. . Je me suis plu à juxtaposer (ou juxtopposer ?) Sade et Tagore sur le sujet de la loi et des passions.
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Sade, dans le cinquième dialogue de la Philosophie dans le boudoir : [...] la loi qui attente à la vie d'un homme est impraticable, injuste, inadmissible. Ce n'est pas, ainsi que je le dirai tout à l'heure, qu'il n'y ait une infinité de cas où, sans outrager la nature (et c'est ce que je démontrerai), les hommes n'aient reçu de cette mère commune l'entière liberté d'attenter à la vie les uns des autres, mais c'est qu'il est impossible que la loi puisse obtenir le même privilège, parce que la loi, froide par elle-même, ne saurait être accessible aux passions, qui peuvent légitimer dans l'homme la cruelle action du meurtre ; l'homme reçoit de la nature des impressions qui peuvent lui faire pardonner cette action, et la loi, au contraire, toujours en opposition à la nature et ne recevant rien d'elle, ne peut être autorisée à se permettre les mêmes écarts : n'ayant pas les mêmes motifs il est impossible qu'elle ait les mêmes droits.
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Tagore, dans la nouvelle Nuage et soleil : La colère faisait bouillir le sang de Sashibhusan dans ses veines. La loi est très lente à agir, comme une machine de fer immense et compliquée, elle accepte les preuves après les avoir pesées et inflige la punition avec calme, elle ne possède pas la chaleur d'un coeur humain. Mais pour Sashibhusan il apparaissait que séparer la nourriture de la faim, le désir de la jouissance, la colère de la punition, était également anormal : il y a beaucoup de crimes qui exigeraient une punition immédiate de la propre main du témoin, aussitôt qu'il en a été le spectateur, autrement son coeur est dévoré au-dedans par l'injustice.