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 La graine et le mulet - [Abdelatif Kechiche]

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Queenie
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MessageSujet: La graine et le mulet - [Abdelatif Kechiche]   Mar 8 Jan 2008 - 1:51

filmo de kechiche :
filmo :
La faute à Voltaire, 2001
L'esquive (César 2005 du Meilleur Film, du Meilleur Réalisateur, du Meilleur espoir féminin pour Sara Forestier et du Meilleur scénario original ou adaptation), 2004
La graine et le mulet, 2006


LA GRAINE ET LE MULET


Prix Spécial du Jury (ex aequo) à la 64ème Mostra de Venise.
Prix Marcello Mastroianni du Meilleur Jeune Espoir à la 64ème Mostra de Venise.


Monsieur Beiji, à 61 ans, se retrouve au chômage. Divorcé et séparé de sa famille, il essaye de rester proche d'eux, d'être encore celui qui agit, qui fait quelque chose pour eux, avec eux. Il s'est recréé une petite famille. Et des tensions plânent entre les deux "clans". D'autant plus qu'au coeur même des familles des problèmes pointent le bout de leur nez et alimente les colères et les conflits.
Slimane décide d'acheter un vieux rafiot et d'y créer un restaurant où serait à l'honneur le couscous au poisson (spécialité de son ex-femme) : un couscous qui est un personnage à part entière, lorsqu'à la tablée familiale, tous se le partagent, se le passent, le goûtent, le sentent, le mâchouille, l'embrasse presque avant de le dévorer. Les corps ont une réelle présence, la chair, la vie, l'humain : ça parle fort, ça bouge, ça se bouscule, s'embrasse.
Personne, à part Karima, ne semble vraiment croire à ce projet, mais peu à peu, devant la persévérance tous vont s'unir pour aider Slimane Beiji.

Abdelatif Kechiche parvient à nous entraîner au coeur de cette grande famille. Sa façon de filmer, proche des gens, il leur laisse une grande liberté d'interprétation, ce qui accentue le naturel obtenu grâce à beaucoup d'heures de répétition tous ensemble, et un petit aspect documentaire, mais qui dépasse ce genre parfois un peu froid. Le film de Kechiche arrive à nous donner l'impression qu'on est à table avec eux, qu'on est le frère la tante la cousine, écoutant comme les autres, ayant son mot à dire, sachant, devinant, et laissant faire.

Un film sur la famille, sur la fatalité, sur les secrets, sur la difficulté de vivre les uns avec les autres. Un film profondément méditérrannéen : toujours entre les rires et les larmes, préférant faire la fête, danser sur les larmes et les cris versés pour les faire taire.
Mais malgré tout ce qui pèse, une histoire qui garde une certaine légereté, une fraîcheur. Notamment grâce à l'interprétation sincère et vivante des comédiens. Hafsia Herzi est tout simplement superbe : les scènes où elle fait la morale aux "vieux" sont excellentes !
Un film aussi qui nous fait expérimenter le temps qui passe, la lourdeur de l'attente, du stress, du désarroi. Des scènes qui parfois semblent interminables, intolérables, mais dont la longueur trouve toujours sa signification. Sauf peut être à la fin, où là, vraiment Kechiche aurait pû enlever un bon quart d'heure tant il répète les même scènes. Et en plus m'a franchement laissé sur ma faim (ce qui est le cas de le dire, mais je n'expliquerai pas plus pour ne rien révéler), même si j'en comprends le sens... quand même... je suis frustrée...

Je n'avais encore jamais vu de film d'Abdelatif Kechiche malgré leur popularité, il va falloir que j'y remédie !

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Shielded from unexpected fury
Frightened survivor in my world too shy to see
Softly I spoke, softly I'm dying
Crushed by your power, by my wilingness to bleed


Dernière édition par Queenie le Jeu 13 Mar 2008 - 9:33, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: La graine et le mulet - [Abdelatif Kechiche]   Mar 8 Jan 2008 - 1:57

Encore un film que je voudrais voir...Je suis frustrée de vivre dans une ville aux programmations de films minables...

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"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
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JDP
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MessageSujet: Abdellatif Kechiche   Mar 5 Fév 2008 - 10:11

Film superbe. Plein de vie. Une carte d'identité maghrébine. Un monde à côté du nôtre, tellement semblable pourtant. Je l'ai adoré. :heart: Et vous savez quoi?Nous l'avons vu ma femme et moi grâce à une erreur : nous nous sommes trompés de salle! Ne le dites à personne.
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MessageSujet: Re: La graine et le mulet - [Abdelatif Kechiche]   Mar 5 Fév 2008 - 10:22

JDP a écrit:
Film superbe. Plein de vie. Une carte d'identité maghrébine. Un monde à côté du nôtre, tellement semblable pourtant. Je l'ai adoré. :heart: Et vous savez quoi?Nous l'avons vu ma femme et moi grâce à une erreur : nous nous sommes trompés de salle! Ne le dites à personne.


Le hasard vous a guidés là où il fallait absolument que vous alliez...content
J'enrage...Je ne l'ai toujours pas vu...humeur

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aériale
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MessageSujet: Re: La graine et le mulet - [Abdelatif Kechiche]   Mar 5 Fév 2008 - 10:33

Vous me donnez envie tous les deux...Je ne pensais pas y aller, mais du coup j'hésite...A voir Wink

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MessageSujet: ABDELATIF KECHICHE (La Graine et le Mulet)   Mar 12 Fév 2008 - 19:42

Ces mots de Pascal Mérigeau dans le Nouvel Obs de décémbre 2007 je crois. " Que ce film qui fait souffler sur le cinema français un vent de liberté soit le fait d'un garçon, né en Tunisie, arrivé en France à l'âge de 6 ans et auquel pendant des années l'accès au cinéma français fut refusé n'est bien évidemment pas indifférent. Et moins encore que ce film apparaisse précisément aujourd'hui, alors qu'une politique est mise en oeuvre, dont le ressort principal est d'opposer les laissés-pour-compte aux exclus. Pourtant, réduire le film à sa seule dimension sociale, tout essentielle qu'elle soit, serait une abérration et une injustice. En matière de critique plus encore qu'en aucune autre, dit-on, il convient de ne jamais parier sur l'avenir, mais je veux bien prendre le risque : ce film profondément enraciné dans son présent deviendra un classique"
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MessageSujet: Re: La graine et le mulet - [Abdelatif Kechiche]   Lun 17 Mar 2008 - 14:10

Je l'ai vu!...Je l'ai vu!...swing Et j'ai beaucoup aimé...
Vos commentaires parlent déjà beaucoup, et très justement, de ce film...
Je comprends vos enthousiasmes et aussi vos réserves...
Je n'en mettrai qu'une sur la fin...qui s'étire...

Ce film fonctionne à fond . Il m'a emporté du début jusqu'à (presque) la fin.
Mais je suis surtout époustouflée par les comédiens (non professionnels) et par la direction d'acteur capable de leur faire donner ce qu'ils donnent...
Mentions spéciales:
- à la jeune comédienne qui n'a pas volé son César, Hafsia Herzi...Quelle présence! Quelle générosité! Quel talent!...
- au père, Slimane, qui me bouleverse...(Habib Boufares)
- à la belle-fille malheureuse de Slimane dans une longue scène déchirante (Alice Houri). Performance d'actrice.
- à la fille de Slimane, d'une naturel et d'un charisme incroyable...(Faridah Benkhetache)


Bravo à tous!
Et bravo au réalisateur qui a raconté cette histoire-là, dans ce milieu-là, et pour la raconter de façon aussi juste et naturelle, a créé les conditions pour que ses acteurs donnent le meilleur.enthousiaste

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MessageSujet: Re: La graine et le mulet - [Abdelatif Kechiche]   Lun 17 Mar 2008 - 14:20

La Bande-Annonce et les extraits:
ici

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MessageSujet: Re: La graine et le mulet - [Abdelatif Kechiche]   Lun 29 Sep 2008 - 9:11

Je viens seulement de voir La Graine et le mulet, film par lequel je fais connaissance avec ce réalisateur français d’origine tunisienne. Un vrai moment de cinéma.
Un vrai moment de cinéma c'est... un cinéma qui se suffit à lui-même mais qui interroge aussi.

La famille :
Une entrée déroutante dans la vie quotidienne et les contrastes d’une communauté construite sur deux générations. Une unité familiale qui comme partout ailleurs devrait être rompue par la séparation de Sliman d’avec sa première femme mais qui, ici, conserve sa légitimité dans les dialogues et la chaleur d’une table réunissant 80% des personnages.
Le film démarre par ce premier portrait de famille. Les liens entre chacun semblent avoir été noués définitivement, notamment par l’énergie des femmes :
couscous-maison dominical qui rassemble, sa préparation, la parole, une longueur et une richesse de dialogues dont on ne se lasse pas et qui ont l’air de s’imposer en temps réel; la mise en avant des questions cruciales, l’amour, la vie de couple; le désir de reconstituer le couple parental chez la plus jeune; le plat du pauvre…
Puis, l’éclatement, dont on est d’abord témoin dans l’appartement du frère aïné délaissant sa femme et son enfant, refait surface dès que le scénario se resserre autour du quotidien de Slimane :
sa seconde épouse, la fille de celle-ci, leur restaurant sur le quai, le licenciement qui compte aussi comme une rupture et une occasion dramatique pour le personnage central de se repositionner dans la société.

Condition :
Là, on est pris aux tripes par la condition sociale : l’exploitation d’un salariat immigré qui perd tous ses droits (Slimane, venu travailler dans l’entreprise dès les années 60, n’a été déclaré qu’en 1990…).

Slimane, devant sa petite belle-fille qui lui infuse de l’énergie face aux deux fils qui voudraient le renvoyer au bled, lorsqu’il évoque durant une seconde ce qu’a été sa condition, emploie le terme : l’humiliation.
La suite nous plonge aussi dans l’évocation de sa condition dès l’apparition de l’élu, du banquier et autres notables qui n’y croient pas.


Clichés :
Trop rapidement et comme intégrant la trame dramatique, l’unité, le projet, et en même temps nos émotions, vont éclater dans une dimension insupportable :
La bêtise des deux fils face à l’énergie combative déployée par les filles (l’oubli de la graine dans le coffre de la voiture, la pauvreté du discours masculin).
La connivence des femmes protégeant et couvrant l’attitude du fils (ou frère) dans l’abandon de sa famille (Slimane confronté tard à cette réalité et qui n’aura même pas le temps d’y réagir ; la belle-fille non maghrébine rejetée).
Les trois mômes, chapardeurs du scooteur, génèrent chez nous la haine, alors qu’on voudrait croire encore à un dénuement possible.
La métamorphose de l’adolescente libérée (héroïne positive) en danseuse du ventre offerte à des notables qui perdent patience mais qu’on retient grâce à un exotisme qui a décidément la vie dure...

Mais c’est peut-être tout ça réuni qui donne l’intensité...

_________________
Chaque - Oiseau - A la couleur - De son cri.
(poèmes, Malcolm de Chazal)
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