un sousmarin sous la "vague bleue" :?:
je ne sais pas si je vais vraiment apporter des éléments de réponses à tes questions (j'en doute) mais ça m'interpelle moi aussi... et ça mérite réflexion. Comme point de départ je vais utiliser ma situation (professionnelle). Je suis donc employé (à l'échelle locale) dans une grosse SSII : dimension internationale, gros objectif et ainsi de suite... le genre de boite où l'embauche nous transforme en ingénieur/cadre plus facile à vendre. Toujours est il que dans cette entreprise le grand chef et fondateur est toujours actionnaire majoritaire et maintien sa marque. Chez nous point de cooptation à tout va, à la rigueur un resto mais pas de prime démesurée : nous ne sommes pas des chasseurs de têtes. Par ailleurs la politique est plus à l'augmentation globale des salariés plutôt qu'à la forte augmentation de ceux qui sont sur des projets qui marchent... effectivement il y en a qui font des efforts et des prouesses sur des projets qui ne marchent pas !
Nous restons une grosse SSII et en même temps nous sommes gérés de façon locale... certains se posent des questions sur leur investissement personnel perdus entre leur habitude et le doute... passé quelques années la stagnation est plus que possible, une histoire de grille...
Tout ça pour dire qu'il y a un principe de fond pas bête malgré des questions dans la pratique...
La reconnaissance du mérite (travail ?) pour motiver (ou ne pas démotiver... ) ... où se trouve le mérite, comment le reconnait on ?
Nous sommes en clientèle, des contacts distants avec notre agence... reste l'avis du client transmis à notre hiérarchie et éventuellement le contact direct avec cette hiérarchie en la personne du commercial (sur la région nous n'avons pas encore de responsable RH...) on va dire que le travail lui même est peu visible à part en négatif quand les relevés d'heures descendent...
Dans ce monde, où les mots "dynamique", "présentation", "décision", "initiative" sont servis à la louche et où les courants d'air sont brassés avec le sourire, on peut parfois sentir un travail qui se fait "sur les autres" ou inexistant (quelle belle trouvaille que le mail "à effet")... personnellement prendre l'ascendant sur un collègue, le tout sans le moindre lien hiérarchique réel ne m'est pas naturel... et ne me semble pas naturel... "on montre ses capacités"... les dents sont longues, on est pressé, on a des projets...
on veut une reconnaissance, matérielle et sociale...
Dans cette optique là je dis que oui ça sent un peu le moisi et c'est malheureusement vrai, palpable (même avec le sourire...), c'est biaisé, factice...
Pourtant dans le fond il y a un besoin, le besoin d'avoir l'impression de faire quelque chose, de pouvoir évoluer. Je crois que ce besoin est réel, c'est le moteur de l'investissement et bon c'est toujours sympa d'entendre qu'on a fait du bon boulot après un petit effort... comme il est bon de se faire corriger (pas démonter...) quand on a un peu loupé son coup...
Comment le choisi-t-on le mérite ? ... peut on systématiquement juger de son propre mérite ? ... peut il être individuel et juste (les critères en étant tellement peu clair...) ? doit il être collectif (mais comment) ?
de cette idée de collectivité on peut déborder et rejoindre ton partage... comment se fait il, par l'impôt qui finance les services, par le don direct, la consommation créant la richesse pour les autres ?
qui montre la voie à choisir et nous force un peu la main le cas échéant, l'état sans doute.
Le ressort du mérite est efficace car naturel, presque instinctif... cependant je me méfie moi aussi de son pelage individualisant ("moi mieux que...") qui devient vite une question de bruit : plus de bruit, plus de raison...
le mérite est une notion individuelle, c'est un sentiment à nous... doit on pour autant juger les autres ? probablement pas... nous travaillons ensemble, nous vivons ensemble... je me considère comme un bel exemple d'esclave des temps modernes et en même temps un bel exemple de type chanceux : je ne me pose pas de question sur la fin de mois tout en étant payé au tarif plancher de ma boite...
je l'avoue... je fatigue, je m'énerve... j'ai besoin du mérite !
et je suis content de payer des impôts, je me donne bonne conscience par le don (qui n'en est peut être plus réellement un du coup...)...
je tourne en rond, je crois donc je m'arrête... oui c'est normal de saturer du brassé d'air où on pointe du doigt ceux qui ont moins d'air à brasser... le mérite est peut être individuelle, la réussite me donne l'impression de très vite être quelque chose de collectif (et la richesse (ou le manger) si ça peut servir à compter une réussite élémentaire (une forme de survie) ce n'est pas une unité de mesure pour le mérite... )
ça fait du bien de radoter dites donc

(j'ai du zappé des liens logiques dans tout ça... sorry

)
_________________
Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore...