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 Robert Louis Stevenson

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Bellonzo
Sage de la littérature


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MessageSujet: Robert Louis Stevenson   Lun 8 Sep 2008 - 20:53



Source Evene
Maître du roman d'aventure, Robert Louis Stevenson a initié le genre, l'a théorisé et n'a cessé de le redéfinir. Issu d'une famille d'ingénieurs, il est empreint à la fois de rationalité toute scientifique et de superstition, héritée d'une nourrice particulièrement bonne conteuse. Entré à l'université d'Edinburgh, Stevenson obtient son diplôme de droit mais n'exercera jamais au barreau. Contre l'avis de ses parents, il se tourne vers les lettres et se lance dans une vie de bohème. Tuberculeux, il commence à voyager très jeune, à la recherche de climats favorables. De ses voyages (Europe, Amérique, Polynésie.. .), il tire de nombreux récits, dont le 'Voyage avec un âne dans les Cévennes'. Il se marie en 1880 et entreprend avec sa femme de nombreux séjours en Ecosse, Suisse, France, Etats-Unis... Son premier grand succès, 'L' île au trésor', le place parmi les références du roman d'aventure : il touche un large public au delà du lectorat des enfants. Mais Stevenson écrit également des romans fantastiques, tels que 'L' étrange cas du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde' (1886). Trois ans plus tard, 'Le Maître de Ballantrae' marque une charnière entre l'aventure enchantée et l'aventure dramatique. De 1889 à sa mort, il ne quitte plus le Pacifique sud qu'il évoque dans ses ultimes récits.

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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Robert Louis Stevenson   Lun 8 Sep 2008 - 21:17

Le cimetière des Samoa

L'homme enterré si loin là-bas dans ces îles du Pacifique,après maints voyages en canoé,à pied avec un âne ou en paquebot,cet homme,comme Melville ou Kipling,il faut absolument le sortir des chambres d'enfants où des décennies d'habitudes fâcheuses ont pu laisser dormir ses livres,émasculés en général.Non,Stevenson n'est pas un auteur pour la jeunesse.Non,Stevenson n'est pas qu'un très grand auteur d'aventures.Ou alors vous l'avez mal lu.C'est bien le moins que les Parfumés lui rendent honneur.
Des dizaines de versions filmées avaient fini par me faire presque oublier L'étrange cas du Docteur Jekyll et de Mr.Hyde,faisant de lui un héros romantique et fiancé,jeune et fringant.Ce n'est pas la vérité et si vous relisez les 70 pages de ce qui n'est qu'une nouvelle vous comprendrez.

Cet homme de 50 ans a lutté toute sa vie pour contenir le double en lui,celui qui riait sous cape quand le docteur enseignait,celui qui brutalisait les petites gens quand le docteur les soignait,celui enfin qui devait attirer en un combat titanesque et jusque dans les affres et la géhenne infernale le praticien humaniste.Dans ces pages où s'évade la conscience et où nous trouvons tous en nous quelque chose de Mr.Hyde,la littérature la plus noble,celle qui traite des choses humaines,a écrit le plus beau des dilemmes,celui du Bien contre le Mal,le plus douloureux aussi.Je reviendrai sur Robert Louis Stevenson.Croyez moi,il en vaut la peine.

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MessageSujet: Re: Robert Louis Stevenson   Lun 8 Sep 2008 - 21:22

Bellonzo a écrit:

Source Evene
Trois ans plus tard, 'Le Maître de Ballantrae' marque une charnière entre l'aventure enchantée et l'aventure dramatique.


Très bon roman d'aventures celui-là (même si je ne saisis pas trop la formule d'Evene..) !

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Car ce sont bien de menus accidents qui nous font chérir un livre plutôt qu'un autre. (Roger Caillois)
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Marko
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MessageSujet: Re: Robert Louis Stevenson   Lun 17 Nov 2008 - 0:08


Chants du voyage

J'ai découvert hier soir à l'opéra de lille un spectacle très émouvant (le public avait les larmes aux yeux en sortant de la salle, c'est rare) qui associait, avec justesse et habileté, l'opéra de Vaughan Williams "Riders to the sea" précédé par 9 des "Songs of Travel" de Stevenson.

Quelle émotion et quelle découverte que ces chants d'amour, d'amitié, de mort, d'appel à l'aventure, d'une poésie rare. Il y avait en plus une superbe mise en espace avec des projections de la mer et du texte lui-même en un jeu d'apparitions et de glissements très inventifs. Fort!

Je me suis précipité le lendemain pour trouver un exemplaire des "chants" sur internet et par miracle il existe dans une édition bilingue.

Tu aurais apprécié ce beau spectacle Bellonzo, j'en suis certain. Malheureusement il n'y a qu'une date mais le spectacle est repris à Paris du 8 au 11 avril au théâtre de l'Athénée Louis Jouvet.
http://www.athenee-theatre.com/programmation/fiche_spectacle.cfm/60718_riders_to_the_sea.html

Commentaires trouvés sur internet:

Présentation:

Robert Louis Stevenson, grand romancier que l'on connaît, est également un grand poète. On conserve de lui de nombreux recueils, dont ces Chants du voyage (Songs of Travel) qui représentent la quintessence de son art poétique.
Le poème d'ouverture, " Le vagabond ", est non seulement considéré comme l'un de ses meilleurs poèmes, mais encore comme l'un des meilleurs poèmes de la langue anglaise.
Les Chants du voyage sont un merveilleux exemple de cette finesse littéraire que Stevenson sait si bien cacher sous la simplicité et, par-dessus tout, de son charme.
Les Chants du voyage est le premier recueil de poèmes de Stevenson à être publié en français


Stevenson gardait plus d'un trésor dans ses cales. Les poèmes présentés dans ce recueil bilingue sont inédits en français et de la meilleure eau. Sous l'apparente simplicité et le charme qui ont fait son succès, l'auteur de L'Ile au trésor recèle dans ces vers une profondeur et une sensibilité exemptes de mièvrerie. Parmi ces perles, retenons particulièrement Le Vagabond et les derniers poèmes, rédigés sur les îles Samoa, où il trouva la mort. «Vagues et vents, îles, océans,/ Montagnes de soleil et de pluie,/ Tout ce qui était bon, tout ce qui était beau,/ Tout ce qui était moi s'est enfui

Chants du voyage de Robert Louis Stevenson. Éditions Les Belles lettres.


Le Vagabond
Sur un air de Schubert

Donnez-moi la vie que j'aime,
Le long de ma route un ruisseau,
Donnez-moi le ciel joyeux et le chemin de traverse.

Dormir sous le buisson, regarder les étoiles,
Tremper son pain dans la rivière –
Telle est la vie qui me convient
Toujours et à jamais.

Que s'abattent les coups qui me sont destinés,
Advienne ce qui devra ;
Mais donnez-moi la face de la terre
Et la route qui m'attend.

Richesse, espoir, amour n'importent
Ni un ami qui me connaisse ;
J'ai pour seul désir le ciel, là-haut,
Et la route qui s'en va.

Ou que l'automne me prenne
Par les champs où je m'attarde,
Faisant taire l'oiseau dans l'arbre,
Mordant mes doigts bleuis.
Le champ couvert de givre est blanc comme farine –
L'âtre offre un tiède abri –
Je ne veux céder à l'automne,
Ni même à l'hiver !

Que s'abattent les coups qui me sont destinés,
Advienne ce qui devra ;
Mais donnez-moi la face de la terre
Et la route qui m'attend.
Richesse, espoir, amour n'importent
Ni un ami qui me connaisse ;
J'ai pour seul désir le ciel, là-haut,
Et la route qui s'en va.


En VO
The Vagabond
To an air of Schubert

Give to me the life I love,
Let the lave go by me,
Give the jolly heaven above
And the byway nigh me.
Bed in the bush with stars to see,
Bread I dip in the river -
There's the life for a man like me,
There's the life for ever.


Let the blow fall soon or late,
Let what will be o'er me;
Give the face of earth around
And the road before me.
Wealth I seek not, hope nor love,
Nor a friend to know me;
All I seek, the heaven above
And the road below me.

Or let autumn fall on me
Where a field I linger,
Silencing the bird on tree,
Biting the blue finger.
White as meal the frosty field -
Warm the fireside haven -
Not to autumn will I yield,
Not to winter even!

Let the blow fall soon or late,
Let what will be o'er me;
Give the face of earth around,
And the road before me.
Wealth I ask not, hope nor love,
Nor a friend to know me;
All I ask, the heaven above
And the road below me.



À une princesse des îles

Depuis le temps lointain où, tout enfant,
Je rêvais en lisant de me lever, de partir,
Partout dans le monde et à chaque instant
J'ai imaginé une terre promise.

Ma maison était sur la route ;
J'ai embarqué souvent, et combien de nuits
Ai-je reposé ma tête sous un ciel sans voile,
Trempé par la pluie, battu par les vents :
Et j'ai franchi cent collines,
Parcouru cent pays – temps perdu de l'amour !
Puis, Madame, j'ai abordé cette île de soleil,
Vide d'espoir ; et, comme un aveugle
Recouvre la vue, j'ai frotté mes deux yeux
Pour saluer d'un cri ma terre promise.
Oui, Madame, j'étais au bout de ma route ;
Ce que j'avais rêvé, je le voyais enfin :
Le long rouleau saphir de l'océan
Qui préserve une terre vierge ;
Les solides géants de bois
Chargés de jouets, de fruits et de fleurs ;
La précieuse forêt qui se dresse
Comme un rempart autour de la ville ;
La ville même, et ses rues d'herbe,
Aimée de la lune, chérie de l'aube,
Où tout le jour les enfants bruns
Font un vacarme incessant et joyeux,
Jouant au soleil, jouant sous la pluie,
Sans jamais se battre et sans gémir ;
Et, à la nuit tombée, dans la forêt de fruits,
Dîtes, entendez-vous cette flûte qui passe ?

Je regardai tout alentour,
Comprenant que j'étais au pays enchanté.
Pourtant quelque chose semblait
Manquer. Car, Madame, (vous le savez),
Quiconque doit à sa persévérance
D'avoir atteint le Pays enchanté
Y découvre toujours, le regard émerveillé,
Une princesse-fée, sage et bonne.
Brève attente ! Car bientôt,
Sur le seuil, en plein midi,
Gracieuse et bienveillante, sage et douce,
Moë, Princesse-Fée, se tenait devant moi.

Tautira, Tahiti , 5 Novembre 1888.


En VO
To an Island Princess

Since long ago, a child at home,
I read and longed to rise and roam,
Where'er I went, whate'er I willed,
One promised land my fancy filled.
Hence the long roads my home I made;
Tossed much in ships; have often laid
Below the uncurtained sky my head,
Rain-deluged and wind-buffeted:
And many a thousand hills I crossed
And corners turned - Love's labour lost,
Till, Lady, to your isle of sun
I came, not hoping; and, like one
Snatched out of blindness, rubbed my eyes,
And hailed my promised land with cries.

Yes, Lady, here I was at last;
Here found I all I had forecast:
The long roll of the sapphire sea
That keeps the land's virginity;
The stalwart giants of the wood
Laden with toys and flowers and food;
The precious forest pouring out
To compass the whole town about;
The town itself with streets of lawn,
Loved of the moon, blessed by the dawn,
Where the brown children all the day
Keep up a ceaseless noise of play,
Play in the sun, play in the rain,
Nor ever quarrel or complain; -
And late at night, in the woods of fruit,
Hark! do you hear the passing flute?

I threw one look to either hand,
And knew I was in Fairyland.
And yet one point of being so
I lacked. For, Lady (as you know),
Whoever by his might of hand,
Won entrance into Fairyland,
Found always with admiring eyes
A Fairy princess kind and wise.
It was not long I waited; soon
Upon my threshold, in broad noon,
Gracious and helpful, wise and good,
The Fairy Princess Moe stood.

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MessageSujet: Re: Robert Louis Stevenson   Lun 17 Nov 2008 - 21:25

Autre extrait des chants:

Assiégé par la mer toute une nuit j'ai entendu
Le battement de son pouls dans le lointain, les cris
Du vent dans le tumulte des palmes.
J'allai flâner: l'île n'était que sable étincelant,
Ombres de palmes, agitement de branches;
Et le ciel était lune et vent - une voûte aveuglée;
L'étoile la plus vive était morte: Vénus dormait.
Le roi mon voisin, avec la troupe de ses femmes
Dormait dans l'enceinte des palissades;
Là, solitaire sous la lune et le vent,
Parmi les cabanes assoupies brûlait un feu,
Seul réverbère, unique sentinelle.
D'autres nuits, d'autres terres me sont apparues -
Londres d'abord, et ta maison surtout,
Ta maison bien-aimée aux multiples colonnes.
Je me suis posé là, tout rêve et tout désir, à nouveau
Je me suis allongé dans la chambre du haut, écoutant
La ville éveillée - murmure d'une conque -
Et les pas assourdis des gardiens du Musée
Comme autrefois; et j'ai revu l'éclat inutile
Des réverbères dans les rues dépeuplées;
J'ai désiré, une fois encore, l'arrivée de l'aube,
Les premières voitures, les oiseaux du matin,
Les trilles de leur cœur minuscule
Tissant autour des immenses corniches
Un éphémère sortilège. (...)


Robert Louis Stevenson

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MessageSujet: Re: Robert Louis Stevenson   Lun 17 Nov 2008 - 21:38

Quel souffle chez ce poitrinaire,Marko.Merci car je connais fort peu sa poésie.

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MessageSujet: Re: Robert Louis Stevenson   Lun 17 Nov 2008 - 21:48

Bellonzo a écrit:
Quel souffle chez ce poitrinaire,Marko.Merci car je connais fort peu sa poésie.


Et chanté sur la musique de Vaughan Williams c'était vraiment très émouvant! Un spectacle rare...

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