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 Blaise Cendrars [Suisse]

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rivela
Agilité postale


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MessageSujet: Blaise Cendrars [Suisse]   Jeu 8 Jan 2009 - 11:23

faut pas oublier Cendrars.



Je le mets dans les Suisses, même si sa place est aussi parmi les Français
vu qu'il a acquit la nationalité Française.
1887
Naissance à La Chaux-de-Fonds, 27, rue de la Paix, de Frédéric-Louis Sauser, le futur Blaise Cendrars.

1894-1896
La famille séjourne à Naples où Freddy fréquente la Scuola Internazionale.

1897
Freddy Sauser fréquente la Untere Realschule de Bâle.

1902
Ecole de Commerce à Neuchâtel.

1905-1907
Séjour à Saint-Pétersbourg, employé par M. Leuba, ressortissant suisse et fabricant d'horlogerie.

1907-1910
Retour en Suisse. Etudes de médecine, puis de lettres à l'Université de Berne.
Rencontre de Féla Poznanska.

1910-1911
Séjour à Paris, à Saint-Pétersbourg, à New York où il rejoint Féla.

1912
A New York: Hic Haec Hoc, premier texte signé Blaise Cendrart (sic). De retour à Paris, il fonde avec Emil Szittya la revue Les Hommes nouveaux et publie son premier grand poème, Les Pâques. Rencontre de Guillaume Apollinaire et de l'avant-garde parisienne.

1913
Parution de La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France, « le premier livre simultané », avec les couleurs simultanées de Sonia Delaunay.
Elaboration du Panama ou les Aventures de mes sept oncles, poème qui ne paraîtra qu'en 1918.

1914-1915
Engagé volontaire dans la Première Guerre mondiale. Epouse Féla avant de partir au front. Perd son bras droit au combat en Champagne, le 28 septembre 1915.

1916
Naturalisé Français. Publication de La guerre au Luxembourg.

1917
Installation à Méréville : été d'intense création (L'Eubage, Moravagine, La Fin du Monde filmée par l'Ange Notre-Dame). Publication de Profond Aujourd'hui.
Rencontre l'actrice Raymone Duchâteau qui sera désormais la compagne de sa vie.

1918
J'ai tué. Codirecteur aux Editions de la Sirène.

1919
Dix-neuf poèmes élastiques. L'ABC du cinéma.

1920-1921
Expériences cinématographiques.

1921
Anthologie nègre.

1923
Sur un livret de Cendrars, les Ballets suédois produisent La Création du monde, musique de Darius Milhaud, décors et costumes de Fernand Léger.

1924
Premier voyage au Brésil. Feuilles de route I, "Le Formose".

1925
L'Or, la merveilleuse histoire du Général Johann August Suter, premier livre à grand succès international.

1926
Moravagine. L'Eubage, aux antipodes de l'Unité.

1929
Le Plan de l'Aiguille et Les Confessions de Dan Yack. Une Nuit dans la forêt, premier fragment d'une autobiographie.

1931
Aujourd'hui (recueil de textes en prose).

1932
Vol à voiles, prochronie.

1935-1938
Divers reportages. Nouvelles : Histoires vraies (1938), La Vie dangereuse (1939).

1939-1940
Correspondant de guerre auprès de l'Armée anglaise.
D'oultremer à indigo (1940).

1943-1949
Années de création intense à Aix-en-Provence. Ecrit quatre volumes qui « sont des Mémoires sans être des Mémoires » : L'Homme foudroyé (1945), La Main coupée (1946), Bourlinguer (1948), Le Lotissement du ciel (1949), qui ont été nommés la « Tétralogie ».
Le 27 octobre 1949, se marie avec Raymone Duchâteau à Sigriswil (Oberland bernois).

1950
Retour à Paris.

1956
Dernière oeuvre, un roman-roman : Emmène-moi au bout du monde!....

1960
Commandeur de la Légion d'honneur, distinction remise par André Malraux.

1961
Grand Prix littéraire de la Ville de Paris.
Blaise Cendrars meurt le 21 janvier 1961.


Dernière édition par Queenie le Lun 10 Aoû 2009 - 10:34, édité 2 fois (Raison : Ajout de la photo de l'auteur.)
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rivela
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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Jeu 8 Jan 2009 - 11:29

Voici l'hallucinant Moravagine.
Si il avait été écris dans les années 60 on pourrai croire que l'auteur était sous acide en écrivant ce livre .
J'ai adoré ce voyage d'un psychopathe à travers l'Europe pour faire la révolution ou tout simplement foutre le bordel c'est à choix
merveilleux souvenir, et merveilleuse lecture.

Moravagine est un livre à part dans l’œuvre de Cendrars. Un livre fou, machiavélique où Cendrars lâche ses fauves. Moravagine, dernier descendant d'une famille royale en exil, incarne la folie et le mal. Son confident raconte son histoire. Moravagine est le double diabolique d’un Cendrars, à la fois acteur et narrateur, qui disait : « On ne peut écrire qu’un livre ou plusieurs fois le même livre. C’est pourquoi tous les beaux livres se ressemblent. Ils sont tous autobiographiques. » Ce livre écrit en 1925 et publié en 1926 est une extraordinaire aventure littéraire dans la veine des grandes œuvres originales qui explorent le thème du Mal. Cendrars avoue avoir porté cet étrange roman pendant vingt ans. L’idée, qui ira jusqu’à l’obsession, lui en était venue en 1907 alors qu’il était étudiant en psychiatrie à Berne. Il prétendra avoir écrit dix-mille pages en une seule nuit, « ma plus belle nuit d'écriture »… Lorsqu’il s’attela à Moravagine, il n’était plus psychiatre mais écrivain. Il avait bourlingué, observé le monde, traqué la tragédie humaine, individuelle ou collective. Là, il se décide enfin à exorciser ses mauvais démons. Grandiose, délirant, déroutant, hallucinant, inclassable Moravagine !
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coline
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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Jeu 8 Jan 2009 - 11:41

J'avais lu L'or, il y a... intense reflexion ...oh... pale si longtemps déjà?... content
Je n'en ai pas vraiment de souvenirs...

_________________
"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)
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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Jeu 8 Jan 2009 - 12:52

Voilà un fil qui me donne envie de relire "Moravagine", surtout après avoir lu dernièrement "Le vampire de Ropraz" de Jacques Chessex, dont le personnage principal aurait, d'après l'auteur, été le modèle dont se serait inspiré Cendrars pour créer cette histoire.
Merci Rivela d'avoir ouvert ce fil.

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Charles
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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars [Suisse]   Jeu 19 Fév 2009 - 18:45


Les Pâques à New-York

Seigneur, c'est aujourd'hui le jour de votre Nom
J'ai lu dans un vieux livre la geste de votre Passion
Et votre angoisse et vos efforts et vos bonnes paroles
Qui pleurent dans un livre, doucement monotones
Un moine d'un vieux temps me parle de votre mort
Il traçait votre histoire avec des lettres d'or
Dans un missel, posé sur ses genoux
Il travaillait pieusement en s'inspirant de Vous
À l'abri de l'autel, assis dans sa robe blanche
Il travaillait lentement du lundi au dimanche
Les heures s'arrêtaient au seuil de son retrait
Lui, s'oubliait, penché sur votre portrait
À vêpres, quand les cloches psalmodiaient dans la tour
Le bon frère ne savait si c'était son amour
Ou si c'était le Vôtre, Seigneur, ou votre Père
Qui battait à grands coups les portes du monastère
Je suis comme ce bon moine, ce soir, je suis inquiet
Dans la chambre à côté, un être triste et muet
Attend derrière la porte, attend que je l'appelle
C'est Vous, c'est Dieu, c'est moi, c'est l'Éternel
Je ne Vous ai pas connu alors ni maintenant
Je n'ai jamais prié quand j'étais un petit enfant
Ce soir pourtant je pense à Vous avec effroi
Mon âme est une veuve en deuil au pied de votre Croix
Mon âme est une veuve en noir, c'est votre Mère
Sans larme et sans espoir, comme l'a peinte Carrière
Je connais tous les Christs qui pensent dans les musées
Mais Vous marchez, Seigneur, ce soir à mes côtés
Je descends à grands pas vers le bas de la ville
Le dos voûté, le cœur ridé, l'esprit fébrile
Votre flanc grand-ouvert est comme un grand soleil
Et vos mains tout autour palpitent d'étincelles
Les vitres des maisons sont toutes pleines de sang
Et les femmes, derrière, sont comme des fleurs de sang
D'étranges mauvaises fleurs flétries, des orchidées
Calices renversés ouverts sous vos trois plaies
Votre sang recueilli, elles ne l'ont jamais bu
Elles ont du rouge aux lèvres et des dentelles au cul
Les fleurs de la Passion sont blanches comme des cierges
Ce sont les plus douces fleurs au Jardin de la Bonne Vierge
C'est à cette heure-ci, c'est vers la neuvième heure
Que votre tête, Seigneur, tomba sur votre Cœur
Je suis assis au bord de l'océan
Et je me remémore un cantique allemand
Où il est dit, avec des mots très doux, très simples, très purs
La beauté de votre Face dans la torture
Dans une église, à Sienne, dans un caveau
J'ai vu la même Face, au mur, sous un rideau
Et dans un ermitage, à Bourrié-Wladislasz
Elle est bossuée d'or dans une châsse
De troubles cabochons sont à la place des yeux
Et des paysans baisent à genoux vos yeux
Sur le mouchoir de Véronique elle est empreinte
Et c'est pourquoi Sainte Véronique est votre sainte
C'est la meilleure relique promenée par les champs
Elle guérit tous les malades, tous les méchants
Elle fait encore mille et mille autres miracles
Mais je n'ai jamais assisté à ce spectacle
Peut-être que la foi me manque, Seigneur, et la bonté
Pour voir ce rayonnement de votre Beauté
Pourtant, Seigneur, j'ai fait un périlleux voyage
Pour contempler dans un béryl l'intaille de votre image
Faites, Seigneur, que mon visage appuyé dans les mains
Y laisse tomber le masque d'angoisse qui m'étreint
Faites, Seigneur, que mes deux mains appuyées sur ma bouche
N'y lèchent pas l'écume d'un désespoir farouche
Je suis triste et malade. Peut-être à cause de Vous
Peut-être à cause d'un autre. Peut-être à cause de Vous
Seigneur, la foule des pauvres pour qui vous fîtes le Sacrifice
Est ici, parquée tassée, comme du bétail, dans les hospices
D'immenses bateaux noirs viennent des horizons
Et les débarquent, pelle-mêle, sur les pontons
Il y a des Italiens, des Grecs, des Espagnols
Des Russes, des Bulgares, des Persans, des Mongols
Ce sont des bêtes de cirque qui sautent les méridiens
On leur jette un morceau de viande noire, comme à des chiens
C'est leur bonheur à eux que cette sale pitance
Seigneur, ayez pitié des peuples en souffrance
Seigneur dans les ghettos grouille la tourbe des Juif
Ils viennent de Pologne et sont tous fugitifs
Je le sais bien, ils ont fait ton Procès
Mais je t'assure ils ne sont pas tout à fait mauvais
Ils sont dans des boutiques sous des lampes de cuivre
Vendent des vieux habits, des armes et des livres
Rembrandt aimait beaucoup les peindre dans leurs défroques
Moi, j'ai, ce soir, marchandé un microscope
Hélas ! Seigneur Vous ne serez plus là après Pâques
Seigneur, ayez pitié des Juifs dans les baraques
Seigneur, les humbles femmes qui vous accompagnèrent à Golgotha
Se cachent au fond des bouges sur d'immondes sophas
Elles sont polluées de la misère des hommes
Des chiens leur ont rongé les os et dans le rhum
Elles cachent leur vice endurci qui s'écaille
Seigneur, quand une de ces femmes me parle, je défaille
Je voudrais être Vous pour aimer les prostituées
Seigneur, ayez pitié des prostituées
Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs
Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs
Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence
Je sais que vous daignez sourire à leur malchance
Seigneur, l'un voudrait une corde avec un nœud au bout
Mais ça n'est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous
Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit
Je lui ai donné de l'opium pour qu'il aille plus vite en paradis
Je pense aussi aux musiciens des rues
Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l'orgue de Barbarie
A la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier
Je sais que ce sont eux qui chantent durant l'éternité
Seigneur, faites-leur l'aumône, autre que de la lueur des becs de gaz
Seigneur, faites-leur l'aumône de gros sous ici-bas
Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit
Ce qu'on vit derrière, personne ne l'a dit
La rue est dans la nuit comme une déchirure
Pleine d'or et de sang, de feu et d'épluchures
Ceux que vous avez chassé du temple avec votre fouet
Flagellent les passants d'une poignée de méfaits
L'étoile qui disparut alors du tabernacle
Brûle sur les murs dans la lumière crue des spectacles
Seigneur, la banque illuminée est comme un coffre-fort
Où s'est coagulé le Sang de votre mort
Les rues se font désertes et deviennent plus noires
Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs
J'ai peur des grands pans d'ombre que les maisons projettent
J'ai peur ! Quelqu'un me suit ! Je n'ose tourner la tête
Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près
J'ai peur ! J'ai le vertige ! Et je m'arrête exprès
Un effroyable drôle m'a jeté un regard
Aigu, puis a passé, mauvais, comme un poignard
Seigneur, rien n'a changé depuis que vous n'êtes plus Roi
Le Mal s'est fait une béquille de votre Croix
Je descends les mauvaises marches d'un café
Et me voici, assis, devant un verre de thé
Je suis chez des Chinois, qui comme avec le dos
Sourient, se penchent et sont polis comme des magots
La boutique est petite, badigeonnée de rouge
Et de curieux chromos sont encadrés dans du bambou
Hokusai a peint les cent aspects d'une montagne
Que serait votre Face peinte par un Chinois ?
Cette dernière idée, Seigneur, m'a d'abord fait sourire
Je vous voyais en raccourci dans votre martyre
Mais le peintre, pourtant, aurait peint votre tourment
Avec plus de cruauté que nos peintres d'Occident
Des lames contournées auraient scié vos chairs
Des pinces et des peignes auraient strié vos nerfs
On vous aurait passé le col dans un carcan
On vous aurait arraché les ongles et les dents
D'immenses dragons noirs se seraient jetés sur Vous
Et vous auraient soufflé des flammes dans le cou
On vous aurait arraché la langue et et les yeux
On vous aurait empalé sur un pieu
Ainsi, Seigneur, vous auriez souffert toute l'infamie
Car il n'y a pas plus cruelle posture
Ensuite, on vous aurait forjeté aux pourceaux
Qui vous auraient rongé le ventre et les boyaux
Je suis seul à présent, les autres sont sortis
Je suis étendu sur un banc contre le mur
J'aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église
Mais il n'y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville
Je pense aux cloches tues, où sont les cloches anciennes ?
Où sont les litanies et les douces antiennes ?
Où sont les longs offices et où les beaux cantiques ?
Où sont les liturgies et les musiques ?
Où sont les fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains ?
Où l'aube blanche, l'amict des Saintes et des Saints ?
La joie du Paradis se noie dans la poussière
Les feux mystiques ne rutilent plus dans les verrières
L'aube tarde à venir et dans le bouge étroit
Des ombres crucifiées agonisent aux parois
C'est comme un Golgotha de nuit dans un miroir
Que l'on voit trembloter en rouge sur du noir
La fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint
Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins
Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue
Comme votre Tête, triste et morte et exsangue
Des reflets insolites palpitent sur les vitres
J'ai peur et je suis triste, Seigneur, d'être si triste
"Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ?"
- La lumière frissonner, humble dans le matin
"Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ?"
- Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains
"Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ?"
- L'augure du printemps tressaillir dans mon sein
Seigneur, l'aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs
Déjà un bruit immense retenti sur la ville
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent
Les métropolitains roulent et tonnent sous terre
Les ponts sont secoués par les chemins de fer
La cité tremble : des cris, du feu et des fumées
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées
Une foule enfiévrée par les sueurs de l'or
Se bouscule et s'engouffre dans de longs corridors
Trouble, dans le fouillis empanaché de toits
Le soleil, c'est votre Face souillée par les crachats
Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne
Ma chambre est nue comme un tombeau
Seigneur, je suis tout seul et j'ai la fièvre
Mon lit est froid comme un cercueil
Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents
Je suis trop seul, j'ai froid, je vous appelle
Cent mille toupies tournoient devant mes yeux
Non, cent mille femmes ! Non, cent mille violoncelles
Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées
Je ne pense plus à Vous, je ne pense plus à Vous.



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