Une lecture réconfortante....un peu de rose dans un monde de brutes, parfois on a envie d'y croire un petit moment
"L'éducation d'une fée"
De
Van Cauwelaert je n'avais lu que
"Les vacances du fantôme" que j'avais beaucoup aimé alors.
Quatrième de couverture:
"Que faire lorsque la femme de votre vie décide de vous quitter parce qu'elle vous aime? Comment sauver le couple de ses parents quand on a huit ans? Une fille à la dérive peut-elle devenir une fée parce qu'un petit garçon a décidé de croire en elle?"Nicolas, inventeur de jouets et rêveur dans lâme, est tombé amoureux dès le premier regard d'
Ingrid et de son fils
Raoul, dans une navette d'Air France. Depuis quatre ans ils vivent dans une harmonie totale, dans la bonheur absolu d'une famille unie par l'amour. Mais, un grain de sable vient gripper les rouages du bonheur.
Ingrid décide de s'éloigner de
Nicolas, pour qui pourquoi? Les réponses de l'épouse sont aussi déroutantes qu'improbables. Les arguments pleuvent,
Nicolas déserte le lit conjugal pour se réfugier dans son bureau. Commence alors pour lui une longue période de doute, de renoncement pendant laquelle, plusieurs fois par semaine, il va faire des courses, plus inutiles et plus désespérantes les unes que les autres, dans un supermarché de Mantes. A la caisse, se trouve
César, une belle jeune femme iranienne. Elle regarde les achats de
Nicolas comme autant d'appels au secours et de preuves d'existence.
Commence alors une histoire à deux voix, une histoire de deux solitudes: celle de l'époux délaissé et désemparé, celle de la jeune réfugiée iranienne qui se bat pour pouvoir valider sa maîtrise de Lettres à La Sorbonne. En attendant, elle est caissière, s'exprime dans un français tellement correct qu'il en est désuet, et résiste aux assauts séducteurs de son supérieur hiérarchique. De silence en silence, l'improbable va se produire:
Nicolas et
César se rencontrent, se racontent et s'apprécient.
César est-elle la fée qui recollera les morceaux du couple et donnera les ailes du rêve à un enfant de huit ans? Disons, que grâce à son regard extérieur elle saura mettre
Ingrid face à sa vérité: sa peur de rendre malheureux l'homme de sa vie et son petit garçon en cas de disparition était irrationnelle et inutile...on n'éloigne jamais la douleur de la perte même pour protéger l'amour que l'on porte à ses proches.
Un roman où les personnages secondaires sont croqués sans concession avec leurs qualités et leurs défauts, reflets et produits de notre société: les collègues de travail de
César sont murées dans leur jalousie et leur haine de ce que leur chef leur fait subir, le chef est un écoeurant et répugnant macho de bas étage, imbu de son minable pouvoir, un odieux petit rasciste idiot se croyant intelligent, les copains de banlieue voyous intolérants et bagarreurs pensant être investis d'une mission, agaçants certes mais moins odieux que le chefaillon, les collègues d'I
ngrid intellectuels perdus dans leurs recherches, la mère d'Ingrid casse-pieds au possible mais finalement marrante, les héritiers de l'ancien patron de
Nicolas qui tentent de le dépouiller (huummm la famille, ça peut être fantastique!).
Un conte de fée moderne, auquel on peut ne pas adhérer, rafraîchissant, tendre et tout en sensibilité accompagné d'humour joyeux et grinçant. De situations cruelles peuvent découler de merveilleuses issues: la chute est convenue, certes, mais agréable! Ca fait du bien de croire aux belles choses qui peuvent arriver!
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Hochant la tête/il se lèche/le chat sous la lune (Issa)