Deouis qu'Otar est parti
Depuis qu'Otar est partiRéal. :
Julie Bertuccelli
Grand Prix de la semaine de la Critique Cannes 2003 Meilleure première fiction aux Césars
Avec
Esther Gorintin, Nino Khomasuridze, Dinara Drukarova, Temur Kalandadze, Rusudan Bolqvadze...France-Belgique, 2002, 1h 42mn
Sortie nationale le 17 Septembre 2003
Résumé:
Otar, Géorgien parti vivre à Paris, est la fierté de sa mère, Eka, qui vit constamment dans l’attente de ses nouvelles. Seulement un jour, les lettres n’arrivent plus. Otar est mort, là-bas, loin d’elle… Sa fille, Marina, et la nièce de celle-ci, Ada, vont alors tenter de lui dissimuler la terrible nouvelleVoilà une petite chronique familiale bourrée de charme ,au regard juste et tendre, sur l'amour maternel, sur l'absence et les vides qu'elle entraîne . Trois générations de femmes, trois visions de la vie différentes au milieu du chaos laissé par un peuple livré à lui-même et où règne la grisaille : chomage, pénurie, troc en tout genre sont le lot de ceux restés au pays... ...Chaque personnage est touchant, croqué avec beaucoup de finesse
Eka, la grand-mère ,qui ne voit que par son fils et attend, fébrile, ses coups de fil, selon un rituel bien établi est craquante ! Malicieuse et si fière de son fils qui représente l'espoir de la famille et l'ailleurs pour tous...
Elle est souvent incomprise par sa fille
Marina, ancienne ingénieure contrainte de vendre ses vieilleries aux puces pour survivre , et en rivalité avec son frère, le chouchou de Eka.
Elles ne se comprennent pas toujours non plus avec
Ada, sa fille, la plus jeune mais pas la moins réaliste, qui rêve aussi, comme toutes les filles de son age plongées dans ce quotidien bien morne.
Le seul qu'on ne verra jamais c'est
Otar, "héros" invisible, mais dont la non-présence est le fil conducteur par lequel ces trois femmes vont s'unir ou se mentir. Ses lettres et l'argent qu'il leur verse suffisent à entretenir leur imaginaire ...
On les suit dans leur intimité, mais toujours avec pudeur. Chaque évènement est vécu solidairement par toute la famille. Il y a beaucoup d'humanité et de chaleur, par petites touches, car jamais la cinéaste ne cherche à nous appitoyer sur leur sort.
Tout est dans les regards, ceux de Ada, complice et juge aussi, ceux de Eka remplis de tendresse ou ceux de Marina, pleins d'empathie . On veut surtout épargner Eka qui jouera aussi de subterfuges pour épargner ses filles à leur tour. Il y a des petits moments de réels bonheurs , comme à cette fête où l'on veut croire et faire comme si...Tout est vrai, sincère, remarquablement bien joué.
J'ai pris beaucoup de plaisir à partager le quotidien de cette petite famille. On rêve presque de la même, nous les occidentaux bien au chaud! Un film frais et simple qui fait du bien ...Je vous le recommande car il est au cerclage grâce à Marie
edit : j'ai modifié le titre, mettant le nom de la réalisatrice en avant, mais maintenant le titre visible, étant donné qu'il est probable qu'on le connaisse plus le nom du film que de celui de la réalisatrice. Queenie.
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Après tout, la meilleure façon de parler de ce quel'on aime est d'en parler légèrement.
Albert Camus