvetage d'une petite fille dans une voiture accidentée, et un final un peu mélodramatique mais c'est un film qui me restera en mémoire.
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Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis.
Joyce Carol Oates