Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Jean-Baptiste Del Amo

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Marko
Zen littéraire


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MessageSujet: Jean-Baptiste Del Amo   Lun 22 Sep 2008 - 18:44


Jean-Baptiste Del Amo

Une éducation libertine


« La mode avec nos philosophes, est à l’étude de l’âme. L’âme… regardez donc, cherchez- là, qu’est-ce ? La voyez-vous ici ? Non, ici point d’âme, mais des corps. Des corps aboutis, des corps achevés, épanouis dans leur pourriture » Une Education Libertine

Résumé : (Gallimard)

Paris, 1760. Le jeune Gaspard laisse derrière lui Quimper pour la capitale. De l’agitation portuaire du fleuve aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris. Roman d’apprentissage, Une éducation libertine retrace l’ascension et la chute d’un homme asservi par la chair.


Je viens de terminer Une éducation libertine et j’ai été conquis. Jean-Baptiste Del Amo est un jeune auteur (26 ans !) plein d’ambition et de talent. Dans ce roman sous influence (au meilleur sens du terme) il creuse un sillon assez sombre déjà tracé par d’illustres prédécesseurs. Il convoque ou cite le Marquis de Sade, Gabrielle Wittkop, Casanova ou Patrick Süskind entre autres (Aloysius Bertrand pour son Gaspard de la nuit ?) .

On pense à Barry Lindon pour ce personnage d’arriviste qui ira à sa perte. Mais surtout à Jean-Baptiste Grenouille, du « Parfum » de Süskind, dont Gaspard pourrait être le frère jumeau. Ils émergent tous deux au début du roman du vaste cloaque d’un Paris déliquescent et érotisé pour naître (ou renaître dans le cas de Gaspard) à une forme de monstruosité. Grenouille rencontre d’abord Baldini le parfumeur et Gaspard entre au service de Billod le perruquier. Nous sommes à la même époque, dans les mêmes quartiers. Baldini est d’ailleurs cité comme connaissance de Billod. Les odeurs jouent également pour tous les 2 un rôle essentiel mais les menant vers des directions très différentes d’un point de vue narratif et philosophique.

Gaspard en rencontrant le personnage (très réussi) d’Etienne de V., sorte de Marquis de Sade, recevra une éducation libertine qui le conduira à l’ autodestruction. Mais le plus étonnant c’est que du sexe il y en a finalement peu et de façon presque furtive. Ce qui intéresse Del Amo c’est la métamorphose des corps qu’il décrit de façon très inspirée. Tout est sécrétions, suintements, putréfaction… Gaspard ira jusqu’à l’intérieur même de ses chairs pour tenter d’en extraire sa propre déliquescence morale.

En définitive plus qu’une éducation libertine, ce livre est le récit de la transfiguration d’un corps.

Del Amo a la même démarche qu'un Sade. Il se vautre dans la noirceur, la déliquescence morale, il dérange pour montrer qu'un personnage qui cherche à fuir des blessures de l'enfance (voir tous les "flash back" du livre) , qui se méprise lui-même au point de vouloir en mourir, aura besoin d'aller aux limites de l'humiliation et de l'autodestruction pour tenter d'exister, de se trouver une identité. Une quête de lumière à travers la noirceur absolue. Mais cette lumière il ne la trouvera peut-être jamais comme certaines victimes de traumatismes ne la trouvent jamais non plus, se mutilent, se font du mal de façon purement masochiste pour ne pas sentir la douleur morale bien plus insupportable.

J’en suis ressorti un peu nauséeux mais enthousiasmé par ses qualités littéraires impressionnantes. Et malgré toutes ses références assumées (qui en sont peut-être les seules limites) ou grâce à elles, j’ai eu le sentiment de découvrir un auteur important et qui comptera. A suivre…

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Car les plus beaux pays sont ceux
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coline
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Lun 22 Sep 2008 - 18:48

Je disais donc...hier...que je ne te suivrai pas sur ce coup-là mais que je ne doutais pas des qualités littéraires de l'ouvrage...

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Queenie
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Lun 22 Sep 2008 - 18:56

Et moi je te suis à 300% mais j'ai finalement décidé d'attendre la version poche. Parce que vraiment j'aime pas trop trop les grands formats en général (pas pratique à trimballer, pas pratique à ranger, trop lourd à tenir...), et qu'en plus chez Gallimard les grands formats sont vraiment trop laids je trouve.

Donc... A dans 6-9 mois.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 15 Oct 2008 - 13:06

Entretien avec Jean-Baptiste Del Amo : ICI
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Marko
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 15 Oct 2008 - 13:24

Merci Kenavo! Il est très intéressant et a une belle bibliothèque! Very Happy

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Malorie
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mar 28 Oct 2008 - 20:08

J'ai ce roman il y a quelques semaines... Je me suis laissée tenter en lisant la quatrième de couverture chez mon libraire. Et ce dernier, ma chaleureusement recommandé cet ouvrage.

C'est donc avec plaisir que je me suis penchée sur les premières pages de ce roman. Et dès lors, impossible de lâcher prise. Je lisais partout, en mangeant, dans les transport, dans la file d'attente à la caisse de mon supermarché, ect.
J'ai été hâppée par l'histoire, par la forme du roman, par l'écriture talentueuse de ce très jeune auteur...

Cela m'a rappelé les romans de Balzac, Flaubert, Zola, ect. Une amie m'a dit, que les premières pages du livre pouvaient facilement de confondre avec celles du Parfum de Süskind (lire dans ma PAL)... J'ai adoré tous ces adjectifs, toutes ces descriptions, toutes ces allusions, ect.

Ce roman est un des deux romans de la rentrée littéraire qui m'a marqué... Un très bon plaisir de lecture...
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coline
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 0:24

J'en suis à une centaine de pages lues, c'est dur, dur, dur... pale ...Je dois m'accrocher...

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aériale
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 8:29

coline a écrit:
J'en suis à une centaine de pages lues, c'est dur, dur, dur... pale ...Je dois m'accrocher...

Hummm...
J'ai bien peur que tu ne tiennes pas la distance Coline, si tu luttes déjà au premier quart Wink
Perso, je suis tombée dans cette fange si délicieuse dès les premières lignes...Et je ne m'en suis touijours pas relevée.

Et pourtant je n'aime pas les trucs trash.

La question est : comment ce type arrive à nous faire ingurgiter autant d'horreurs avec autant de bonheur?
Ca doit être ça, le génie...

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Après tout, la meilleure façon de parler de ce quel'on aime est d'en parler légèrement.
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 9:15

Je ne vais peut-être pas vous tenir au courant au jour mais depuis mon dernier post, et dans la nuit, j'ai poursuivi ma lecture...J'en suis à des pages plus "respirables" (ou alors c'est que je m'habitue... content )...
Et malgré mes difficultés je n'ai pas du tout du tout envie de lâcher ce roman...Quelle puissance!

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kenavo
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 10:32

aériale a écrit:
La question est : comment ce type arrive à nous faire ingurgiter autant d'horreurs avec autant de bonheur?
Ca doit être ça, le génie...
c'est aussi une question que je me suis posée.. mais l'écriture et le moment de 'plaisir' de lire ce qu'il nous met, me fait l'effet - n'importe.. je me régale Very Happy

coline a écrit:

Et malgré mes difficultés je n'ai pas du tout du tout envie de lâcher ce roman...Quelle puissance!
cheers
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chrisdusud
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 11:04

Il faut vraiment que je le lise celui là !
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coline
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 11:07

chrisdusud a écrit:
Il faut vraiment que je le lise celui là !


conciliabule Ah oui!...toi fan de Calaferte qui n'a peur de rien... content

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 11:07

chrisdusud a écrit:
Il faut vraiment que je le lise celui là !
ah oui.. il faut au moins l'essayer.. pour moi un roman incontournable Very Happy
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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 17:36

"Une éducation libertine"

« Paris, nombril crasseux et puant de France. Le soleil, suspendu au ciel comme un oeil de cyclope, jetait sur la ville une chaleur incorruptible, une sécheresse suffocante. Cette fièvre fondait sur Paris, cire épaisse, brûlante, transformait les taudis des soupentes en enfers, coulait dans l'étroitesse des ruelles, saturait de son suc chaque veine et chaque artère, asséchait les fontaines, stagnait dans l'air tremblotant des cours nauséabondes, la désertion des places.

Dans cette géhenne, la chaleur de l'été collait aux visages comme un masque, drapait les corps de feu, tuait les bêtes qui tentaient de survivre en quelque coin d'ombre, suffoquait les femmes uax poitrines poisseuses. Les glandes sudorales déversaient par flots leurs humeurs. Jaillies d'aisselles velues, elles s'écoumaient des fesses aux flancs puis sur les jambes. Fondue comme du beurre sur les fronts, la sueur piquait aux yeux, répandait son sel aux bouches haletantes. La crasse s'écoulait comme un sédiment, marquait les plis aux articulations de traces noires. On s'éventait avec un rien, un vieux chiffon, une gazette, une main. On soulevait, ce faisant, le remugle aigrelet des corps transpirants. La puanteur de l'un se mêlait à la puanteur de l'autre quand déjà les corps ne se frottaient pas, mélangeant leurs sueurs respectives. Cette pestilence gonflait les haillons, les vêtements de peu couvrant un reste de pudeur, montait paresseusement dans l'air stagnant, fleurissait, envahissait la ville entière.
Cette odeur d'homme flottait et rendait l'horizon incertain, c'était l'odeur même de Paris, son parfum estival. Paris suait, ses aisselles abondaient, coulaient dans les rues, dans la Seine. Paris, hébétée par cette incandescence, offrait ses chairs grasses à la liquéfaction. Dans l'imbroglio de ses entrailles, la foule haletait, avalait par goulées l'air corrompu, se traînait sans conviction le long des avenues, s'adossait contre la pierre tiède des ruelles, s'engouffrait dans l'orifice des culs-de-sac. Les étals eux-mêmes étaient ébahis de chaleur : les fruits flétris, les viandes et les poissons verdâtres, les légumes rabougris. Sur les amoncellements épars, le bruissement des mouches ignorait le geste las d'une marchande qui claquait un chiffon avant d'éponger son front, puis soulevait ses jupes pour aérer son entrecuisse moite. Une main se glissait dans la superposition des tissus pour gratter l'irritation de la peau. Elle ressortait brillante, musquée, se levait sans conviction pour interpeller un passant, tâtait les fruits, s'essuyait en remuant un sac de blé, déplaçait l'air chaud d'un geste de mépris quand l'autre continuait son chemin sans même un regard. »


C'est dans cette ville grouillante et nauséabonde – le Paris des années 1760 – qu'arrive de Quimper le jeune Gaspard. Il a quitté sa province natale afin d'échapper au destin qui lui était tout tracé : passer son existence le corps penché sur la terre boueuse et ingrate, entre la porcherie et la ferme familiale, entre un père sombre et brutal et une mère impotente. Gaspard a fui ce monde étriqué pour devenir « quelqu'un », tirer un trait sur la misère, la boue, les porcs, les murs noirs de suie de la ferme familiale. Il rêve de Versailles, de la Cour. Il veut tutoyer la noblesse, s'étourdir et se griser des parfums subtils de la richesse et de la notoriété.
Mais comment lui – pauvre fils de paysan sans le sou – pourra-t-il trouver le moyen d'échapper à sa condition dans cette capitale où la crasse et la misère s'étalent sans retenue ? Comment s'extirper de cette fange qui le happe dès son arrivée et où il devra, pour gagner de quoi vivre, passer ses journées plongé dans l'eau putride de la Seine et débarder des trains de bois flotté. Comment pourrait-il donner vie à ses rêves ambitieux alors que chaque jour est une course contre le froid, la faim, les maladies, la mort peut-être ?
Mais le hasard va croiser son chemin en la personne de Billod, un perruquier de la rue de la parcheminerie qui va l'engager comme commis. Et c'est dans l'atelier de celui-ci qu'il va plus tard faire la connaissance d'un singulier client : le comte Étienne de V.
L'aristocrate va remarquer Gaspard et une étrange relation va se nouer entre ces deux hommes qu'à priori tout sépare. Le jeune homme ne pourra résister à la fascination qu'exerce sur lui Étienne de V. tout ceci malgré les mises en garde de Billod :

« C'est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n'a que faire des conventions, rit de la morale. Ses moeurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n'ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. C'est un épicurien dépravé, un coquin licencieux. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l'excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu'il ne les dévoie. Ce libre-penseur philosophe sur sa décadence et distille sa pensée sybarite, corrompt les âmes. On dit aussi qu'il est un truand, un meurtrier, un empoisonneur bien que jamais on ne l'ait pu accuser. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l'amour, il les méprise soudain car seule la volupté l'attise. On chuchote qu'il aurait perverti des religieuses et précipité bien d'autres dames dans les ordres. C'est un noceur, un polisson. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n'être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s'en méfier comme du vice. »

Mais Gaspard n'a que faire des avertissements de Billod et le voilà prêt à suivre le comte de V. dans toutes ses turpitudes. Cet homme n'a t-il pas accès à la Cour ? Par son entremise, Gaspard espère sortir de son ingrate condition. Étienne de V. va devenir son Pygmalion et lui ouvrir des portes jusqu'ici inaccessibles en l'introduisant auprès de la noblesse. Mais le prix à payer pour tout ceci s'avérera bien douloureux quand le moment sera venu...

« Une éducation libertine », premier et prometteur roman de Jean-Baptiste del Amo, nous entraîne dans le Paris de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, un décor dantesque, grouillant de vermine et de crasse qui n'est pas sans rappeler les premières pages du « Parfum » de Patrick Süskind et « Les nuits de Paris » de Restif de la Bretonne.

L'auteur nous prend par la main et nous invite à renifler la puanteur des bouges, des tavernes et des corps. Il nous fait toucher du doigt la crasse immémoriale accumulée sur les murs de cette capitale. Il nous offre en pâture la vision de corps en décomposition, de personnages dont la peau couverte d'ulcères gonfle et éclate en jaillissements de pus. Tout ici pue les excréments, l'urine, la viande pourrie, et les corps mal lavés dans l'eau douteuse de la Seine. Le « Siècle des Lumières » cher aux historiens n'est plus ici qu'une parenthèse et nous livre une vision nauséeuse et répugnante , cauchemardesque, de la capitale du Royaume de France.
Des ruelles sordides et des bordels faméliques jusqu'aux soupers fins de l'aristocratie, Jean-baptiste del Amo décrit avec minutie cette tour de Babel où s'entassent et se côtoient représentants de la noblesse et victimes de la misère la plus noire.
C'est avec Gaspard, personnage aux accents Faustiens, ainsi qu'avec le comte Étienne de V. avatar du Valmont de Laclos, que nous découvrons peu à peu cette ville aux remugles écoeurants, ses moeurs et ses vices. Les descriptions sordides se succèdent ici afin de nous immerger dans cet univers de noirceur qu'a voulu recréer Jean-Baptiste del Amo et le style de l'auteur, même s'il nous met souvent au bord de la nausée, nous emporte comme un fleuve dans ce roman d'initiation traversé d'horreurs et de perversions.
Que dire de cet ouvrage, si ce n'est qu'au delà de toutes ces descriptions morbides et répugnantes, on ne peut plus lâcher ce roman tant le style y est éclatant et la narration captivante ? Une fois ouvert ce livre, impossible de se détacher de Gaspard et de ne pas suivre son parcours au sein de cette grouillante fourmilière parisienne dans le but de s'arracher à ce magma d'immondices qui l'étouffe.
On pense au départ avoir affaire à un proto-Rastignac en la personne de celui-ci pour finalement découvrir qu'il s'apparente plutôt à Faust.
Mais je ne voudrais pas trop en dire afin de ne pas dévoiler trop de détails à celles et ceux qui n'ont pas encore lu ce formidable roman. J'espère, en tout cas, qu'ils prendront autant de plaisir que j'en ai eu à la lecture de cet ouvrage.

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MessageSujet: Re: Jean-Baptiste Del Amo   Mer 12 Nov 2008 - 18:47

Et voilà que cet auteur n'est plus "à découvrir"
Merci Biblio..
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