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 Alain Claude Sulzer [Suisse]

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Marie
Zen littéraire


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MessageSujet: Alain Claude Sulzer [Suisse]   Ven 10 Avr 2009 - 5:12



Alain Claude Sulzer est né en 1953 à Bâle. Ecrivain suisse de langue allemande, il est également traducteur de Julien Green entre autres. Un garçon parfait est son premier roman traduit en français, il a obtenu le prix Médicis étranger en 2008.





traduit de l'allemand par Johannes Honigmann
Editions Jacqueline Chambon

C'est un roman qui met en scène trois personnages que l'on découvre progressivement et un lieu, un palace suisse , comme on l'imagine, luxueux,, calme, au dessus d'un lac.. .

Le narrateur, Ernest, est un garçon parfait. Pas un mot plus haut que l'autre, pas un cheveu qui dépasse, et toujours la bonne attitude adaptée à la clientèle,un juste instinct du désir des clients-le mot désir n'a rien d' anodin - c'est un métier, je dirais même une vocation, et pour ce solitaire, finalement une protection que ce lieu clos qui ne change jamais, même si la clientèle qui y défile va, elle, changer. En effet, en 1935 commencent à arriver pour des séjours prolongés les riches familles juives qui ont senti qu'en Allemagne, ça commençait à sentir le roussi.

Trente ans plus tard, Ernest est resté le même. Extérieurement du moins. Même le jour où il est victime d'une sévère agression homophobe, pas une plainte..
Mais cette agression va l'amener à retrouver le deuxième personnage , un écrivain qui a fui avec sa famille aux Etats Unis , celui qui " il y a désormais trente ans de cela, avait détruit son insignifiante vie ou du moins l'avait rendue encore plus insignifiante qu'elle n'était, de toute façon."
Car il n'est pas parti qu'avec sa famille, cet écrivain. Il a emmené Jacob..
Et Jacob, qu'Ernest a formé à devenir un garçon parfait, était l'amour de sa vie.
En dessous du lisse et des apparences, que de passion et que de douleur et de blessures.
Et trente ans après, au début du roman, Ernest reçoit une lettre de Jacob..

C'est avec une écriture très classique , très étudiée , qu'Alain Claude Sulzer réussit à transmettre l'ambiance de cet hôtel , la réalité historique avec la montée du nazisme , et les relations amoureuses et même passionnelles , les trahisons et les drames. On s'en doutait, mais au fur et à mesure il nous le raconte, Jacob n'était pas tout à fait un garçon parfait..
J'ai beaucoup aimé ce roman qui semble longtemps lisse , et qui se révèle finalement très cruel dans le sort qu'il réserve à tous ses personnages.

Kenavo a lu je crois, d'autres romans de cet écrivain!

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kenavo
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MessageSujet: Re: Alain Claude Sulzer [Suisse]   Ven 10 Avr 2009 - 7:07

Merci pour ce fil Marie et ta très belle présentation de ce livre

Marie a écrit:
Kenavo a lu je crois, d'autres romans de cet écrivain!
oui, en effet, il fait partie de mes auteurs suisse préférés
Et puisqu'on parle de couvertures ces derniers jours, il fait partie de ces auteurs que j'ai découvert à cause d'une couverture:

si la 4e de couverture ne m'aurait pas plu - je n'aurai pas pris, mais elle a joué un rôle Wink

Ce roman a comme contenu une vrai histoire: celle de la chanteuse d'opéra suisse-allemande Anna Sutter qui a été tué par son amant en 1910.
Sulzer se met dans la 'peau' d'Anna (le titre du livre est Le masque d'Anna) et en seulement 116 pages il arrive à faire revivre cette femme

À Stuttgart où elle a été tuée, le sculpteur Karl Donndorf a conçu en 1914 le Puits du Destin – en l’honneur d’Anna Sutter
(au milieu la déesse du destin - d'un côté une allégorie pour la souffrance, de l'autre une pour la joie)


Après cette lecture j’en ai lu encore 3 autres livres de lui – et j’espère que le Prix Médicis pour Un garçon parfait va peut être entrainer d’autres traductions..

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kenavo
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MessageSujet: Re: Alain Claude Sulzer [Suisse]   Sam 29 Aoû 2009 - 17:10

Traduction de ce livre va paraitre le 03/09/09


Privatstunden / Leçons particulières
Citation:
Presentation de l’éditeur:
Avant la chute du communisme, Léo, un étudiant qui a fui un pays de l'Est, est accueilli en Suisse par un couple et s'installe dans leur maison de banlieue. Martha, une mère de famille de trente-quatre ans, accepte de lui donner gracieusement des cours d'allemand. Dans cette langue qu'il maîtrise à peine, il s'entend avouer pour la première fois qu'il a abandonné sa fiancée au pays. Mais cette trahison n'est qu'un début. Alors qu'il est devenu l'amant de son professeur, il prend en secret des cours d'anglais pour pouvoir rejoindre son frère au Canada. Cet amour qui est pour Martha une révélation et qui va bouleverser sa vie n'est pour lui qu'un bonheur fugitif, qui n'a pas de place dans ses rêves d'avenir.
Pour Alain Claude Sulzer, l'amour est inséparable de la trahison, car il y en a toujours un qui aime plus que l'autre. Mais le roman dénonce aussi l'égoïsme inséparable de celui qui émigré. Obnubilé par le but qu'il s'est fixé, il utilise froidement tous ceux qui l'aident sans se préoccuper de leurs sentiments.


kenavo a écrit:
j’espère que le Prix Médicis pour Un garçon parfait va peut être entrainer d’autres traductions..
apparemment cela marche.. Wink
Avec ce livre on a traduit celui qu’il a écrit après Un garçon parfait

Après la lecture je vois dans la présentation de Marie ceci
Citation:
avec une écriture très classique , très étudiée
qu’on peut aussi appliquer pour ce nouveau roman – à mon avis encore en mieux.
L’histoire est plus fluide, les événements coulent plus à l’aise.

Pour moi c’était intéressant de lire ce qu’il en dit sur le fait de vivre dans deux langues, cette approche vers un autre 'univers' à partir de changer de langue – pour devenir aussi un autre ?

J’aime bien les mondes que Alain Claude Sulzer crée dans ses livres, il m’est donc assez difficile d’en parler objectivement.. mais des deux livres qui sont maintenant disponibles de lui en français, je recommanderais celui-ci pour faire connaissance Very Happy

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Ezechielle
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MessageSujet: Re: Alain Claude Sulzer [Suisse]   Sam 29 Aoû 2009 - 19:33

Je vais rarement sur les fils d'auteurs que je ne connais pas, mais voilà, ça arrive quelques fois tout de même Very Happy

Je l'ajoute à ma liste!

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kenavo
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MessageSujet: Re: Alain Claude Sulzer [Suisse]   Sam 29 Aoû 2009 - 20:55

Ezechielle a écrit:
Je vais rarement sur les fils d'auteurs que je ne connais pas, mais voilà, ça arrive quelques fois tout de même Very Happy

Je l'ajoute à ma liste!
et tu as bien fait de te laisser tenter par ce fil Very Happy

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Maline
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MessageSujet: Re: Alain Claude Sulzer [Suisse]   Dim 1 Nov 2009 - 0:43

Parmi mes lectures du mois d’octobre voici un roman de passions à quatre voix, « Leçons particulières » d’Alain Claude Sulzer. Sur fond de guerre froide, l’intrigue coïncide avec la fin des années 60, ces voix sont formées par
celle de Léo, étudiant, refugié en Suisse alémanique,
celle de Martha, jeune mère au foyer, vivant avec son mari et leurs deux enfants dans une villa bourgeoise,
celle d’Andréas, son aîné, un adolescent,
celle d’Olga, la grand-mère de Léo, restée seule dans son village au fin fond d’un pays de l’Europe de l’est.

Martha qui a abandonné son métier d’institutrice à la naissance d’Andréas, après seulement un an d’exercice, se propose de donner des cours bénévoles d’allemand à des refugiés. Léo sera son premier élève. Au fil des leçons, des nouveaux mots assimilés et de la grammaire apprise, il lui raconte sa vie, quotidienne d’abord, remontant dans le passé, évoquant finalement une jeune fille aimée et abandonnée de l’autre côté du rideau de fer. De professeur à élève, leurs rapports changent, pour devenir confidents.

Face à un mari de plus en plus indifférent, Martha brise la camisole d’une vie monotone et fade ; elle et Léo deviennent amants sous le regard involontaire d’Andréas. Mais Léo veut retrouver son frère aîné, émigré quelque temps avant lui et vivant au Canada. Il apprend l’anglais en cachette de son entourage et part le rejoindre.

Pour retarder ce récit et la fin des amours de Martha et Léo, Alain Claude Sulzer intercale des bouts de deux admirables portraits en miniature : la vie du vieux père de Martha dans un home et celle d’Olga possédée par les souvenirs et ne gardant auprès d'elle que ses poules et son chien.

D’une part, c’est une lecture que je ne regrette pas, même si le héros n’est pas un héros, même si Martha le pense parce qu’il est un dissident politique. Et Martha, elle persiste dans sa petite vie bourgeoise, manque le courage de trouver sa vraie voie en commençant par se dégager du manteau étouffant de son mariage. Est-ce une histoire qui schlingue, ou bien raconte-elle simplement la vie telle quelle.

D’autre part, ce roman ne m’a pas vraiment emballé, tout est trop prévisible. Les effets de surprise sont rares et concernent plutôt les caractères secondaires. Pourtant ce petit livre soulève des vraies questions si le lecteur veut bien se donner la peine d’y réfléchir un peu (ce qu’on fait plus volontiers si l’on participe dans un forum sourire ). Comment se fait l’apprentissage d’une langue, d’une culture, d’un nouvel environnement, etc. ? Comment une langue commune peut-elle se scinder et évoluer si les buts divergent ? Bourgeoisie et hypocrisie. Evolution des mœurs et de la volonté des femmes de disposer de leurs vies. Etc., etc.

Un dernier mot, et ce n’est pas le moindre, pour saluer l’excellente traduction de Johannes Honigmann, lui-même fils d’une écrivaine de langue allemande, Barbara Honigmann.
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