Camille19 Envolée postale

Messages: 224 Inscription le: 24/06/2009 Age: 19
 | Sujet: Re: Nancy Huston Mar 15 Sep 2009 - 18:15 | |
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kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | Sujet: Re: Nancy Huston Mar 15 Sep 2009 - 18:25 | |
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coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
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Camille19 Envolée postale

Messages: 224 Inscription le: 24/06/2009 Age: 19
 | Sujet: Re: Nancy Huston Mar 15 Sep 2009 - 18:31 | |
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kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | Sujet: Re: Nancy Huston Mar 15 Sep 2009 - 18:34 | |
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coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Nancy Huston Mar 15 Sep 2009 - 18:35 | |
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coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Nancy Huston Mar 20 Oct 2009 - 10:54 | |
| Merci à Rivela qui avait attiré mon attention sur l'existence de ce texte de théâtre: JOCASTE REINE Œdipe est fils de Jocaste et de Laïos, reine et roi de Thèbes. A sa naissance un oracle prédit qu’il tuera son père et épousera sa mère. Pour que la prophétie ne s’accomplisse pas, il est décidé que le bébé sera tué ou abandonné : « Me jetant donc aux pieds de mon mari, je lui embrassai les genoux... et... tout en le laissant, à côté de notre fils hurlant, faire de moi ce qu'il voulait, j'arrachai de lui ce compromis : au lieu de supprimer l'enfant devant mes yeux, il me laisserait le donner à un berger pour qu'il aille l'exposer sur le mont Cithéron, non loin de Thèbes : mort certaine, là aussi, mais douce au moins, parmi les fleurs et les vents ». Un berger trouve l’enfant et le confie à Polype, roi de Corinthe qui l’élève comme son propre fils. Oedipe deviendra homme...On connaît la suite... Nancy Huston reprend le mythe d’OEdipe, en donnant dans sa pièce le rôle principal à celle que l’on a peu, jusque là, fait parler :Jocaste, reine de Thèbes, dont le destin fatal fut d’être, comme cela avait été annoncé par la prophétie, mère et épouse d’Œdipe. De cette Jocaste, Nancy Huston fait une femme au discours fort, universel et intemporel. Une voix de femme s’élève à travers laquelle s’expriment toutes les formes de l’amour qu’elle éprouve : - femme amante, sensuelle et follement désirante : « D’Œdipe j’ai tout aimé, oui, tout : le son de sa voix quand, ma tête sur sa poitrine, je l’écoutais parler pendant des heures… la forme de son dos et de ses épaules, ses cuisses puissantes, ses grandes mains viriles, l’odeur de son sexe et de ses aisselles, ses colères absurdes, ses impatiences d’enfant, ses énormes éclats de rire, ses ronflements, ses jeux avec nos quatre fils et filles et la sagesse qu’il leur enseignait, sa façon de se cabrer au-dessus de moi, de bouger en moi, dans mon ventre, de râler, de régner, d’agir, de vagir… »- mère attentive et tendre : « Mon petit bébé…Mon bien, mon beaucoup, mon plus-que-tout aimé. Mon enfant chuchoté. Chair de ma chair […] Être simplement : avec, en, par, pour, autour de…lui. Amour. Amour. Sans fin, circulaire. Impérieux, aveugle, comme la vie elle-même. Entre nous : une infinité. L’amour sans nom, sans bornes. »- épouse responsable et généreuse , aux côtés de son mari , de sa ville et de son peuple décimé par la peste… « Comprends-tu à la fin ! je voudrais nourrir le monde entier, prodiguer des soins à tous, faire éclore, de tous, l’intelligence et le rire. La maternité est partout Œdipe ! Elle est… le sens même de la vie. Y compris de nos étreintes… Toi aussi, bel époux, tu es ma mère ! Tu me nourris et me consoles… »Voix de femme frustrée et opprimée aussi par son premier mari, le violent Laïos, qui buvait trop et lui préfèrait les jeunes hommes. Laïos qu’a tué Œdipe sans savoir qu’il était son vrai père. Alors Jocaste… victime, certes… mais coupable aussi ?...Coupable d’avoir trop longtemps fait le silence pour préserver le bonheur incommensurable qu’elle connaît dans les bras d’Œdipe, la passion qui les brûle et leur bonheur familial avec leur quatre enfants ?… « Dans la pièce de Sophocle, lorsqu'elle comprend qu'Œdipe sait tout, Jocaste quitte la scène et va se pendre. On en est resté avec ce silence. C'est pour briser ce silence que j'ai demandé à Nancy Huston d'inventer une parole pour Jocaste. Je voulais l'entendre parler avec Œdipe avant qu'elle ne quitte la scène pour mourir. Je voulais la voir dans sa maison, avec ses quatre enfants, pourquoi pas? Non pas qu'elle tente de se justifier mais qu'elle parle, qu'elle s'exprime enfin sur les cicatrices des pieds d'Œdipe, sur le retournement du destin, sur les oracles qu'elle méprise. Je savais que ce n'était pas un hasard si Jocaste se taisait. » (Gisèle Sallin, metteur en scène et commanditaire de la pièce)  Voici ce que Nancy Huston dit de son travail : “Peu à peu des mots de Jocaste ont commencé à résonner dans le silence, son corps s’est mis à occuper mon corps et son drame est devenu le mien. Je me suis dit qu’il n’était pas seulement possible mais important d’entendre, enfin, l’autre versant de cette histoire célèbre : ce qui se disait non pas sur le parvis du palais, en public, mais dans l’intimité des chambres, des cuisines, des coulisses. Et sans rien changer aux événements de l’histoire d’OEdipe, j’ai vu son sens se transformer du tout au tout.”Vidéo: Nancy Juston parle de sa Jocaste: ICI _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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swallow Agilité postale

Messages: 677 Inscription le: 06/02/2007
 | Sujet: Re: Nancy Huston Mar 20 Oct 2009 - 15:49 | |
| Coline, ce lien que tu indiques "Nancy Huston parle de sa Jocaste" est-ce le même que celui que proposait Rivela il y a quelques jours sur le fil "Oedipe-Antigone". Car je ne peux ouvrir ce dernier, contrairement à celui que j´ai vu du théâtre de Fribourg, sur l´autre fil. _________________ "L´homme, par le fait d´être homme, est déjà par rapport à l´âne ou au crabe un animal malade- car la conscience est une maladie." Miguel de Unamuno.
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