Cet échange,
Queenie et
sousmarin... Mais tout l'échange de ces réflexions sur la poésie est vraiment pertinent et plus encore, excitant !
Je n'ai pas le
Pouvoir de la Conciliation, je ne suis pas la
Puissante Médiatrice (j'aimerais bien cela dit) mais pour mettre ici mon grain de sel de poussine, j'ai le sentiment que les participants ont raison, toujours plus raison l'un que l'autre, raison
à qui mieux mieux je ne plaisante pas !
. Sousmarin s'inquiète du danger d'une poésie qui ne vaudrait que pour son auteur, sans partage avec les autres. Serait-ce de la poésie ?
La poésie qui n'est, après tout, que tentative de communion résumait Valéry tout au bout de sa vie, lui qui en avait proposé des analyses si variées si surprenantes… Communion avec… les lecteurs, les auditeurs ? ou avec l’émotion que ses propres écrits donnent à l’auteur seul ? Si monsieur Un Tel est ému par son propre travail, pourquoi n’y aurait-il pas dans ce cas
poésie ? (A creuser… !!!)
. Queenie s’inquiète de l’exigence de précision de sousmarin, qui peut-être s’oppose à
l’impact des sons sur notre chair comme s’opposeraient esprit de finesse, esprit de géométrie (pardon de simplifier, de réduire les propos à outrance – j’ai honte ! mais si je devais être exhaustive je passerais ma vie à cliquer sur
citer pour chaque ligne d’intervention dans tout ce sujet)…
Mais pourquoi pas la recherche transitive de l’un par l’autre… (A creuser… !!!
bis)
La poésie est tout ce qu’on veut.La poésie est tout ce qu’on veut, je me permets de répéter - pas pour enfoncer le clou, mais parce que je ne sais pas comment est perçue cette phrase ; exemples :
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La poésie est tout ce qu’on veut… Cette sorte de construction élémentaire (sujet verbe complément) peut être lue mangée zappée en
prose parce qu’on en a saisi instantanément le sens : La poésie est partout, la poésie est tout ce qu’on veut, paysage, sourire de vieillard, décoration d’une boîte de pop corn, ligne d’une Lamborghini, tremblement de terre, agencement de mots sur un papier, limite… tout et rien, poésie en tout et partout donc précisément... nulle part (comme Dieu).
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La poésie est tout ce qu’on veut. Cette sorte de construction élémentaire peut être lue et
pesée en poésie parce qu'on en a reçu le choc : La poésie est tout =
La poésie est tout, l’objet total et absolu / ce qu’on veut =
le vouloir ou le désir des hommes. La poésie est tout ce qu’on veut, limite c’est un jingle publicitaire ( = MacDo c’est tout ce que j’aime !)
Mais le côté « puits sans fond » de toute question relative à la nature de la poésie me semble venir du mot lui-même,
poésie, parce qu’il ne revêt que du vide et du vague, un concept sans corps, une notion si générale qu’elle en est désincarnée. Toute dispute sur ce qu’est ou n’est pas la « poésie » reposant sur de l’instable, affirmations contestations dénégations et convictions sur le sujet se renvoient infiniment leur image creuse tels des miroirs parallèles. Les idées se mesurent, s’opposent ou se confortent sur un objet virtuel comme – métastatique, vivant du bruit qu’on fait sur lui.
« Le karaté c’est pas efficace » s’est entendu dire une prof de philo amie. Elle a répondu que « le karaté étant une abstraction, il était difficile de parler d’efficacité à son propos, mis à part celle d’échauffer les esprits. » (Je me dis moi que c’est exactement comme en poésie… Quantité de ceintures jaunes (poussins !) puis une poignée de Dominique Valéra à ne pas trop titiller sur l’efficacité…) (Oui aussi parce que Valéry-Valéra c’est un peu le même bonhomme, puis le bruit ça fait un peu poème de Michaux)
En remontant tout ce fil j’ai vu que Coline s’étonnait – légitimement - d’une question d’Anne mais ce qui m’a étonnée moi, c’est que Anne semble jouer sur sa flûte le petit air qui fait tourner le manège…
Dis donc Anne ! Je me demande étant donné l’enchaînement de tes questions, si tu n’a pas lancé le sujet
Réflexions sur la poésie parce que tu avais un devoir de français à rendre et que tu séchais un peu ? Alors ?... Tu dis à elena ?
C’est pas pour te disputer ! J’aurais fait pareil au lycée.
Voici justement des notes demandées à la prof de philo (par un élève en français il y a six mois - pas un élève à elle... Mais comme nous aimons bien tous échanger sur la poésie il lui a dit : "
tiens un sujet pour toi ! ") (En fait il voulait qu’elle lui fasse son devoir. Mais elle n'a rien rédigé !)
Le sujet intéresse ces pages du forum je crois ?
"En quoi le poète est-il - ou non - un voyant ? " Des choses se rapportent à la discussion engagée entre plusieurs, mais elle ratisse un peu large alors c'est long, je vous les livre telles quelles, en copié-collé :
De G. (prof de philo) à JB élève de français -
En quoi le poète est-il - ou non - un "voyant" ?. quelques extraits (notes correspondance ou articles) puis des réflexions instantanées.
. Si tu penses que cela peut illustrer ou enrichir ta tapisserie…
. A toi d'intégrer le matériau La greffe n'est forcément pas easy… Je note comme →ʘ (important) ce qui n'est peut-être important que pour moi, bref, tu as compris)
" en quoi le poète est-il (ou non) un voyant ? "
J-B, ton intro m'a semblé très bonne. Voici ce qui me vient, regarde seulement si tu as oublié des trucs intéressants :
1 - DEFINITION DU POETE(Là je suis obligée de borner à : Culture occidentale européenne)
- Poète, le poieîn grec : le faire (je dis moi : la façon, la manière, le métier, la technique…)
ποιητής poète « auteur, créateur; fabricant, artisan; qui compose des vers, par extension qui compose des ouvrages de prose, des discours, de la musique, etc.
(Au XVIIe siècle Boileau – le législateur de l'art des vers classiques « Grand Siècle ! » - appelle poème… tout roman.)
On parle encore, en peinture, de « poésie muette »…
- En 2008… Un Français contemporain peut-il se faire une idée précise de ce qu'est un poète ?... « Celui qui fait de la poésie » bien sûr…
Mais…, qu'est-ce alors que la poésie, quel(s) poète(s) la représente(nt) le plus fondamentalement ?
→Aïe aïe aïe ! Variété, diversité totale des œuvres et des auteurs :
. Figures officielles imposantes (Hugo – puissance des transports romantiques…), référentielles (Racine – maîtrise de l'élégance rhétorique…), plaisantes (La Fontaine…)
. « Poésie en prose » - abolition de la distinction de M. Jourdain « tout ce qui est vers n'est point prose » etc. : poètes en prose XVIIIe s. Evariste Parny, XIXe s. Aloysius Bertrand,
. Figures exotiques : depuis les poètes étrangers composant en français (Rilke) jusqu'aux traducteurs des poètes de l'Orient, de l'Extrême-Orient…
→ʘ Au XXe siècle le mouvement SURREALISTE privilégie d'autres FIGURES du POETE(cela me semble important car résumant les idées les plus actuellement répandues au sujet du poète et de la poésie – puis ça va étayer les histoires de voyants) :
Le Surréalisme privilégie
- les figures dont autant que l'œuvre, l'exemple de la vie heurtée cristallise l'aspiration à briser les routines socioculturelles (Villon, Lautréamont, Verlaine, Rimbaud…)
Cette vision surréaliste influence des générations de poètes jusqu'à nos jours : poètes bourlingueurs, poètes junkies (Cendrars, Kerouac – la dérive, l'anomie, conséquences de l'angoisse de « la présence au monde »)…
→ʘ- déplacement de la recherche poétique à la recherche d'états de conscience modifiés, - « dérèglement de tous les sens » rimbaldien, consommation d'hallucinogènes (Baudelaire, Artaud, Michaux…) censée ouvrir les yeux de l'esprit sur des visions autres, d'un réel invisible)
DANS L'ECRITURE le Surréalisme prône- Le rejet des formes fixes (alexandrin…, lois du nombre ou de la rime…) va de pair avec le rejet du conformisme socioculturel, remise en cause accentuée par la confrontation littéraire à l'exotisme des textes traduits
- L'image littéraire, visuelle (celle portée par la signification des mots) prend le pas sur toute considération d'exploration des sonorités de la langue – renversant par là-même la plus antique frontière poésie-prose (l'antique rapport poésie-musique est aboli)
«
N'oublions pas que nous sommes contre la musique. La musique est notre ennemie » (André Breton)
- L'exotisme métaphorique, l'éloignement des formes logiques admises (le délire verbal même) sont les premiers critères de la dimension poétique d'un texte littéraire
http://theatreartproject.com