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Au-dessous du Volcan: Le Paradis Perdu de Malcolm LowryLe roman (et donc la pièce) contient de nombreuses références et toute une symbolique autour de métaphores religieuses empruntant à La Divine Comédie de
Dante, au "Paradis Perdu" de
Milton, à La Bible mais aussi à la Kabbale (Geoffrey écrit un livre sur la Connaissance secrète sans pouvoir le terminer). Il y est question de paradis et d'enfer, d'expulsion du paradis terrestre et de l'incomplétude de l'androgyne, de rédemption et de perdition... On rencontre même un serpent dans un des délires de Geoffrey. Une des citations en exergue est empruntée au roman de
John Bunyan "A pilgrim Progress", allégorie sur la vie d'un chrétien.
On pourrait dire que Geoffrey est perdu au milieu de la stérilité spirituelle du monde moderne. Cet égarement étant amplifié par le fait que l'action se situe dans cette petite ville du Mexique où prédominent toutes sortes de rituels archaïques. On est Le jour des morts et les festivités de ce village forment une sorte de parodie religieuse où on pique-nique dans les cimetières et on joue avec des squelettes en toc. Cette atmosphère (qui m'a rappelé le carnaval grotesque du Minetti de Thomas Bernhard) renforce le sentiment d'une ivresse hallucinatoire.
Dans son délire alcoolique, tout se met à faire sens, chaque nom, chaque nombre semble détenir un mystère à déchiffrer. Et cette quête spirituelle impossible, Geoffey l'exprime dans une lettre jamais envoyée à Yvonne:
Me vois-tu travaillant toujours à mon livre, essayant de répondre à des questions telles que: Existe-t-il une réalité ultime, extérieure, consciente, toujours présente, accessible par des voies acceptables pour toutes les religions et croyances et adaptables à tous climats et pays? On retrouve ce type d'interrogation sur la solitude de l'homme dans un monde déserté spirituellement dans l'oeuvre de
Cormac Mac Carthy.
La question que je me posais en regardant et en lisant cette pièce, qui est finalement un condensé du livre, est de savoir si le fait qu'il y ait une telle dimension symbolique rend forcément ce texte plus "grand". D'autant plus que les dialogues et certains passages semblent terriblement anecdotiques et sans véritable relief. J'ai l'impression que c'est plutôt une des nombreuses dimensions de ce livre dont la force réside d'abord dans son style. Le texte alternant des scènes quotidiennes, des hallucinations, un mouvement flottant qui semble épouser les effets sur le psychisme des vapeurs d'alcool et des émanations délétères du volcan, des envolées poétiques et mystiques...
J'ai lu quelques passages du roman lui-même et la pièce m'a en tout cas convaincu sur la nécessité de le reprendre dans son entier.
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Peut-être n'y a-t-il pas d'auteurs littéraires véritablement ennuyeux, mais seulement des lecteurs impatients ou non avertis.
Joyce Carol Oates