filmo de
kechiche :
filmo :
La faute à Voltaire, 2001
L'esquive (César 2005 du Meilleur Film, du Meilleur Réalisateur, du Meilleur espoir féminin pour Sara Forestier et du Meilleur scénario original ou adaptation), 2004
La graine et le mulet, 2006
LA GRAINE ET LE MULET
Prix Spécial du Jury (ex aequo) à la 64ème Mostra de Venise.
Prix Marcello Mastroianni du Meilleur Jeune Espoir à la 64ème Mostra de Venise.
Monsieur Beiji, à 61 ans, se retrouve au chômage. Divorcé et séparé de sa famille, il essaye de rester proche d'eux, d'être encore celui qui agit, qui fait quelque chose pour eux, avec eux. Il s'est recréé une petite famille. Et des tensions plânent entre les deux "clans". D'autant plus qu'au coeur même des familles des problèmes pointent le bout de leur nez et alimente les colères et les conflits.
Slimane décide d'acheter un vieux rafiot et d'y créer un restaurant où serait à l'honneur le couscous au poisson (spécialité de son ex-femme) : un couscous qui est un personnage à part entière, lorsqu'à la tablée familiale, tous se le partagent, se le passent, le goûtent, le sentent, le mâchouille, l'embrasse presque avant de le dévorer. Les corps ont une réelle présence, la chair, la vie, l'humain : ça parle fort, ça bouge, ça se bouscule, s'embrasse.
Personne, à part Karima, ne semble vraiment croire à ce projet, mais peu à peu, devant la persévérance tous vont s'unir pour aider Slimane Beiji.
Abdelatif Kechiche parvient à nous entraîner au coeur de cette grande famille. Sa façon de filmer, proche des gens, il leur laisse une grande liberté d'interprétation, ce qui accentue le naturel obtenu grâce à beaucoup d'heures de répétition tous ensemble, et un petit aspect documentaire, mais qui dépasse ce genre parfois un peu froid. Le film de Kechiche arrive à nous donner l'impression qu'on est à table avec eux, qu'on est le frère la tante la cousine, écoutant comme les autres, ayant son mot à dire, sachant, devinant, et laissant faire.
Un film sur la famille, sur la fatalité, sur les secrets, sur la difficulté de vivre les uns avec les autres. Un film profondément méditérrannéen : toujours entre les rires et les larmes, préférant faire la fête, danser sur les larmes et les cris versés pour les faire taire.
Mais malgré tout ce qui pèse, une histoire qui garde une certaine légereté, une fraîcheur. Notamment grâce à l'interprétation sincère et vivante des comédiens. Hafsia Herzi est tout simplement superbe : les scènes où elle fait la morale aux "vieux" sont excellentes !
Un film aussi qui nous fait expérimenter le temps qui passe, la lourdeur de l'attente, du stress, du désarroi. Des scènes qui parfois semblent interminables, intolérables, mais dont la longueur trouve toujours sa signification. Sauf peut être à la fin, où là, vraiment Kechiche aurait pû enlever un bon quart d'heure tant il répète les même scènes. Et en plus m'a franchement laissé sur ma faim (ce qui est le cas de le dire, mais je n'expliquerai pas plus pour ne rien révéler), même si j'en comprends le sens... quand même... je suis frustrée...
Je n'avais encore jamais vu de film d'Abdelatif Kechiche malgré leur popularité, il va falloir que j'y remédie !
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Shielded from unexpected fury
Frightened survivor in my world too shy to see
Softly I spoke, softly I'm dying
Crushed by your power, by my wilingness to bleed