
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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traversay Sage de la littérature

Messages: 1760 Inscription le: 03/06/2009 Age: 51 Localisation: Vers l'aine, rein beau.
 | |  | | traversay Sage de la littérature

Messages: 1760 Inscription le: 03/06/2009 Age: 51 Localisation: Vers l'aine, rein beau.
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Lun 31 Aoû 2009 - 16:25 | |
| Après le provocant Babyji, le roman de Abha Dawesar, Dernier été à Paris, marque un bond en avant dans son ambition et tout simplement la naissance d'un grand écrivain. Cette délicieuse et pudique histoire sentimentale entre un prix Nobel de 65 ans et une jeune fille de 25 est sensuelle et déliée, riche en péripéties inattendues et délicates. C'est aussi un bel hommage à la ville lumière. | Citation: | Il était improbable que Prem Rustum, soixante-quinze ans, Prix Nobel de littérature épuisé et reclus, rencontre sur Internet Maya, vibrante romancière en herbe. Plus improbable encore qu’il la suive à Paris. Pourtant, au cours d’un lent et sensuel été, en une séduction sinueuse électrisée par une passion commune pour l’art, Paris et la gastronomie française, les deux écrivains explorent plaisir et créativité. L’occasion pour Prem de redécouvrir des sensations qu’il croyait à jamais perdues et de se confronter aux ombres de ses amours passées.
Piquant et spirituel, Dernier été à Paris conjugue sexe et sagesse dans une imparable leçon esthétique. |
 _________________ Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entend le mot "pipe" et pense à Magritte.
Alan Patrick Herbert
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|  | | traversay Sage de la littérature

Messages: 1760 Inscription le: 03/06/2009 Age: 51 Localisation: Vers l'aine, rein beau.
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Mer 2 Sep 2009 - 18:41 | |
|  | Citation: | | De sa chambre, coincée entre les cabinets de ses parents médecins, avec les microbes et les bactéries pour compagnons de jeux, un petit garçon ausculte son entourage. Observateur discret, il capte l’imposture ambiante, perçoit la violence qui vérole le système. Ses oncles et tantes cupides qui complotent pour détourner l’héritage du grand-père constituent ses sujets d’étude. Puis la télévision lui offre le spectacle de l’avidité des puissants. Ici, on vole un rein, là on occulte un virus. Quand on assassine Miss Shampoing, pin-up qui affole les populations, le gamin noircit encore le diagnostic. |
Abha Dawesar est une romancière insaisissable. Babyji a choqué la (bien pensante) société indienne avec son portrait d'une Lolita moderne et délurée, Un été à Paris a charmé par son romantisme délicat et, aujourd'hui, L'Inde en héritage (le titre original Family values est plus explicite) décrit avec réalisme et cynisme un pays ravagé par des maux permanents : violence, corruption, misère, intolérance, obscurantisme...De façon subtile, Abha Dawesar raconte le quotidien d'une famille à travers les yeux d'un enfant, fils de médecin, le plus souvent cloîtré dans sa chambre, qui observe, analyse et dissèque son dysfonctionnement et ses turpitudes, symboliques de la marche erratique du pays tout entier. Le constat est sans concession servi par une plume noire qui donne un rythme haletant et dramatique au roman. Le lecteur souffle, de temps en temps, au gré d'épisodes burlesques mais les pauses sont rares dans ce livre corsé et riche en arômes, comme un bon arabica.
Extrait d'une interview de Abha Dawesar :
| Citation: | | Je ne saurais vous définir mon style. Je fais partie de ces écrivains dont le point de vue littéraire se termine là où le romancier arrête d'écrire et où l'auteur commence à parler. Lorsque je pense à ce livre, c'est en noir et blanc et aussi en gris. Je suis également artiste visuelle et tout le temps qu'a duré l'écriture de ce roman, ma production artistique et ma vision du monde avaient adopté cette même palette de couleurs. Dans ce livre, il y a tellement de détails en rapport avec l'ouïe et l'odorat, souvent pour évoquer le corps, qu'utiliser une façon schématique de nommer les personnages déséquilibrerait le récit. Je n'ai pas décidé de le faire, c'est tout simplement comme cela que j'ai écrit depuis le début. Je pense que lire le même livre avec des noms, notamment dans les scènes situées dans le cabinet médical, changerait complètement le ton. La vérité, c'est que quand j'étais petite, je pensais aux adultes de cette façon. Et je sais que beaucoup d'enfants font de même. Mon grand-père avait deux amis chauves qui lui rendaient visite de temps à autre. Moi, je parlais d'eux en disant «le Chauve Blanc» et «le Chauve Noir». Tous les deux étaient indiens, bien sûr, mais l'un des deux avait la peau légèrement plus claire que l'autre. Dès qu'ils arrivaient à la maison, je courais auprès de ma grand-mère pour lui dire lequel était là afin qu'elle puisse lui amener le bon thé et les bons en-cas car l'un deux était diabétique et ne mangeait que du salé. |
_________________ Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entend le mot "pipe" et pense à Magritte.
Alan Patrick Herbert
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|  | | Nathria Sage de la littérature

Messages: 1889 Inscription le: 18/06/2008 Age: 42 Localisation: Nord (France)
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Mer 2 Sep 2009 - 18:58 | |
| Je n'ai jamais lu cet écrivain, ton résumé me donne envie. Est-ce que son écriture est proche de celle de Talisma Nasreen? _________________ Définir, c'est limiter. (O.Wilde)
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|  | | traversay Sage de la littérature

Messages: 1760 Inscription le: 03/06/2009 Age: 51 Localisation: Vers l'aine, rein beau.
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Mer 2 Sep 2009 - 19:15 | |
| | Nathria a écrit: | | Je n'ai jamais lu cet écrivain, ton résumé me donne envie. Est-ce que son écriture est proche de celle de Talisma Nasreen? |
Je n'ai pas lu Talisma Nasreen depuis longtemps mais elle a, si je ne m'abuse, un style fluide que l'on retrouve dans ce roman. Ce qui est étonnant dans la (courte) bibliographie de Dawesar, c'est son changement de registre à chaque livre. Mon préféré reste Un été à Paris, ce doit être mon côté midinette mais cette histoire d'amour entre un vieillard revenu de tout et une jeune femme ingénue est absolument magnifique et jamais mièvre. _________________ Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entend le mot "pipe" et pense à Magritte.
Alan Patrick Herbert
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|  | | kathel Envolée postale

Messages: 254 Inscription le: 16/01/2008 Age: 51 Localisation: Lyon
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Mer 2 Sep 2009 - 19:19 | |
| Une auteur indienne que j'ai bien envie de découvrir ! |
|  | | Nathria Sage de la littérature

Messages: 1889 Inscription le: 18/06/2008 Age: 42 Localisation: Nord (France)
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Jeu 3 Sep 2009 - 5:49 | |
| Je note le nom, je vais voir cela de plus près... _________________ Définir, c'est limiter. (O.Wilde)
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|  | | domreader Agilité postale

Messages: 982 Inscription le: 19/06/2007 Age: 50 Localisation: Ile de France
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Jeu 3 Sep 2009 - 8:32 | |
| Oui, oui les deux romans sont très tentants. En ce moment j'ai soif de littérature indienne. _________________ 'La croissance n'est qu'une appellation politiquement correcte pour désigner la cupidité', Arni Thorarinsson, Le Dresseur d'Insectes, 2007.
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|  | | Nathria Sage de la littérature

Messages: 1889 Inscription le: 18/06/2008 Age: 42 Localisation: Nord (France)
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Ven 4 Sep 2009 - 20:15 | |
| | traversay a écrit: | | Je n'ai pas lu Talisma Nasreen |
Pardonne-moi, Traversay, en faisant des recherches sur la bibliographie de Dawesar, je me suis rendu compte que je voulais dire l'écriture d' Anita Nair (pour sa sensualité), alors que celle de Talisma Nasreen m'avait marquée pour d'autres raisons, (la thématique notamment)... mea-culpa _________________ Définir, c'est limiter. (O.Wilde)
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|  | | traversay Sage de la littérature

Messages: 1760 Inscription le: 03/06/2009 Age: 51 Localisation: Vers l'aine, rein beau.
 | Sujet: Re: Abha Dawesar [Inde] Ven 4 Sep 2009 - 20:54 | |
| | Nathria a écrit: | | traversay a écrit: | | Je n'ai pas lu Talisma Nasreen |
Pardonne-moi, Traversay, en faisant des recherches sur la bibliographie de Dawesar, je me suis rendu compte que je voulais dire l'écriture d' Anita Nair (pour sa sensualité), alors que celle de Talisma Nasreen m'avait marquée pour d'autres raisons, (la thématique notamment)... mea-culpa |
Sensuel, ce serait plutôt pour le roman précédent et même charnel. Pour L'Inde en héritage, le style est davantage épidermique, c'est à dire sensuel aussi mais sans le désir. Euh, je ne suis pas sûr que ce soit clair. _________________ Un intellectuel, c'est quelqu'un qui entend le mot "pipe" et pense à Magritte.
Alan Patrick Herbert
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|  | | Nathria Sage de la littérature

Messages: 1889 Inscription le: 18/06/2008 Age: 42 Localisation: Nord (France)
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