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 Horacio Castellanos Moya [Salvador]

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Marie
Zen littéraire


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MessageSujet: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 1:14



Né à Tegucigalpa au Honduras en 1957, il a vécu une grande partie de sa vie au Salvador. Sa mère vient de Honduras, tandis que son père du Salvador. Son grand-père maternel fut ministre des Finances de la dictature locale. Horacio Castellanos Moya vit auprès de lui, à Honduras, pendant les cinq premières années de sa vie.

Le père d’Horacio Castellanos Moya est également impliqué en politique. Il participe à un coup d’Etat local en 1944, mais est arrêté puis condamné à mort. Il s’échappe, fuit au Mexique, ne donne plus de nouvelles. Il meurt quand son fils n’a que 13 ans.

Il n’est guère facile de devenir écrivain dans un pays où la littérature n’existe pas, où les livres ne sont pas publiés faute d’éditeurs, de lecteurs, de volonté politique pour promouvoir la culture… Pourtant, l’écriture intéresse Horacio Castellanos Moya au grand désespoir de sa famille qui a vu déjà deux oncles échouer dans leurs projets et se sont suicidés.

Mais le jeune auteur ne se laisse pas détourner si facilement de son rêve : il commence par écrire des poèmes, à l’âge de 17 ans, puis des nouvelles. Enfin, il se lance dans l’écriture de romans, courts, en 1979, avec La Diaspora, un roman politique, inédit en français.

Horacio Castellanos Moya, pourtant connu en Europe comme en Amérique, n’a vu qu’un de ses romans publié dans son pays : Le Dégoût qui raconte le retour d’un homme revenu au Salvador, après la guerre civile, pour y enterrer sa mère. L’homme évoque son dégoût du pays comme de tout ce qui le caractérise. Ce roman, publié en 1977 au Salvador, suscite la colère de certains habitants. La mère de l’auteur ne tarde pas à recevoir des lettres de menace de mort.

Parce qu’il n’est guère en sécurité dans son pays, Horacio Castellanos Moya s’exile dans de nombreuses contrées, sans s’installer véritablement. Il a décidé de quitter Le Salvador dès 1979, juste avant le début de la guerre civile, une tragédie qui fit 100 000 morts pendant 12 ans et s’étendit de 1980 à 1992. Elle opposa l'extrême-droite à la guérilla marxiste. La plupart de ses romans évoquent les conséquences de cette guerre civile sur la population et les mentalités. Il s’exile à Toronto. Au bout d’un an et demi, il rentre au pays pour quelques mois. La situation est telle qu’il décide de repartir pour le Nicaragua puis le Mexique où il entame sa carrière de journaliste. Grâce aux bourses qu’il obtient, il séjourne à Francfort, en Espagne, au Mexique, au Canada… Aujourd’hui, il est à Pittsburg aux Etats-Unis. S’il repasse au Salvador, ce n’est qu’en simple visiteur, pour voir sa mère et ses deux frères.

Source: La Lettrine

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Marie
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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 1:43



Le dégoût
Thomas Bernhard à San Salvador
traduit de l'espagnol par Robert Amutio
10/18

Pour la petite histoire, mon arrière grand-mère était salvadorienne, et j'ai encore beaucoup de famille dans ce pays, puisqu'une partie y est retournée après la fin de la guerre civile. Ne connaissant aucun écrivain originaire du Salvador, quand j'ai découvert Horacio Castellanos Moya à l'occasion de la sortie française d'un roman intitulé Là où vous ne serez pas, tout un programme.., j'ai voulu commencer par Le dégoût. Bien m'en a pris, je vais sans doute éviter de le citer dans les prochaines correspondances avec mes cousins éloignés.
Cool

Même si cet auteur , dans un entretien, dit:
" L’humour est une composante de la mentalité centrale-américaine. C’est difficile à expliquer, mais nous, les centre-américains, nous aimons rire de tour, et notamment rire des gens. Ce n’est pas toujours politiquement correct, mais c’est inscrit dans notre culture. C’est sans doute un mécanisme de défense. La réalité est trop dure pour être assumée sérieusement ", je ne suis pas persuadé que cet "humour" soit apprécié à sa juste valeur. Et d'ailleurs, pour ce seul roman paru au Salvador, les réactions ont été assez violentes..

L'avant-propos :
Edgardo Vega , le personnage central de ce récit, existe: il vit à Montréal sous un autre nom- un nom d’origine saxonne qui n’est cependant pas celui de Thomas Bernhard. Il m’a fait part de ses opinions de manière assurément plus outrée et plus crue qu’elles n’apparaissent dans ce texte. J’ai voulu atténuer quelques uns de ces jugements qui sinon auraient scandalisé certains lecteurs.

Ah bon!! Qu’est-ce que cela pourrait être, alors, car ce roman est déjà, disons assez heu.. percutant..

Vega, donc, exilé au Canada sous le nom de Thomas Bernhard , d’où le thème, pays je te hais- et le style- est contraint de rentrer au bercail une quinzaine de jours à la mort de sa mère. Pour l’enterrement et pour y toucher sa part d’héritage. Il y est accueilli par son frère et sa famille, et retrouve dans un bar un certain Moya, double de l’auteur, journaliste et écrivain. De 17 heures à 19 heures . Il boit deux verres de whisky, deux seulement à cause de sa colite. Et écoute Tchaïkovski. Et hurle. Son dégoût de tout ce qui concerne ce pays. Sa politique, son absence complète de culture, son frère, sa belle sœur, les enfants de son frère, la télé, la bière locale.. Tout y passe..et on sort un peu abasourdi de cette lecture, à la fois exercice de style d’écriture,et de pastiche finalement, mais aussi portrait certainement réaliste, je n’en doute pas une minute, de ce qu’est devenu ce pays d’Amérique centrale après une guerre civile qui a fait 100 000 morts.

" Je ne décris que des personnages qui n’ont rien de commun avec moi. Tant que je ne les entends pas, le livre ne vaut rien. J’écris à l’oreille. Je pars d’un ton, non d’une vision. Au livre suivant, je change. D’abord, c’est un pari sur le langage. Ensuite, je déteste me répéter. Enfin, c’est le plaisir de la croissance : plonger dans d’autres passions, d’autres voix. La mienne ne m’intéresse pas "
Horacio Castellanos Moya dans Libération.

Là, ça sonnait quand même très personnel, pourtant..Et une des forces du texte, c'est que ce n'est pas vraiment un personnage sympathique, ce Vega! Car après tout, la mort de sa mère, il s'en fout, seul lui importe l'héritage, il n'est là que pour 15 jours et s'il ne se plait pas chez son frère et ses neveux brailleurs, si les télés dans toutes les chambres l'horripilent tant , il n'était pas obligé d'y aller, si la bière locale lui donne la diarrhée, il n'est pas obligé non plus d'en boire etc.. Il réussit , par sa verve énervée qui mélange un peu tout tant il hait ce pays,ses états d'âme et ses problèmes digestifs variés, à nous donner envie de lui dire de prendre un Lexomil et de reprendre l'avion le plus vite possible. Et à la fin, il perd son passeport, c'est l'horreur absolue.. et c'est très drôle..
J'aime beaucoup les écrivains qui arrivent à rire d'eux-mêmes. Car c'est en grande partie comme cela que j'ai lu ce roman.

Un petit extrait:

Et les pires, ce sont les misérables politiciens de gauche, Moya, ceux qui naguère se faisaient appeler commandant, ce sont ceux qui m’écoeurent le plus, je n’aurais jamais cru qu’il y avait des types aussi vils, des types répugnants de la tête aux pieds, après avoir envoyé à la mort tant de gens, après avoir envoyé tant de naïfs au sacrifice, après s’être fatigués de répéter ces stupidités qu’ils appelaient leurs idéaux, les voilà maintenant qui se comportent comme les plus voraces des rats, des rats qui ont troqué leurs uniformes militaires de guérilleros contre le complet veston-cravate, des rats qui ont troqué leurs harangues de justice pour la moindre miette tombée de la table des riches, des rats dont l’unique désir a toujours été de s’emparer de l’Etat pour se goinfrer, des rats vraiment écoeurants, Moya, ça me fait de la peine de penser à tous ces imbéciles qui sont morts à cause de ces rats, ça me fait une peine terrible de penser à ces milliards d’imbéciles qui se sont fait tuer parce qu’ils obéissaient aux ordres de ces rats, à ces dizaines de milliers d’imbéciles qui sont allés à la mort dans l’enthousiasme parce qu’il obéissaient aux ordres de ces rats qui maintenant ne pensent qu’à amasser la plus grande quantité de fric possible pour ressembler aux riches qu’ils combattaient avant….


Et ça ne leur a pas plu, au Salvador?

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Nathria
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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 9:19

Je note, je note auclavier Je ne connaissais pas du tout!

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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 10:10

J'aime bien le ton, le point de départ, le style... l'idée... mais j'ai peur que ce soit trop "politique" pour moi, en tout cas c'est l'aspect que tu fais ressortir, donc j'imagine qu'il est surtout question de ça dedans non ?

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kenavo
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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 10:24

Voilà un nom d'auteur que je connais.. mais jusqu'à présent seulement de nom - parce qu'il est un auteur de la maison Les Allusifs, éditeurs que je suis d'aussi près que Actes Sud Wink
Merci en tout cas pour ce fil auquel je veux bien volontiers revenir..

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Arabella
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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 14:28

Je ne sais pas, pas complètement convaincue. D'abord j'ai voulu me précipiter pour lire cet auteur, mais je me méfie de Marie, qui est trop capable de succiter l'envie par ses critiques. Alors en relisant son commentaire, je me demande si c'est vraiement pour moi, je pense que tout ça a un côté un tant soit peu caricaturale, il est si facile de critiquer, mais dans le cas de ce livre, la critique n'est pas trop gratuite et systématique ?

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Marie
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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 20:36

Citation:
je pense que tout ça a un côté un tant soit peu caricaturale, il est si facile de critiquer, mais dans le cas de ce livre, la critique n'est pas trop gratuite et systématique ?

Ce n'est pas pour rien que le narrateur s'appelle Thomas Bernhard!
C'est bien sûr caricatural, avec certainement une bonne part de mauvaise foi!
Heureusement.. Mais pas tant que cela, je crois. Hélas.
Une réflexion plus poussée que la mienne


ici.

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Arabella
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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 20:46

Merci pour le lien Marie Very Happy
J'essaie de trouver toutes les bonnes (ou mauvaises) raisons de ne pas augmenter ma PAL et LAL en ce moment.

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Marie
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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 8 Mar 2009 - 20:51

Citation:
J'essaie de trouver toutes les bonnes (ou mauvaises) raisons de ne pas augmenter ma PAL et LAL en ce moment.

En fait, tout ce que j'ai entendu comme critiques très positives portait sur Là où vous ne serez pas. Tu as sans doute plus de possibilités que moi de le trouver en bibliothèque!!
Quant à la PAL.. soupir.. Cool

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bix229
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MessageSujet: Re: Horacio Castellanos Moya [Salvador]   Dim 26 Avr 2009 - 18:20

Allez, je vais répéter ici ce que j' ai dit ailleurs... ça lui amènera des lecteurs et à Marie aussi !

Dans Déraison, je trouve qu' il use et abuse des phrases longuettes, Horacio, périphrases, paraphrases, circonlocutions et j' en passe...et d' ailleurs, il fait comme il veut, mais déjà que Proust me gonfle un tantinet... en outre Proust, s' il avait connu Hemingway ou Salinger, il
aurait allégé son style, d' autant que les produits allégés, c' est in... et puis quelle idée d' avoir fait le pari qu' il écrirait les phrases les plus longues,- chauffe Marcel !- et que s' il n' était pas le meilleur écrivain du monde, au moins il serait le plus long... et puis les latinos, il faut qu' ils fassent les malins, depuis qu' on leur a dit à longeur de pages qu' ils sont des baroques et qu' ils ont lu tout Gongora et tout Quevedo, ils en rajoutent à ne plus finir, et que c' est porteur, coco, allez, j' en rajoute encore...non mais faudrrait leur dire à ces écrivains à rallonge, que plus c' est long, plus c'est pas forcément bon, et qu 'on n' a pas que ça à lire, leurs phrases longuettes, déjà que la pluie et la fatigue, c' est usant, et qu' on perd le fil par lassitude pure, et qu' on ne sait meme pas si on perdu quelque chose d' important ou non sous prétexte qu' on a perdu le fil...
Et donc qu' on n' est ni des billes ni des buses, Horacio...
Et que, on a compris, il suffit de supprimer la ponctuation, et ça va tout seul...langue pendante
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Horacio Castellanos Moya [Salvador]

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