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 Muriel Spark

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Marie
Zen littéraire


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MessageSujet: Muriel Spark   Lun 3 Sep 2007 - 1:42



Née Muriel Sarah Camberg à Edimbourg, Écosse, de père juif et de mère anglicane, elle fait ses études à la James Gillespie's High School for Girls. En 1938, elle épouse Sidney Oswald Spark et le suit en Rhodésie (aujourd'hui Zimbabwe). Ils ont un fils, mais le mariage s’avère désastreux et Muriel Spark retourne en Grande-Bretagne en 1944.

Elle commence à écrire sérieusement après la guerre, sous son nom d’épouse, d’abord de la poésie et de la critique littéraire. En 1947, elle devient rédactrice de la Poetry Review. En 1954, elle décide de rejoindre l’Eglise catholique, événement qu’elle considère comme crucial dans son évolution vers l’écriture romanesque.

Son premier roman, The Comforters, est publié en 1957, mais c’est The Prime of Miss Jean Brodie (Les belles années de Mlle Brodie) qui la rend connue en 1961. L’originalité de sujet et de ton de Muriel Spark sont évidents dès ses débuts. Sir Frank Kermode cite ainsi le thème central de ses romans : « pourquoi le mal existe dans un monde créé par un Dieu de bonté ? ».

Après avoir vécu pendant quelques années à New York, Muriel Spark s’installe en 1979 en Italie, dans le village toscan de Civitella della Chiana, dont elle a été faite citoyen d’honneur.

Elle a reçu aux États-Unis le prix « Ingersoll Foundation TS Eliot Award » in 1992 et le « British Literature Prize » en 1997.


La bibliothèque Nationale d'Écosse lui consacre actuellement une place importante sur son site internet : National Library of Scotland (eng.). On y trouve en particulier des extraits de ses nombreuses archives personnelles, fabuleux voyage dans l'histoire du vingtième siècle.


Un prix littéraire a été créé en son honneur en 2004 par le Scottish Arts Council, le "Muriel Spark International Fellowship" ; il a été attribué pour la première fois en mars 2005 à la romancière canadienne Margaret Atwood.


Elle est morte en avril 2006 en Toscane, laissant un roman inachevé

Merci Wikipedia!
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Sophie
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MessageSujet: Re: Muriel Spark   Lun 3 Sep 2007 - 1:47

Et tu aslu des romans d'elle?

Moi j'en ai quelques-uns mais n'ai pas encore eu l'occasion de la découvrir.
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Marie
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MessageSujet: Re: Muriel Spark   Lun 3 Sep 2007 - 2:02

Complices et comparses
traduit de l'anglais par Claude Demanuelli
Gallimard



Hildegard Wolf, l'héroïne de ce livre, est psychiatre sur le boulevard Saint-Germain. Un jour, elle voit débarquer dans son cabinet un homme qui prétend être le comte Lucan, un assassin britannique que toutes les polices recherchent depuis vingt-cinq ans. La psychiatre l'écoute, médusée. Et reçoit, quelques semaines plus tard, la visite d'un second individu qui affirme se nommer Lucan, lui aussi... Quel est donc le vrai Lucan? Les deux hommes sont-ils complices? Et pourquoi sont-ils venus frapper à la porte du Dr Hildegard Wolf?

Le fait divers est réel , ce comte a bien tué la nurse de ses enfants en la prenant pour sa femme ( il n'avait rien contre les nurses, c'est rassurant) en 1974 , et personne ne l'a revu depuis. Il a été déclaré mort en 1999, bien que son corps n'ait jamais été retrouvé et que certains l'aient vu- ou cru le voir- en différents endroits du globe.
Le reste... c'est le roman, assez déjanté, de Mrs Spark! Car, bien sûr, Hildegard Wolf n'est pas Hildegard Wolf. Son vrai nom- et les deux prétendants à l'identité du comte le savent- est Beate Pappenheim, qui a décidé, dans les années 70 qu'elle avait assez de la pauvreté, et qui a escroqué pas mal de monde pour améliorer son problème...

Ce n'est pas un livre qui se raconte, c'est amusant et très anglais...

S'il faut en croire les comptes rendus et les rapports de police concernant l'affaire du septième comte de Lucan, celui-ci était un individu particulièrement arrogant. L'arrogance est incurable. Elle trouve souvent son origine dans un profond sentiment ( parfois justifié) d'infériorité. Autre particularité du comte: une curieuse habitude alimentaire, qu'il garda, semble-t-il toute sa vie, jusqu'à sa disparition. Et, qui sait, peut être même après. Il ne mangeait rien d'autre que du saumon fumé et des côtelettes d'agneau et ce,tous les jours de la semaine; en hiver, les côtelettes étaient grillées, en été servies en gelée. Les gens ternes le trouvaient drôle. Les gens intéressants le trouvaient désespérément terne....

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sousmarin
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MessageSujet: Re: Muriel Spark   Lun 1 Oct 2007 - 10:11

A la bonne école

Dans un collège ultra chic en Suisse (9 élèves en tout et pour tout), le directeur nourrit une haine de plus en plus grande envers l’un des étudiants qui écrit un livre, alors que lui patauge dans le sien…à moins que cela ne soit de l’amour…

C’est agréable et léger à lire, plutôt consensuel…pas vraiment de méandres redoutables, ni de complications psychanalytiques, tout y est simple et clair dans une écriture réfléchie.
Une critique bon enfant et amusante de ce milieu mais qui reste assez superficielle.

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Montre sa force.
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MessageSujet: Re: Muriel Spark   Dim 17 Aoû 2008 - 14:09

Les Belles années de Mademoiselle Brodie (The Prime of Miss Jean Brodie, 1961). Traduit en 1992 par Léo Dilé, Fayard, 167 pages.
Mademoiselle Brodie est un professeur atypique. Elle préfère, lorsqu'elle le peut, faire cours à l'extérieur, près d'un orme, plutôt qu'en classe. Elle enseigne à ses élèves le minimum qu'il leur faudra pour passer en classe supérieure ; quant au reste, elle leur inculque de la culture, ou plus exactement sa conception de la culture ainsi que sa manière de voir la vie.
Elle a formé le Clan Brodie : un groupe de filles qui sont ses protégées, et qu'elle invite à prendre une tasse de thé. Elle leur confie des éléments de sa vie, des pensées, voire des secrets.
Citation:
"Ces filles constituaient le clan Brodie. Ainsi les avait-on appelées avant même que la directrice ne leur eût donné ce nom sur un ton de mépris quand elles étaient passées, à douze ans, de l'école des petites à l'école des grandes. A cette époque, elles avaient été reconnaissables au premier coup d'oeil en tant qu'élèves de Mlle Brodie, étant largement informées sur quantité de sujets sans rien à voir avec le programme d'études réglementaire, ainsi que disait la directrice, et inutiles à l'école en tant que telle. On constata que ces fillettes avaient entendu parler des buchmanites et de Mussolini, des peintres de la Renaissance italienne, des avantages pour la peau de la crème démaquillante et de l'hamamélis de préférence à l'eau et au savon tout simples, et du mot menarche [Premières règles (N.d.T.)] ; la décoration intérieur de la maison londonienne de l'auteur de Winnie l'ourson leur avait été décrite, ainsi que les vies amoureuses de Charlotte Brontë et de Mlle Brodie en personne. Ces fillettes connaissaient l'existence d'Einstein et les arguments de ceux qui considéraient la Bible comme inexacte. Elles connaissaient les rudiments de l'astrologie, mais non point la date de la bataille de Flodden ou le nom de la capitale de la Finlande." (pages 7-8 ).

Bref, elles ne sont pas coulées dans le moule du savoir scolaire standardisé. ("Des expressions comme l'esprit d'équipe sont toujours employées en vue de pourfendre l'individualisme, l'amour et les loyalismes personnels", page 102). Et même plus tard, en changeant de professeur, elles "demeurèrent indubitablement Brodie et furent toutes célèbres à l'école, c'est-à-dire qu'on les tint en suspicion et guère en sympathie" (cette forme d'humour est typique de Muriel Spark : l'utilisation d'un mot, suivi de ce qui est censé être une explicitation redondante mais qui débouche en fait sur le contraire de ce à quoi le lecteur s'attendait).

Mademoiselle Brodie est une personne complexe, un mélange de naïveté, de gentillesse, d'esprit manipulateur qui méprise les conventions et les gens conventionnels. Elle est fascinée par l'Italie ; l'histoire se passe dans les années trente, et elle apprécie beaucoup ce qu'elle y voit (ainsi qu'en Allemagne) lors de ses voyages, mais lorsqu'elle en parle avec ses élèves, elle le fait avec une grande naïveté. Beaucoup, à l'école, veulent sa démission ou du moins sa mutation, à commencer par la directrice.

Le roman se focalise sur les filles du clan Brodie et leur destin avec beaucoup de fantaisie, dans un tourbillon chronologique constant (qui fait que certains ont pu dire que ce roman est une nouvelle qui aurait été "étirée").
"Notre bel âge, c'est le moment pour lequel nous sommes nés", leur enseigne Mademoiselle Brodie (page 16). Le bel âge de Mademoiselle Brodie aura naturellement une fin, qui est entrevue tout au long du livre et qui recèle un mystère.
Chacune des filles se demande quand son bel âge arrivera, ou si elle y est est déjà. Elles auront des destins différents, emprunteront des chemins personnels. Comme souvent chez Muriel Spark, on note des réflexions personnelles et sarcastiques sur la religion.
Citation:
"[...] Dieu avait combiné pour à peu près tout le monde, avant la naissance, une désagréable surprise lors de la mort. Plus tard, quand Sandy lut Jean Calvin, elle constata que certaines conceptions populaires concernant le calvinisme avaient beau être fausses, il n'y avait pas d'erreur en ce domaine particulier ; et même, ce n'était là qu'une façon bénigne d'envisager la question : Calvin avait décrété que Dieu prenait plaisir à inculquer un sentiment erroné de joie et de salut à certaines personnes, de façon que leur surprise finale pût se révéler d'autant plus désagréable". (page 142)


Les Belles Années de Mademoiselle Brodie est un roman très amusant, mais souvent faussement léger (car l'humour n'occulte pas un fond sombre et nostalgique), et très british dans sa politesse et son bon goût apparents.

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MessageSujet: Re: Muriel Spark   Dim 17 Aoû 2008 - 14:12

Memento Mori (Memento Mori, 1958). Traduit par Léo Dilé, Editions Stock, 283 pages.
Quelqu'un (homme ? femme ? enfant ?) téléphone à un certain nombre de personnes âgées bien en vue dans la société et leur dit simplement : "Rappelez-vous qu'il faut mourir". Les réactions sont diverses (en général : mauvaises), la police semble impuissante...

Toute une pléiade de personnages (vieux poète, vieille écrivaine qui a eu son heure de gloire, son frère, etc.) traversent les pages de ce roman. Il est beaucoup question de testaments, faits et refaits des dizaines de fois par des vieux qui n'ont que cela pour maintenir l'intérêt de leur entourage.

Parmi tous ces personnages se trouve Alec Warner, un "passionné de gérontologie", comme il se définit lui-même (page 218 ), qui passe son temps à faire des fiches sur les vieux de son entourage et étudier leur comportement, leurs manies. Il se demande si un tel ou un tel n'a pas perdu ses "facultés", et à demander aux uns et aux autres d'avoir la bonté de prendre leur température et leur pouls à l'annonce de certaines nouvelles de nature à les bouleverser.
Alec visite certaines connaissances à l'hôpital. "Douze personnes occupaient la salle Maud Long, réservée, dans l'hôpital, aux personnes âgées de sexe féminin." (page 18).

Parmi ces personnes, une certaine Mamie Barnacle ; lorsqu'elle meurt, on peut lire :
Citation:
"Le matin suivant, à onze heures, Mlle Valvona et Mlle Taylor furent descendues dans des fauteuils roulants jusqu'à la chapelle de l'hôpital. Elles étaient accompagnées par trois autres mamies de la salle Maud Long, qui n'étaient pas catholiques, mais qui avaient été attachées à Mamie Bernacle par des liens divers, y compris ceux de l'affection, du mépris, de la rancune et de la pitié." (page 153)


Memento Mori est un roman sarcastique et très grinçant sur la vieillesse, la déchéance, la perte de la mémoire, de ses moyens.

Un des grands moments de la vie des vieilles à l'hôpital est la lecture des notices nécrologiques, ainsi que de l'horoscope.
Bientôt est installé un coin "gériatrie" dans la salle d'hôpital.
Citation:
Page 151 : "A ce compte-là, on ne va pas tarder à devenir séniles nous-mêmes, dit Mamie Green".
- Chut ! fit l'infirmière en chef. Nous n'employons jamais ce mot. Nous disons qu'il s'agit d'un cas relevant de la gériatrie."

Puis, plus loin :
Citation:
"Un autre cas relevant de la gériatrie tentait de grimper par-dessus son garde-fou."

Et lorsqu'une pensionnaire fête ses cent ans :
Citation:
"L'hilarité ne tarda pas à se calmer, et les journalistes étaient déjà repartis lorsque les visiteurs normaux commencèrent à arriver. Certaines des personnes relevant de la gériatrie étaient encore occupées à déguster leur part de gâteau, ou à faire avec celle-ci des choses diverses". (page 280).


Plus que Les Belles Années de Mademoiselle Brodie, Memento Mori est un roman très sombre.
On y retrouve certes l'humour habituel de Muriel Spark. Quelques exemples :
- "Un scandale était une chose grave, en ce temps-là". (page 273).
- "Mme Anthony sut instinctivement que Mme Pettigrew était une femme pleine de bonté. Son instinct la trompait." (page 68 )
"- Qu'elle aille au diable, Lisa Brooke !", répondit Dame Lettie, ce qui aurait été une déclaration alarmante si elle avait été faite sérieusement, car Lisa Brooke venait de mourir quelques instants plus tôt, comme Godfrey le découvrit dans la rubrique nécrologique du Times le lendemain matin." (page 25)

En conclusion, à condition de ne pas avoir de proches touchés par le gâtisme, on peut trouver ce roman drôle, mais en gardant un oeil sur l'épée qui oscille au-dessus de la tête de chacun, car nul ne sait de quoi l'avenir sera fait. Peut-être est-ce là l'invitation de Muriel Spark : rions aujourd'hui, car demain...
Néanmois, la fin est décevante.
Bref, un roman bancal, très curieux, mais également très marrant.

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Muriel Spark

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