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| Auteur | Message |
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coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14911 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Juan Ramon Jimenez Ven 11 Juil 2008 - 23:56 | |
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Il est né en Andalousie en 1881, à Moguer dite "la blanche merveille". Peu de temps après avoir atteint sa majorité, il devient orphelin de père, ce qui le plonge dans une mélancolie qui ne le quittera plus, le conduisant souvent à choisir de s'isoler. Auteur prolifique, il a entre autre développé le concept de "poésie pure". Peu engagé politiquement, il est pourtant un opposant au régime de Franco. En 1936, il choisit l'exil : aux États-Unis, à Cuba, puis à Puerto Rico.
En 1956, il reçoit le prestigieux Prix Nobel de littérature. _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14911 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Juan Ramon Jimenez Sam 12 Juil 2008 - 0:31 | |
| Platero y yo (Platero et moi)
Dans ce conte plein de fraîcheur et de couleurs, ils s’en vont tous deux partout, et pendant ce temps ils parlent des choses simples de la vie et du cœur. L’homme s’appelle Juan Ramon Jimenez, il est poète. L’âne s’appelle PLatero Dans les premières pages, l’auteur nous décrit son doux compagnon de voyage, l’incarnation de l’ami, de l’animal de compagnie, Les deux vivent dans un village Andalou qui s’appelle Moguer. La plus grande partie des maisons y sont blanches, avec des géraniums et des œillets à toutes les fenêtres. Un lieu joyeux, l’air sent les pins et la mer, les citronniers et les orangers en fleurs.
C’est l’homme qui parle bien sûr mais l’âne l’écoute avec tendresse, attentivement. Il conte pour son âne mais aussi pour la colline, l’automne, le bouquet oublié, le chemin, la vieille place, la maison d’en face, le vin, la maladie, la mort, la nostalgie… Il chante l’amitié. Il évoque les petits villages d’autrefois, la pauvreté, la misère, la douleur et la tendresse, le sourire, Un conte extrêmement beau et coloré, teinté de mélancolie. _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14911 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Juan Ramon Jimenez Sam 12 Juil 2008 - 0:33 | |
| Juan Ramon Jimenez le poète:
NOCTURNO
« ¿Qué te importa de todo, si podemos quemar cada pena ¡oh pasión ! en cada estrella, si podemos hacer del negro cielo inmenso nuestra inmensa alegría iluminada? »
NOCTURNE
« Que t’importe toute chose, si nous pouvons brûler chaque peine oh passion ! en chaque étoile, si nous pouvons faire de l’immense ciel noir notre immense joie toute illuminée ? »
Juan Ramón Jiménez, Beauté (en vers) [1917-1923] _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14911 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Juan Ramon Jimenez Sam 12 Juil 2008 - 0:35 | |
| LA PAZ
« Cuando esta madrugada abran las campanillas granas a la luna dorada, tú nos estarás ya en casa, sombra desnuda y blanca.
- Estarás noblemente sosegada y risueña entre la novedad alegre, contenta de tu suerte que te hace indiferente, tras la vida, la muerte.-
Se irá encendiendo el día con una luz tristísima ; lea brisa verde y fría llenará, como un agua descendida, la azotea vacía.
-…¡Y habrá que levantarse, y habrá que hacer ¡de prisa ! las cosas matinales, y habrá que ver y oir por todas partes los gritos, las carreras, los alardes, - ¡sol en la pobre carne con su sangre !-, las deshumbradas fealdades acres !-
¡Crearme, recrearme, vaciarme, hasta que el que se vaya muerto, de mí, un día, a la tierra, no sea yo; burlar honradamente, plenamente, con voluntad abierta, el crimen, y dejarle este pelele negro de mi cuerpo, por mí! ¡Y yo, esconderme sonriendo, immortal, en las orillas puras del río eterno, árbol -en un poniente inmarcesible- de la divina y májica imajinaciόn ! »
LA PAIX
« Quand à l’aube les campanules couleur grenat s’épanouiront sous la lune dorée, toi tu ne seras plus à la maison, ombre nue et blanche.
-Tu seras noblement posée, paisible et souriante, dans l’instant nouveau et joyeux, heureuse de ton sort, qui te rend indifférente, après la vie, la mort.-
Le jour ira s’illuminant D’une clarté infiniment triste ; La brise verte et froide Emplira, comme une eau descendue, La terrasse vide.
-… Alors il faudra se lever, et faire, très vite ! les choses matinales, et il faudra voir et entendre partout les cris, les courses, les vantardises, -soleil sur cette pauvre chair avec son sang !- les laideurs âcres et aveuglantes !-
Me créer, me recréer, me vider, jusqu’à ce que celui qui mort, un jour, s’en ira de moi dans la terre, ne soit pas moi ; déjouer honnêtement, pleinement, délibérément, le crime, et lui laisser ce fantoche noir de mon corps, à ma place ! Et moi, aller me cacher souriant, immortel, sur les rivages purs du fleuve éternel, arbre - en un couchant immarcescible - de l’imagination divine et magique ! »
Juan Ramόn Jiménez ( Beauté) _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14911 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Juan Ramon Jimenez Sam 12 Juil 2008 - 0:37 | |
| SOL
El agua eterna – en sombra – canta Y las floras nuevas la escuchan. Aqui no venga nadie mas Que la mujer desnuda !
SOLEIL
L’eau éternelle – dans l’ombre – chante Et les fleurs nouvelles l’écoutent. Que ne vienne personne ici D’autre que la femme nue !
Juan Ramón Jiménez ( Beauté ) _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | bix229 Sage de la littérature

Inscrit le : 24 Nov 2007 Messages : 1677 Localisation : Lauragais (France)
 | Sujet: Juan Ramon Jimenez Sam 12 Juil 2008 - 10:37 | |
| J'ai étudié ce conte poétique au lycée et je l'avais beaucoup apprécié.
Déjà, j' aimais les animaux, meme de papier.
Et je me suis toujours souvenu de la première phrase...
"Platero es pequeno, peludo y suave, tan blando por fuera que se diria de algodon..."
Platero est petit, doux, velu, si moelleux d'aspect qu'on le dirait tout en coton. |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14911 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Juan Ramon Jimenez Dim 13 Juil 2008 - 20:41 | |
| | bix229 a écrit: | Et je me suis toujours souvenu de la première phrase...
"Platero es pequeno, peludo y suave, tan blando por fuera que se diria de algodon..."
Platero est petit, doux, velu, si moelleux d'aspect qu'on le dirait tout en coton. |
Ta mémoire est bonne Bix... C'est cela ... Je finis la phrase: "que se diria todo de algodon, que no lleva huesos. " qu'on le dirait tout en coton, qu'il n'a pas d'os."
Un livre dédié à sa mère "avec la douce tendresse de son fils"
Et j'aime beaucoup ce qu'il dit dans la préface:
" Dondequiera que haya ninos- dice Novalis-, existe una edad de oro". Pues por esa edad de oro, que es como una isla espiritual caida del cielo, anda el corazon del poeta, y se encuentra alli tan a su gusto, que su mejor deseo seria no tener que abandonarla nunca."
Partout où il y a des enfants- dit Novalis- il existe un âge d'or. Aussi pour cet âge d'or, qui est comme une île spirituelle tombée du ciel, marche le coeur du poète, et il s'y trouve tellement à son aise, que son plus grand désir est de ne l'abandonner jamais." Madrid. 1914 _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | bix229 Sage de la littérature

Inscrit le : 24 Nov 2007 Messages : 1677 Localisation : Lauragais (France)
 | Sujet: Juan Ramon Jimenez Dim 13 Juil 2008 - 21:09 | |
| Ma mémoire bonne.. je n'en suis pas si sur. Non, ce qui est étrange, c'est le fait de garder une phrases dans la tete, comme cela pendant des années, de la répéter de temps en temps...
Peut etre parcequ'elle est en espagnol, que j'aime bien cette langue et la musique de cette langue. Il m'arrive aussi de me répeter quelques phrases de poémes espagnols, choisis -remarquablement choisis- et chantés par Paco Ibanez.
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|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14911 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Juan Ramon Jimenez Lun 14 Juil 2008 - 0:52 | |
| | bix229 a écrit: | Peut etre parce qu'elle est en espagnol, que j'aime bien cette langue et la musique de cette langue. Il m'arrive aussi de me répeter quelques phrases de poémes espagnols, choisis -remarquablement choisis- et chantés par Paco Ibanez.
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Nous avons des points communs Bix... Paco Ibanez était une idole de ma jeunesse...J'avais vu un de ses concerts à Saint-Etienne...quand j'étais étudiante...en Espagnol (je voulais l'enseigner)!
Je berçais ma fille bébé en lui chantant La nana de la Mora...  _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
|  | | bix229 Sage de la littérature

Inscrit le : 24 Nov 2007 Messages : 1677 Localisation : Lauragais (France)
 | Sujet: Juan Ramon Jimenez Lun 14 Juil 2008 - 1:19 | |
| Oui, Coline, je te suis bien... -Palabras para Julia de José Agustin Goytisolo ou les paroles émouvantes d'un père adréssées à sa petite fille et qui dessinent sa vie future... Ou encore - Un espanol habla de su tierra de Luis Cernuda ...Amargos son los dias de la vida, viviendo solo una lara espera A fuerzos de recuerdos. Un dia... Me buscaras. Entonces Qué ha de decir un muerto ? Version abrégée de ce beau poéme... |
|  | | coline Abeille bibliophile

Age : 57 Inscrit le : 01 Fév 2007 Messages : 14911 Localisation : Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Juan Ramon Jimenez Lun 14 Juil 2008 - 14:25 | |
| Bix...Je sais encore (presque) par coeur toutes ces chansons qui me reviennent en mémoire, grâce à Platero y yo, alors que je ne les ai pas écoutées depuis longtemps... Moi aussi j'aime la musique de cette langue...  _________________ « Parfois on rêve de recevoir un beau mensonge, des paroles dont on dit qu’elles sont dictées par l’amour. Dans l’instant on pleure dans les bras de personne, éperdument. » (Marie Cosnay, Adèle la scène perdue) |
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