Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Alain Mabanckou

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Queenie
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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Dim 15 Juil 2007 - 8:57

superbe écriture !!!! je suis conquise et je l'ajoute directe dans ma LAL ! (pinèz', encore un de plus :| )
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animal
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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Dim 26 Aoû 2007 - 12:17

refermé Verre Cassé.

lecture agréable et attachante. attachante comme Verre Cassé le narrateur qui nous livre dans son cahier, son monde, une galerie de personnage cassés, raccrochés à leurs histoire... et ils se peint lui même, un peu pareil, un peu perdu et dérivant sur la bouteille...

le ton est un peu moqueur, un regard amusé sur... les morceaux de soi qu'on peut fabriquer pour s'y accrocher, dans les histoires tristes en fait. Mais on s'amuse, on sourit.

N'empêche c'est étrange, un drôle de voyage aux pays des épaves... ça fait semblant de juger peut être des fois ?

en tout cas : merci pour la découverte Cool

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Marie
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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Dim 26 Aoû 2007 - 18:43

Et as tu remarqué le nombre d'oeuvres de la littérature- c'est un jeu..- dont il a parsemé son texte?
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animal
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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Dim 26 Aoû 2007 - 18:47

je suppose que j'en ai raté un paquet mais oui ! c'est génial cette construction d'expression à partir de morceaux comme ça, et encore mieux il les réutilise, ça devient des vrais morceaux de langages cat

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Queenie
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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Dim 16 Sep 2007 - 11:21

un très beau voyage avec ce Verre Cassé. Triste et mélancolique, drôle et attachant, cynique et exubérant. Les "épaves" du Crédit a voyagé sont toutes terribles, avec des histoires rocambolesques et tragiques.
comment des hommes en viennent à fréquenter un bar des journées et des nuits entières, quelles sombres histoires se cassent derrière leurs jeux de "qui pisse le plus longtemps" ? C'est ce que Mabanckou nous fait découvrir.

Avec une écriture très proche de l'oralité. c'est un texte qu'on peut facilement se retrouver à lire à haute voix, et même parfois, avec l'accent africain, tant les phrases font ressortir une musicalité propre à ce phrasé.

j'ai vraiment beaucoup apprécié cet ouvrage. Et je crois qu'il y a, en effet (comme le fait remarquer Animal), un petit jugement sur ces hommes et femmes en perdition, mais un jugement qui permet surtout au narrateur de se rendre compte qu'il est dans un gouffre, une colère contre les autres qui lui ressemblent tant finalement, la peur de se découvrir lui-même, complètement paumé.

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Queenie
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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Dim 16 Sep 2007 - 11:34

Citation:
Les jours passent vite alors qu'on aurait pu croire le contraire lorsqu'on est là, assis, à attendre je ne sais quoi, à boire et à boire encore jusqu'à devenir le prisonnier des vertiges, à voir la Terre tourner autour d'elle-même et du Soleil même si je n'ai jamais cru à ces théories de merde que je répétais à mes élèves lorsque j'étais encore un homme pareil aux autres, faut vraiment être un illuminé pour débiter des énormités de ce genre parce que moi, à vrai dire, quand je bois mon pot, quand je suis assis peinard à l'entrée du Crédit a voyagé, je ne réalise pas que la Terre que je vois là puisse être ronde, qu'elle puisse s'amuser à tourner autour d'elle-même et autour du Soleil comme si elle n'avait rien d'autre à foutre que de se causer des vertiges d'avion en papier, qu'on me démontre donc à quel moment elle arrive à tourner autour du Soleil, faut être réaliste, voyons, ne nous laissons pas embobiner par ces penseurs qui devaient se raser à l'aide d'un vulgaire silex ou d'une pierre maladroitement taillée pendant que les plus modernes d'entre eux utilisaient de la pierre polie, en fait, grosso modo, si je devais analyser tout ça de très près, je dirais qu'on distinguait jadis deux grandes catégories de penseurs, d'un côté y avait ceux qui pétaient dans les baignoires pour crier à plusieurs reprises "j'ai trouvé, j'ai trouvé", mais qu'est-ce quon en a à foutre qu'ils aient trouvé, ils n'avaient qu'à garder leur découverte pour eux, moi j'ai eu à m'immerger quelquefois dans la rivière Tchinouka qui a emporté ma pauvre mère, je n'ai rien trouvé de spectaculaire dans ces eaux grises où tout corps qu'on y plonge ne subit même pas la fameuse poussée verticale de bas en haut, c'est d'ailleurs pour cela que toute la merde de notre quartier Trois-Cents est tapie au fond des eaux, qu'on me dise alors comment cette merde arrive à échapper à la poussée d'Archimède, et puis y avait la deuxième grande catégorie d'illuminés qui n'étaient que des oisifs, de vrais fainéants, ils étaient toujours assis sous un pommier du coin et attendaient de recevoir des pommes sur la tête pour une histoire d'attraction ou de pesanteur, moi je suis contre ces idées reçues, et je dis que la Terre est plate comme l'avenue de l'Indépendance qui passe devant Le Crédit a voyagé, y a rien à rajouter, je proclame que la Terre est tristement immobile, que c'est le Soleil qui s'excite autour de nous parce que je le vois moi-même parader au-dessus de la toiture de mon bar préféré, qu'on ne me raconte pas d'histoires à dormir debout, et le premier qui vient encore m'expliquer que la Terre est ronde, qu'elle tourne autour d'elle-même et autour du Soleil, celui-là je le décapite sur-le-champ même s'il s'écrie "et pourtant elle tourne"

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Steven
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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Sam 22 Déc 2007 - 20:51

Mémoires de porc-épic est un livre où les majuscules et les points sont absents. C'est la première chose qui a frappé mon attention lorsque j'ai ouvert le livre... J'étais assez surpris, pour ne pas dire plus... Puis au fil de l'histoire (très bien écrite par ailleurs) j'ai compris que cet effet de style convenait parfaitement à ce roman : les mémoires sous formes de confidences faites à un baobab d'un double nuisible d'un être humain ; un double nuisible dont la principale activité est de manger les humains qui déplaisent à son maître Kibandi.
Un double nuisible qui est prostré dans les racines d'un baobab, se délivrant par ses confidences des poids qu'il a sur la conscience... Kibandi est mort et le porc-épic ne sait pas combien de temps il va pouvoir lui survivre. Il veut tout dire avant de disparaître, d'où l'urgence, d'où l'absence de point... Et le livre se lit dans une sorte d'état proche de l'état d'urgence. J'ai été assez captivé par ce récit. Et les aphorismes qu'énonce le porc épic, soit à travers le vieux porc épic qui les gouvernait...
Citation:
l'intelligence est une graine qu'il faut arroser afin de la voir s'épanouir un jour, devenir un arbre fruitier bien enraciné....

Ce sont tous des crétins, être des hommes est leur dernier argument, or ce n'est pas parce que la mouche vole que cela fera d'elle un oiseau...

soit dans sa propre bouche comme lorsqu'il parle au baobab qui l'abrite :
Citation:
je veux en fait tirer profit de ton expéreince d'ancêtre, il n'y a qu'à voir les rides qui s'entremêlent autour de ton tronc pour comprendre comment tu as su jongler avec l'alternance des saisons, mêmes tes racines se prolongent très loin dans le ventre de la terre, et, de temps à autre, tu remues tes branches pour imposer une direction au vent, rappeler à la nature que seul le silence permet de vivre aussi longtemps...
sont autant de petites perles de bonheur laché par l'auteur. Le corps de l'histoire m'a donc bien emballé... La fin m'a paru plus embrouillé, moins fluide ; l'épsode de la disparition de Kimandi doit trouver ses sources dans les légendes ou dans le folklore africain et n'est pas très clair ni très expliqué par l'auteur...

Citation:
Kibandi vivait alors à Mossaka, une région d'eau, d'arbres géants, de crocodiles et de tortues grosses comme des montagnes.

_________________
Le jour où les terriens prendront figure humaine, j'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène.

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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Lun 8 Juin 2009 - 18:49



Après Verre cassé et Mémoires d’un porc-épic où l’auteur décrivait son Congo natal avec une délicieuse verve caustique, Mabanckou se plonge dans le Paris noir avec le même talent pour portraiturer des personnages plus excentriques que nature. Le héros, Fessologue, ainsi nommé pour son expertise de la face B des femmes, ne se remet pas du départ de sa chère Couleur d’origine. A travers ce dandy désemparé et un aréopage d’amis, noirs de peau et philosophes dans l’âme, Mabanckou évoque la communauté black parisienne (dite la "négraille") dans ses aspects bonhommes mais aussi racistes tendance flamboyant. Black bazar est un roman politiquement très incorrect, farci de trouvailles stylistiques et de bons mots (les Kabyles téléphoniques) qui s’avale comme un café noir, très corsé.

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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Mar 18 Aoû 2009 - 20:38

Je n'ai pas été très sensible à Mémoires de porc-épic . Je l'ai fini quand même.

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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Mar 18 Aoû 2009 - 20:41

Ah Moniletto, tu as toujours les mots qu'il faut pour motiver les troupes Laughing
Ceci dit, je l'ai depuis des mois dans ma PAL et un je ne sais quoi m'empêche de le lire... j'ai l'impression que je serai déçue, c'est bête comme préjugé mais en attendant, je n'arrive pas à dépasser mon a priori jemetate

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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Mar 18 Aoû 2009 - 20:44

Que veux-tu, Senti, cette forme d'humour ne m'a pas beaucoup touché.

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MessageSujet: Re: Alain Mabanckou   Mar 18 Aoû 2009 - 20:55

Oui oui, je comprends... faut juste que je me fasse ma propre idée mais il y a tellement d'autres romans qui me tentent avant celui-là jypeurien

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