FAUSTA de Claudia Llosa

Fausta, enfermée dans des croyances et des superstitions (Traversay dans son message les a déjà évoquées), renfermée sur elle-même à l'image de son poing qu'elle tient toujours fermé ; fermée aux autres, apeurée du contact avec les hommes.
Le film, son long et instable chemin vers la délivrance, la libération qui ne se fait pas de manière linéaire, avec des avancées, des rechutes. Un des mérites du film à mon avis, de ne pas tomber dans la facilité du "avant-après".
Des individus extérieurs à la famille qui apportent du souffle, une ouverture, comme le jardinier, pour que Fausta puisse s'ouvrir et accepter de vivre.
Une caméra qui prend le temps de filmer cette très lente transformation, laisse entrer et sortir les personnages du cadre; fixe cette magnifique actrice, son regard (intense), ses peurs, les signes d'une volonté de vivre...

Des symboles de "renaissance" : la mer, les fleurs et ses senteurs, des perles...

De très jolis moment de "chant", ce chant qui la relie avec sa mère décédée mais la délivre aussi... Une voix comme suspendue dans le temps.
Emouvant, beau, doux.