Nezumi Zen littéraire

Messages: 7932 Inscription le: 07/02/2007 Age: 39
 | |
kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | Sujet: Re: David Mitchell Dim 5 Juil 2009 - 8:25 | |
| | Nezumi a écrit: | | Il a d'ailleurs souvent été comparé à L'Attrape-Coeur (mais il est mieux, à mon avis) | tout à fait d'accord avec toi! _________________ Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion. Saint Augustin
|
|
Arabella Zen littéraire

Messages: 4182 Inscription le: 02/12/2007 Age: 47 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: David Mitchell Dim 5 Juil 2009 - 19:24 | |
| Cela devient une habitude sur ce forum de comparer un roman à L'accroche coeur, la dernière fois il me semble, c'était pour parler de Peter Cameron et de Un jour cette douleur te servira. Enfin je note Le fond des forêt, mais ce ne sera pas tout de suite, il faut le temps pour atténuer la mauvaise impression de Cartographie des nuages. Et il faut qu'il soit en biblio, je n'acheterai pas.  _________________ Si la raison dominait sur la terre, il ne s'y passerait rien. (Fontenelle)
|
|
Nezumi Zen littéraire

Messages: 7932 Inscription le: 07/02/2007 Age: 39
 | Sujet: Re: David Mitchell Dim 5 Juil 2009 - 20:17 | |
| Oui, digère ton traumatisme avant de t'attaquer à celui-ci, c'est plus prudent. | Arabella a écrit: | Cela devient une habitude sur ce forum de comparer un roman à L'accroche coeur, la dernière fois il me semble, c'était pour parler de Peter Cameron et de Un jour cette douleur te servira.
|
Ho, ce n'est pas propre au forum et ce n'est d'ailleurs pas une comparaison originale. Quand un roman a un narrateur adolescent, qu'il y a emploi d'un style familier et humoristique, et qu'il y est question d'apprentissage de la vie, il est bien souvent comparé au livre de Salinger. _________________ Car ce sont bien de menus accidents qui nous font chérir un livre plutôt qu'un autre. (Roger Caillois)
|
|
Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | Sujet: Re: David Mitchell Dim 9 Aoû 2009 - 1:13 | |
| Le fond des forêts ( Black Swan Green) traduit de l'anglais par Manuel Berri Editions de l'Olivier | Citation: | | Les enfants qu'on embête se font tout petits pour éviter qu'on les remarque et qu'on les embête. Les enfants bègues se font tout petits pour éviter qu'on leur fasse dire un truc impossible. Les enfants dont les parents se disputent se font tout petits pour éviter une nouvelle dispute. Jason Taylor, le garçon triplement petit. | . Et bien voilà, lu un peu en retard par rapport à la lecture commune, un joli roman sur l'adolescence. Qui n'a souvent jamais rien d'une période heureuse, surtout quand, comme Jason, on n'arrive pas à cracher les mots. Et qu'on lutte à l'extérieur contre des abrutis- souvent bien malheureux aussi, mais c'est difficile à comprendre à cet âge là- qui n'ont rien d'exceptionnel mais sont plutôt légions à cet âge et sont tellement à la fois attirants ( être comme eux serait tellement sécurisant) , terrorisants et mystérieux ( l'histoire du porte feuille est merveilleuse..). Et à l'intérieur de soi contre deux épouvantails, le Pendu qui fait buter sur les mots et s'exposer aux moqueries de tous, et le Minable qui pousse à se fondre dans la masse des imbéciles.. Mais qu'on est aidé, quand même,par son jumeau fantôme, qui ne supporte pas le Minable, et avec lequel bien des discussions intérieurs ont lieu. Dans un des chapitres, ce jeune et sympathique Jason rencontre une femme assez mystérieuse ,belge, qui lui ordonne de traduire en anglais le premier chapitre du Grand Meaulnes:
| Citation: | | Alain-Fournier sera ton premier maître. Il est nostalgique, tragique, ensorcelant, et il souffre, et tu souffriras aussi. Mais, le meilleur dans tout cela, c'est qu'il est vrai. |
David Mitchell a lui-aussi écrit un roman "vrai". parce qu'aussi largement autobiographique.
Dans un entretien paru dans Le Monde, il dit:
| Citation: | | « C'est un fertilisant. C'est en cultivant la part autobiographique que la fiction croît et se développe. » |
Le petit village anglais où Jason dissimule une passion pour la littérature et la poésie, c'est son village. Le décor, c'est son enfance.
Ce qui donne aussi de l'intérêt à ce texte, c'est la construction. C'est en fait une succession de nouvelles, avec chacune un thème bien particulier, mais les mêmes personnages. Avec pour chacune un début, un développement et une chute. Il les a réorganisées ensuite pour en faire un roman dans lequel on peut les considérer comme des chapitres , mais | Citation: | | quand on écrit des nouvelles, il y a cet avant et cet après que l'on dit pas mais que l'on suppose. Ce n'est pas écrit, et pourtant cela compte : c'est la matière noire de la nouvelle. Son anti-matière. Sa narration invisible. Dans mon livre, je voulais que l'enchaînement des chapitres rende visibles cet avant et cet après. | . Cela donne un rythme très particulier à ce roman, qui suit l'évolution de Jason au fil de l'année..
Un petit extrait :
| Citation: | Mais il y a des trucs que même les orthophonistes ne peuvent pas comprendre. Assez souvent, même dans les pires périodes, il arrive que le Pendu me laisse dire ce que je veux, même s'il y a des mots qui commencent par des lettres dangereuses. Parce que 1) ça me laisse penser que je suis guéri et le Pendu se fait alors un plaisir de détruire cet espoir,et, 2) ça permet de laisser croire aux autres gars que je suis normal tout en me maintenant dans la peur qu'ils finissent par découvrir mon secret. Il y autre chose, encore. Une fois, j'ai écrit les Quatre Commandements du Pendu.
1er commandement tu te cacheras des orthophonistes 2eme commandement tu étrangleras Taylor quand il aura peur de bégayer 3ème commandement tu piègeras Taylor quand il n'aura pas peur de bégayer 4ème commandement Une fois que Taylor sera devenu "le Bègue" aux yeux du monde entier, il t'appartiendra |
On ne se remet jamais de ces véritables terreurs. Et David Mitchell en parle tellement bien qu'on comprend qu'il n'en est jamais sorti. Personne n'en sort. Mais lui a su les transformer en mots. _________________ J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. André Comte-Sponville
|
|
kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | |