bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: Re: Agnès Desarthe Jeu 2 Juil 2009 - 19:05 | |
| Décidemment, cette Agnès D. est trop femme pour ne pas etre un peu sorcière ou fée... Oh, je déconne moi !  |
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Marie Zen littéraire

Messages: 6904 Inscription le: 26/02/2007
 | Sujet: Re: Agnès Desarthe Mar 15 Sep 2009 - 1:44 | |
| Le remplaçantEditions de l'Olivier | Citation: | Le problème,avec les livres, c'est qu'ils n'obéissent pas à leur auteur. On choisit un héros,et voilà qu'un personnage secondaire brigue le premier plan, on construit une histoire,mais une demi-page d'écriture s'empresse de la déconstruire . Ce que l'esprit forme- chez moi cela ressemble à des sphères parfaites, irisées, légères comme des bulles de savon -la main l'alourdit et le brise; La sagesse voudrait que je renonce à l'ambition de diriger,de planifier, mais je m'obstine. Ce livre, que je suis en train d'écrire, était censé être un portrait du pédagogue polonais,mais dès les premières pages, le lapsus a oeuvré. J'ai su très rapidement qui allait prendre la place de Korczak dans ce récit, se superposer au personnage d'origine, profiter d'une vague ressemblance et de coïncidences historiques pour s'immiscer dans le projet, le faire dévier, le détourner irrémédiablement. Les deux figures ont toujours été mêlées. Dans la salle du musée, c'était déjà à l'autre que je songeais. Triple B est apparu ,et je n'ai pas pu faire autrement que raconter que son histoire à lui, lui sur qui je ne possède aucune documentation, lui dont j'ai si peu d'images,lui que personne ne connaît et dont tout e monde se fiche. Je voulais écrire sur un homme exemplaire, et voilà que je m'attache à un exemplaire d'homme. C'est ainsi que fonctionne la fiction, la fiction qui, chez moi, l'emporte toujours sur son inverse ou plutôt son opposé, dont je peine à trouver le nom. Réalité? Vérité? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que cela me fait penser à une histoire de biscuit. Et s'il faut en passer par là pour comprendre comment un livre sur Janusz Korczak se transforme en un récit autour de Boris Jampolski, allons-y. |
C'est un livre court, très simple et très pudique. Dans lequel Agnès Desarthe ,dont les grands- parents maternels étaient russes, et les grands-parents paternels lybiens, raconte son grand-père. Ou plutôt le remplaçant de son grand-père, celui qu'elle a connu, elle, car son vrai grand-père est mort à Auschwitz . Et bien sûr son enfance, à travers ce qu'elle conte de ce faux grand-père, qui lui aussi était un conteur. Et comme on peut le lire dans l'extrait , ce n'est pas de lui qu'elle voulait parler ,mais de Janus Korczak,pédiatre et écrivain, qui rassemblait les enfants orphelins du ghetto de Varsovie et a été exterminé avec eux à Tréblinka.Elle va y arriver, mais pas tout de suite, après plusieurs digressions familiales et associations d'idées. Comme j'apprécie cette façon d'écrire, par petites touches qui sont en fait très travaillées bien sûr, j'ai beaucoup aimé cette lecture dont les thèmes, les racines, la mémoire, la famille de sang ou de remplacement me sont chers aussi. _________________ J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible. André Comte-Sponville
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bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: Re: Agnès Desarthe Mar 15 Sep 2009 - 12:24 | |
| Je crois qu' elle est sur la bonne voie, Agnès Desarthe... ça me rassure. Après Mangez-moi, je lirai probablement celui-là ! |
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