Ce que tu dis Cachemire, sur la trilogie de Mohamed Dib est très intéressent.
Dans les manuels scolaires des années précédentes, on avait vu plusieurs fois des extraits de cette trilogie qu’on étudiait passionnément, bien que c’était traduit en arabe, le texte gardait tout son charme, et nous faisait découvrir le style de cet écrivain algérien, qui vacille entre naturalisme et impressionnisme. Les personnages chez lui sont parfois d’une rudesse de caractère tout à fait frappante, et parfois d’une naïveté trop crédule; il jouait sur les contrastes pour former le statut de ses personnages.
Deux générations différentes, gens de la ville, gens de la compagne, d’où le ressort de diverses idéologies, à l’égard de la guerre, de la misère, de la situation politico sociale. A tout cela s’ajoutent la peur, la méfiance, la crainte, qui s’opposent à un zèle nouveau, celui de se dégager justement de ce cadre de vie docile à la terreur.
Les uns qui se soumettent, d’autres qui se révoltent. Entre ceux-ci il y a ceux qui sont tout à fait ignorant, ou encore d’autres dont l’instinct leur dicte de réagir et changer l’ordre des choses. Tant d’oppositions qui excitent le lecteur et le font pénétrer dans une sorte de spirale, où rien n’est éclair, rien n’est explicite ni clairement dévoilé. Le narrateur s’efface et laisse débattre ses personnages.
Je me suis dite tant de fois que je devrai lire cette trilogie en langue française, telle qu’elle a été écrite ; mais je ne l’ai pas encore trouvé disponible aux librairies !
Omar symbolise parfaitement cette génération nouvelle qui n’admet pas des idées tout bêtement imprégnées. Elle veut comprendre, elle veut savoir, être au courante de ce qui se passe, pour enfin réagir. C’est une génération qui prend les risques, car elle connaît la misère dans ses grandes lignes « la brume de la faim, quand elle se déchire, éclaire le monde d’un éclat insoutenable ».
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La trilogie Algérienne, se veut donc une fresque, une vision d’ensemble de la société algérienne, de son évolution entre 1939-1942.
Omar symbolise l’instinct irréductible de liberté, de révolte, en même temps que la prise de conscience, parce que ce petit garçon du peuple a des forces neuves, encore intactes, et un esprit logique, dégagé des superstitions par le passage à l’école française » Jacqueline Arnaud. La littérature maghrébine d’expression française.
Tome I : Origines et perspectives.