Parfum de livres…parfum d’ailleurs

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 Muriel Barbery

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Armor-Argoat
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mer 15 Avr 2009 - 13:56

animal a écrit:

ça fait trois lignes sur mon écran et ça arrive quelque part, il doit y avoir pire non ?

(excusez le HS)


Oui il y a pire ; j'aurais pu te copier tout l'article qui est de la même teneur ; je me suis cantonnée à une seule phrase. Wink Je suis d'accord qu'il existe des écrits bien plus abscons, c'est celui-ci qui m'est revenu en mémoire au moment où je rédigeais ma réponse.jypeurien Ce n'est peut-être pas le meilleur exemple mais il me semble que les choses pourraient être dites bien plus simplement, sans perdre de substance pour autant...

Pour répondre à pages, je réagissais à la phrase citée par Expie en tant que telle. Il est évident qu'elle ne s'adresse pas à Madame Renée et à Paloma.
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animal
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mer 15 Avr 2009 - 21:13

je crois que je vois où tu veux en venir, en fait je chafouinais un peu parce que dans l'exemple c'est surtout un vocabulaire spécifique (et faut pas lire les essais de DT Suzuki alors... enfin ça dépend, c'est diablement intéressant). Malgré tout c'est vrai qu'on peut parler poubelles sans parler lixiviation....

c'est bien les trucs tordus des fois, voir le fil Maurice Blanchot innocent

et pour revenir dans le sujet : me tente pas trop le hérisson.

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Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore...
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eXPie
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mer 15 Avr 2009 - 21:53

C'est vrai que ça va quelque part (c'est même intéressant, la différence d'Absolu : intérieur ou extérieur à soi ; c'est un Absolu qui devient relatif, d'ailleurs... si on en tire toutes les conséquences, ça peut aller loin...), comme le dit Animal. Le seul problème de l'extrait que tu cites, Armor-Argoat, c'est que cela fait partie des textes qui peuvent s'exprimer plus clairement. Lire plusieurs pages à la suite nécessite sans doute un peu d'aspirine en intraveineuse.

Quand on a quelque chose à dire, c'est toujours plus chic de faire des phrases compliquées, un peu abstruses. On est tout de suite pris plus au sérieux.
Si tout le monde comprend, on impressionne moins.

Au fait, oui, la mauvaise foi, c'est vrai.
J'aime bien. Very Happy

A-t-on parlé du film en cours ? Il semble que ce soit avec Josianne Balasko (Renée), Garance Le Guillermic (Paloma - c'est rigolo, à son âge, elle se spécialise dans les adaptations de gros best-sellers : elle a déjà "commis" Pars vite et reviens tard et Mes amis, mes amours) et Togo Igawa.
Réalisé par Mona Achache (qui ça ?)
Et que ça sorte en octobre 2009. Même si imdb n'en parle pas.

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Armor-Argoat
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Dim 17 Mai 2009 - 20:08

Une gourmandise

Un homme se retrouve confronté à sa mort imminente ; "deux jours" au plus, a dit le médecin. Cette homme dont la fin est si proche est le critique gastronomique le plus influent de France, celui qui d'un trait de plume acéré et génial fait et défait les carrières. Egocentrique, séducteur impénitent, il n'a vécu que pour lui-même et l'amour de la cuisine, dédaignant tout le reste, y compris son épouse, _ le plus bel objet décoratif de sa collection _ à qui il a fait des enfants pour qu'elle ne s'ennuie pas trop. Enfants qui à force d'indifférence et de mépris en sont venus à haïr leur père.

Mais au seuil de la mort, une seule chose obsède le critique ; une saveur qui lui échappe, et qu'il veut à tout prix retrouver avant le dernier soupir. Alors il cherche, inlassablement, et passe en revue les goûts qui ont tant marqué son existence, espérant se remémorer celui qui le taraude.

Voilà un parti prix original et intéressant, prétexte à décortiquer avec les mots les sensations délectables causées par les aliments, du plus simple morceau de pain à la préparation la plus sophistiquée.
J'ai lu les premières pages sans déplaisir mais sans passion, certains passages éveillant mes papilles, d'autres me semblant d'un intérêt moindre, ou me laissant dubitative tant les descriptions me paraissaient outrées, telle celle du poisson :

"Car ce qui se joue là, ce n'est ni finesse, ni douceur, ni force, ni onctuosité mais sauvagerie. Il faut être une âme forte pour s'affronter à ce goût-ci ; il recèle bien en lui, de la manière la plus exacte, la brutalité primitive au contact de laquelle notre humanité se forge. Il faut être une âme pure aussi, qui sait mastiquer vigoureusement, à l'exclusion de tout autre aliment. (...)
La viande est virile, le poisson est étrange et cruel. Il vient d'un autre monde, celui d'une mer secrète qui jamais ne se livrera, il témoigne de l'absolue relativité de notre existence et pourtant, il se donne à nous dans le dévoilement éphémère d'une contrée inconnue. lorsque je savourais ces sardines grillées, en autiste que rien, à cette heure, ne pouvait troubler, je savais que je me rendais humain par cette extraordinaire confrontation avec une sensation venue d'ailleurs et qui m'apprenait par contraste ma qualité d'homme."


Mon intérêt a brusquement été éveillé vers la page 50, dans le chapitre "Le potager", qui pour moi est incontestablement le meilleur de l'ouvrage. Emportée par la magie des mots je me suis brusquement retrouvée dans ce jardin des senteurs, dans l'air de l'été qui embaume, croquant une tomate sucrée encore chaude des rayons du soleil.

"Surtout, il y avait le tilleul. (...) Aux heures les plus chaudes de l'été, son ombrage importun offrait la plus odorante des tonnelles. Je m'asseyais sur le petit banc de bois vermoulu, contre le tronc, et j'aspirais à grandes goulées avides l'odeur de miel pur et velouté qui s'échappait de ses fleurs d'or pâle. Un tilleul qui embaume dans la fin du jour, c'est un ravissement qui s'imprime en nous de manière indélébile et, au creux de notre joie d'exister, trace un sillon de bonheur que la douceur d'un soir de juillet à elle seule ne saurait expliquer. A humer à pleins poumons, dans mon souvenir, un parfum qui n'a plus effleuré mes narines depuis longtemps déjà, j'ai compris enfin ce qui en faisait l'arôme ; c'est la connivence du miel et de l'odeur si particulière qu'ont les feuilles des arbres, lorsqu'il a fait chaud et qu'elles sont empreintes de la poussière des beaux jours, qui provoque ce sentiment, absurde mais sublime, que nous buvons dans l'air un concentré de l'été. "

Le livre continue ainsi, de description en description, et je dois dire qu'il m'a semblé assez inégal, certains passages se révélant savoureux dans tous les sens du terme, d'autres nettement moins aboutis, trop longs voire inutiles.
Le texte est très court, mais il aurait gagné en force à l'être encore plus. Je pense qu'en faire une nouvelle aurait pu être une véritable fête pour les papilles, un petit bijou sensoriel, mais mon intérêt a parfois été émoussé pat la forme choisie.
Bonne idée, les interventions brèves _2 pages au plus_ des proches qui ont cotoyé le critique ; épouse et fils délaissés, disciple, maîtresse ou femme de ménage apportent un éclairage nouveau sur le personnage principal et lui donnent de l'épaisseur. Leurs différentes interventions qui ne s'embarrassent pas de fioritures et décrivent sans concession les sentiments suscités par cet être complexe et antipathique apportent un rythme salutaire à ce qui ne serait sinon qu'un long monologue sur les aliments.

Je suis sortie de ce livre convaincue si besoin était du talent d'écriture de Muriel Barbery, mais dubitative face au livre lui-même. Plaisant, mais pas renversant. Et pas indispensable, je le crains.
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Lun 18 Mai 2009 - 8:26

Merci pour ce commentaire très étayé. Tu me donnes fortement envie de le lire. Il est toujours en haut de ma liste, mais le succès du hérisson le fait abondamment sortir de la bibliothèque, d'où ma peine à l'attraper avant que quelqu'un d'autre ne l'emprunte.
Le début fait très "de funesque".

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Orientale
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mer 16 Sep 2009 - 12:51

1.Je prends place parmi les admirateurs de "L'elegance du herisson"- pensee originale, style a la hauteur, sujet et personnages envoutants.

Je me suis juste demande pourquoi, une fois de plus, cette orientation vers l'Extreme Orient, le Japon, est-ce bien la, la verite? Ou est-ce la mode dans notre Europe globalisee?

2.J'ai egalement aime "Une gourmandise". Ce livre m'a fait penser a un autre livre sur les plaisirs de la chair, connaissez-vous le cocktail litteraire de gastronomie de
John Lanchester "Le prix du plaisir"?
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menine
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mar 3 Nov 2009 - 14:19

Une gourmandise



Je viens afin de terminer ce livre et je n'en peux plus !
Une véritable indigestion. Je sais le jeu de mot est facile mais c'est exactement le sentiment que j'ai eu.
J'ai craqué pour la couverture que je trouvais adorable, appétissante mais je ne m'attendais pas du tout à cela. Je suis écoeurée de toutes ces évocations de nourriture.Le livre est court et pourtant il me paraissait interminable. C'est une succession de souvenirs culinaires mais c'est long, long ... Un vrai gavage..
Je crois que je n'aime pas assez manger ou cuisiner pour apprécier toutes ces descriptions.
Je me suis forcée à finir.

Maintenant, je vais me mettre à la diète !

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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mar 3 Nov 2009 - 14:30

menine a écrit:
Je crois que je n'aime pas assez manger ou cuisiner pour apprécier toutes ces descriptions.
Je me suis forcée à finir.

Maintenant, je vais me mettre à la diète !

Heureusement quand même que tu l'as lu en novembre, et pas à la mi-décembre !

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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mar 3 Nov 2009 - 17:26

Terminé en Novembre ! Mais cela fait un moment que je l'avais commencé.
En fait, je crois que c'est à livre à lire le ventre vide afin de vraiment pouvoir l'apprécier !!!!! Very Happy

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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mar 3 Nov 2009 - 17:38

menine a écrit:
En fait, je crois que c'est à livre à lire le ventre vide afin de vraiment pouvoir l'apprécier !!!!! Very Happy

Oui, comme ça, tu peux dire ensuite que tu l'as dévoré, le livre !

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coline
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mer 4 Nov 2009 - 0:01

menine a écrit:
Une gourmandise



Je viens afin de terminer ce livre et je n'en peux plus !
Une véritable indigestion. Je sais le jeu de mot est facile mais c'est exactement le sentiment que j'ai eu.
[...]
Je me suis forcée à finir.

Maintenant, je vais me mettre à la diète !


Entièrement d'accord avec toi...

Ce que j'en disais lorsque je l'ai lu:
coline a écrit:
Une gourmandise

...Une nouvelle m'aurait suffit...et pourtant ce roman n'est pas très long...

_________________
"Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie."
(Jean Louis Barrault)
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Polarber
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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Sam 14 Nov 2009 - 19:27

Je fais moi aussi partie des inconditionnels de "L'élégance du hérisson", que je me suis procuré par un hasard total, au coin d'un rayon de librairie, attiré par le 4ème de couverture.

Le style littéraire de Barbery m'a beaucoup plu, l'humour aussi.
Les personnages sont particulièrement attachants, le livre m'a fait l'effet d'une bouffée d'air pur.

Pourtant, en lisant certains écueils reprochés sur cet ouvrage plus haut sur ce fil, je suis bien obligé de reconnaître qu'il y a beaucoup de vrai dans ces critiques négatives : peut-être Muriel Barberry verse un peu dans une pratique qu'elle dénonce dans le livre, en intellectualisant un peu trop abondamment des idées simples, en surchargeant certaines phrases par de lourdes tournues. Peut-être également qu'on peut trouver l'oeuvre un peu naïve et peu plausible.

Néanmoins moi ça m'a fait du bien, et j'ai bien l'intention de tenter "Une gourmandise" le moment venu (après les fêtes de fin d'année qui seront déjà bien riches en calories miammiam )

Au fait pour le néophyte que je suis, connaissez-vous un autre auteur dont le style littéraire est selon vous proche de celui de M. Barbery ?
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Muriel Barbery

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