Les hotes de l'hiver continuent à défiler devant ma maison. Autour du pin parasol et dessus...
Le pin parasol, c'est pour ainsi dire le self du coin pour les oiseaux.
Mésanges et rouge gorge à tous les étages. Le rouge gorge, je vous l'ai dit, c'est le gardien, et en fin de journée, le travail fini, il prend son bain, comme tout un chacun...
Je pourrais vous parler des petits nouveaux : un couple de bruants zizi.
Le male, a comme un passe montagne sur la tete et il me fait penser au Sous commandant Marcos. Ou à un bandit calabrais.
Il y a aussi un verdier solitaire aux ailes soulignées de jaune. Et puis une grive musicienne. Méfiante, celle là. Faute de merles...
Mais je voulais vous parler de la cheveche d'Athéna qui niche prés de chez moi et me rend visite pour chasser.
C'est une petite chouette grise et blanche qui me donne l'impression
d'etre là depuis toujours.
Je ne sais pas pourquoi cet oiseau donne une impression d'éternité. A cause de son nom peut etre...
Je l'ai toujours trouvée excentrique, parcequ'elle erre souvent en plein jour
et chasse à la lumière du soleil.
Elle a peut etre cassé son horloge biologique... Ou alors, elle cherche à se reconvertir. Peut etre a t'elle entendu les messages de l'autre là -Bling Bling- Travailler plus pour bouffer plus...
En tout cas, c'est une chouette insomniaque, et je la plains en me disant
qu'elle ignore le plaisir du sommeil. Tout comme moi !
Voulant en savoir plus sur elle, je l'ai observée à la jumelle. Mais elle n'aime
pas ça du tout... Elle me fixe d'un air sévère et me fait les gros yeux.
Parfois, elle s'envole en grommelant d'indignation.
Reveche la cheveche ? Allez, c'est pour rire !
Je l'ai vue souvent se poster pour chasser, sur le toit de ma maison ou sur un arbre
qu'elle a choisi, toujours le meme.
Je ne voudrais pas apporter une fausse note, mais la cheveche, comme tous les oiseaux de nuit, sont menacés de disparition. Destruction de
leurs lieux d'habitat et raréfaction des animaux qu'elle chasse.
Il faudra que je parle un jour de cette fatalité suicidaire qu'ont les humains
de scier la branche sur laquelle ils étaient pourtant bien assis.
Après les abeilles, les humains ?
