Babelle Zen littéraire

Messages: 3727 Inscription le: 14/02/2007 Localisation: FSB
 | Sujet: Re: De la communication Mar 15 Avr 2008 - 18:49 | |
|  Vous souvenez-vous de cet ouvrage? La clé des gestesde Desmond Morris - Le premier livre mettant en avant le langage gestuel. Une compilation de toutes les catégories de gestes, tant sur le plan individuel que social, qu'il est possible d'observer. Un livre de référence, mondialement connu. J'ignore s'il est toujours disponible. _________________ Chaque - Oiseau - A la couleur - De son cri. (poèmes, Malcolm de Chazal)
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K Envolée postale

Messages: 292 Inscription le: 30/11/2007 Age: 36 Localisation: Belgique
 | Sujet: Re: De la communication Dim 20 Avr 2008 - 23:42 | |
| | Citation: | | sentinelle a écrit: | "Entre ce que je pense ce que je veux dire ce que je crois dire ce que je dis ce que vous voulez entendre ce que vous entendez ce que vous croyez en comprendre ce que vous voulez comprendre et ce que vous comprenez il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre." |
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Je me souviens de cet excellent résumé de la difficulté propre à la communication. Werber l'avait aussi mis en exergue à son roman Le père de nos pères mais tu n'as pas mis la dernière phrase, Sentinelle :
mais essayons quand même...
J'ai retrouvé un commentaire de Pierre Dumayet sur l'oeuvre de Kafka et la communication en générale. Ses propos sont assez excessifs (et très pessimistes) et le ton radical mais il y a quelques vérités là-dedans :
Pourquoi Kafka me touche ? Comment dire ? Son désespoir est vrai. C'est un maître du quotidien. Ce qui se passe dans le Château, ça ressemble tellement à la vie ! Il y a des gens. Ceux qui vous écoutent ne sont au courant de rien, en général. Ceux qui ne vous écoutent pas sont relativement plus concernés. Et finalement tout le monde vous raconte des conneries. Ce qu'il nous dit, Kafka, ce n'est pas qu'on se trompe d'interlocuteur, ce n'est pas ça. On se trompe sur l'idée même de communication. On y croit, et l'on a tort. Elle a été conçue pour n'être jamais au rendez-vous. Le principe de communication, c'est comme Dieu : muet, toujours absent. Si ça existait, ça se saurait, depuis le temps. On nous englue dans la parlote, pour qu'on ait moins de peine. L'idée même que quelque chose irait mieux sous prétexte qu'on peut en parler à quelqu'un est une idée qui me donne envie de vomir et, à ce que je vois dans tous ses textes, Kafka est bien de mon avis, si j'ose dire. Les choses ne sont pas faites pour s'arranger, ceux qui veulent nous faire croire le contraire nous mentent : voilà ce que ne cesse de dire Kafka le prophète à notre monde entièrement pourri par la consolation. Il a prophétisé notre banalité. Il était plus près de Freud qu'on ne l'est aujourd'hui mais il a su entrevoir la "psy" d'aujourd'hui, cette avalanche de bons sentiments visqueux qui nous étouffe, qui se répand partout pour nous étouffer. Tout se passe comme si tout le monde voulait consoler tout le monde, à chaque moment. Une consolation gigantesque, des Niagara de consolation, évidemment assortis de la plus sauvage indifférence, mais qui se déversent comme des cataractes à travers les mots. Nous sommes tous sommés de devenir chaque jour les sujets de l'indulgence. Eh bien, moi, j'estime qu'en lisant Kafka, on est infiniment mieux informé sur cette réalité-là, et mieux armé pour y faire face, qu'en lisant le meilleur article critique de la revue la plus crairvoyante et la plus documentée. Je crois que Kafka a inventé cela : une façon de voir les gens qui est vraie. Sa vision est inquiétante, oui, mais je crois qu'il y a tout à fait lieu d'être inquiet. |
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