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 Philippe ForestVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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coline
Abeille bibliophile



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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Ven 25 Mai - 12:28

Tu nous gâtes Marie...Merci! :)
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bertrand-môgendre
Sage de la littérature



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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Mer 6 Juin - 9:45

pour combler Marie, j'envoie le lien à propos d'un entretien avec l'auteur sur Sarinagara et autres écrits.
http://720plan.ovh.net/~villagil/article.php3?id_article=126
(cette année, la villa Gillet (Lyon) fête ses vingt ans)
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Marie
Zen littéraire



Inscrit le : 26 Fév 2007
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Jeu 7 Juin - 3:46

Merci, Bertrand! Je viens en plus de découvrir la Villa Gillet, et le programme des assises internationales du roman, ce site est très bien!

Dans cet entretien, Philippe Forest parle du deuxième japonais prix Nobel de littérature, Oé Kenzaburô. Il a écrit au sujet de cet auteur (que je ne connaissais pas ) un essai intitulé Légendes d'un romancier japonais,qui est suivi d'un entretien avec Oé Kenzaburô
Pour les amateurs de littérature japonaise, et j'ai vu qu'ils étaient nombreux ici, la quatrième de couverture:


A la fin des années 50, Oé Kenzaburô s'affirme comme l'enfant terrible des lettres japonaises. Son inspiration exprime le frénétique "mal de vivre" d'une "génération perdue" marquée par le souvenir de la défaite.
Au cours de l'été 1963, le jeune romancier voit commencer pour lui une "vie nouvelle": la naissance de son premier fils lourdement handicapé, la rencontre des victimes d'Hiroshima lui découvrent l'absurdité cruelle d'un Mal dont son oeuvre, couronnée par le prix Nobel en 1994 ne va cesser de questionner la signification. Les livres de Oé offrent au lecteur européen l'image d'un autre Japon où moernité et tradition se mettent au service d'un humanisme paradoxal et subversif.
On connait le célèbre mot de Nietzsche selon lequel nous avons l'art pour ne pas périr de la vérité. Toute la réflexion de Oé est dominée par une question semblable: comment survivre à la vérité? Car si la douleur dévastatrice du vrai doit être dite, il faut que cette douleur soit aussi douceur afin de préserver celui qui la contemple de la destruction sans retour de son être.


Philippe Forest
Editions Pleins Feux
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kalistina
Envolée postale



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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Jeu 28 Juin - 21:05

Mon avis lorsque j'ai lu Sarinagara en janvier :

Roman, essai, biographie, autobiographie, « Sarinagara » est un peu tout ça en même temps. C’est un livre chargé d’émotions, qui nous parle du deuil et de la souffrance, intemporelle et universelle.

Les quatre histoires se croisent et toutes sont touchantes. Philippe Forest ne nous présente pas des héros, chacun de ces hommes qui vit une forte souffrance reste profondément humain, avec ses failles.

Issa, le poète, est un vieux type concupiscent, aux dents gâtées, qui s’amuse à pisser dans la neige plutôt qu’à écrire des poèmes ronflants sur la pureté des flocons ;
Sôseki rentre de son voyage en Angleterre avec la certitude « d’avoir éprouvé jusqu’au vertige l’incapacité de son esprit à comprendre l’énigme insoluble du monde » ;
Yamahata confie « comment, dans les ruines de Nagasaki, il n’avait en vérité rien éprouvé : aucune pitié, aucune émotion, le froid fonctionnement de toutes ses capacités mentales, la plus stricte insensibilité devant le sort insoutenable auquel les autres se trouvaient livrés – mais qu’ils semblaient singulièrement supporter avec la même indifférence. Et c’est seulement plus tard que sont venues la souffrance et la honte ».
Quant à Philippe Forest lui-même, il écrit ce livre « afin de faire s'étendre sur (s)on existence l'oubli au coeur duquel se conserverait sauf (s)on souvenir le plus vif ».


Outre l’histoire elle-même, vraiment émouvante, j’ai aimé et admiré le très beau style de Philippe Forest.
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Chatperlipopette
Zen littéraire



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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Mer 24 Oct - 21:04

je commence "Sarinagara" et déjà je suis sous le charme de cette écriture poétique!
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coline
Abeille bibliophile



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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Jeu 25 Oct - 1:19

Juste pour information, je rappelle que nous avons deux fils sur Philippe Forest (c'est pour cela sans doute qu'il a été super adorable avec Aériale! Very Happy ): celui- ci en littérature non romanesque et un autre en littérature romanesque avec Le nouvel amour.

ICI
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Dim 11 Nov - 11:02

J'ai terminé, enfin!!!, mon commentaire sur "Sarinagara", texte qui m'a enchantée!

"Sarinagara" n'est pas un roman, plutôt une oeuvre non romanesque. Philippe Forest, qui est allé plusieurs fois au Japon, écrit des impressions, des réflexions autour de la culture japonaise et de quelques une de ses grandes figures marquantes dans le monde des arts: Issa, Sôseki ou Yosuke.
Par une écriture, aux senteurs japonaises, Forest dresse un portrait sensible de ces trois grands auteurs: Issa, le maître de haïku, Sôseki, l'inventeur du roman moderne japonais, et Yosuke, premier photographe à immortaliser les horreurs de la bombe de Nagasaki. Quel est le fil conducteur de ces portraits? Quel est la raison de cet attachement, étrange, de Forest pour la ville de Kobe?
Le fil conducteur est le malheur vécu par ces trois auteurs,vécu directement ou indirectement. Ainsi Issa et Sôsuke ont-il en commun la perte d'un ou plusieurs enfants....échos de la peine incompressible de Forest face à la disparition prématurée de sa fille. Yosuke, quant à lui, a côtoyé l'horreur de la douleur en tant que photographe de l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale: les massacres de Nankin, dont il ne rapporte aucune image, comme la catastrophe de Nagasaki où il est le premier témoin et dont il rapportera de nombreux clichés plus émouvants et éprouvants les uns que les autres. Yosuke qui à force de voir l'horrible en devient indifférent.
C'est un livre difficile à résumer car il n'est pas résumable: tout ce qui y est écrit est essentiel, est un voyage intérieur apaisant malgré la douleur muette qui coule sous l'épaisseur des mots. Les vies rêvées d'Issa, Sôseki et Yosuke ont les couleurs de la réalité: celle de Forest qui s'approprie ces vies, qui les écoute, les ressent et les relate avec brio, de son point de vue.....celui de la douleur d'un père qui a perdu une part de lui-même.
Un texte magnifique, d'une sensiblité et d'une grande poésie....l'impermanence des choses et des êtres est en filigrane et tisse une histoire éternelle.
Le poète, l'écrivain ou le photographe observent leur art, tentent d'en saisir la quintessence, la source première. Parfois cette recherche est vaine et conduit à la folie, parfois elle laisse entrevoir une lumière appraissant dans un petit mot "cependant" ou "et puis"....l'espoir est là, l'explication tant recherchée attend, tapie dans l'ombre, on ne fait que l'effleurer et c'est déjà énorme.

"La poésie est le sentiment du temps, son chiffre ébloui et impuissant. Il n'y a pas de vérité plus forte et plus désespérée.
Au Japon, le pessimisme de Bouddha épouse la forme vide des mêmes paysages sans cesse coloriés de couleurs différentes par le changement des saisons. La langue japonaise connaît toutes sortes de mots dont la philosophie peut choisir de faire de fragiles et douteux concepts afin d'exprimer cette perception doucement désolée de la vie. L'un de ces mots est sabi, qui signifie "navré", "déclinant", "ancien" et désigne toute extase mélancolique devant le spectacle minuscule de la grande impermanence des choses.
L'arbre qui fleurit un instant et que blanchit la clarté provisoire de la lune pleine pour un soir, la fleur qui se fane à peine dans son vase, la pierre qui se couvre de mousse et de rouille verte et rousse, l'herbe jaune qui grandit sur la terre et sous laquelle reposent des guerriers er des princesses: toutes ces choses disent le passage imperceptible du temps qui ravage, efface et oublie. L'Europe tient pour beau tout ce qui se dresse majestueusement dans l'espace et dans le temps, ce que la raison érige pour durer et inscrire son signe dans le néant. Mais au Japon, on trouve beau ce qui se soumet à la loi vide de l'être et qui se défait délicieusement afin d'offrir au coeur de l'homme un moment pur de jouissance trsite.
C'est en tout cas ce que nous apprennent les livres de philosophie et de littérature."
(p 52 et 53)

"....chacun sait que le haïku n'existe qu'en raison même de son attachement à la fibre triviale et modeste du monde. Car avec lui, renonçant au symbole, le poème se déshabille de toute sa rhétorique pour pointer du doigt, en u ngeste bref et libre de toute implication métaphysique, la silhouette seule des choses sous le regard d'un oeil absent: la fleur, l'insecte, la neige, le poudroiement microscopique des phénomènes et tout cela qui est encore et ne prétend à rien d'autre qu'à la gratuité de l'inutile d'être." (p 5Cool

Merci Parfum de m'avoir permis cette superbe découverte cheers
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coline
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Dim 11 Nov - 13:45

Chatperlipopette a écrit:
Un texte magnifique, d'une sensiblité et d'une grande poésie....l'impermanence des choses et des êtres est en filigrane et tisse une histoire éternelle.


Belle unanimité des Parfumés sur ce texte! :)
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Dim 11 Nov - 14:31

N'est-ce pas....mais il le mérite amplement drunken
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bulle
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Lun 3 Mar - 18:49

coline a écrit:
bertrand-môgendre a écrit:
Le souvenir gravé de cette lecture ressemble à ses matins d’automne, où les écharpes de brume griffées des pointes d’épicéa, planent en attente d’un soleil tardif.
Longilignes et froides, les phrases gardent en elle le goût amer des jours fléchissant.
Sarinagara, un mot fétiche conservant la flamme minuscule d’un espoir en quête de lendemains rieurs.


Je ne passerai pas à côté d'un livre qui te rends aussi poète Bertrand... :)


suis en retard.... mais comme disait Coline,
moi non plus, je ne devrai pas passé à côté de ce livre .
noté, pour un éventuel achat.
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coline
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Lun 3 Mar - 22:36

bulle a écrit:
noté, pour un éventuel achat.


Et ce sera un très bon investissement...content
_________________
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bulle
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Sam 29 Mar - 21:52

coline a écrit:
bulle a écrit:
noté, pour un éventuel achat.


Et ce sera un très bon investissement...content


un très bon investissement, oui je suis assurée. Cool

j'ai déçidé à présent, de demander comme cadeau quand vient ,
soit mon anniversaire ou Noël
des certificats cadeaux de chez Archambault musique.

fini les cadeaux inutilent qui reste dans le placard à balai.
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coline
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Lun 31 Mar - 1:37

bulle a écrit:
coline a écrit:
bulle a écrit:
noté, pour un éventuel achat.


Et ce sera un très bon investissement...content


un très bon investissement, oui je suis assurée. Cool

j'ai déçidé à présent, de demander comme cadeau quand vient ,
soit mon anniversaire ou Noël
des certificats cadeaux de chez Archambault musique.

fini les cadeaux inutilent qui reste dans le placard à balai.


Et chez Archambault musique ils vendent des livres?
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swallow
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MessageSujet: Re: Philippe Forest   Sam 10 Mai - 12:04

J´ai enfin lu SARINAGARA, poussée par tout ce vous en dites sur ce Forum, depuis un an déjà!
Et j´essaie de comprendre ce qu´un occidental peut trouver au Japon qui puisse apaiser sa douleur. Quelque chose qui n´existe pas ICI.
Je crois qu´un partie de la réponse pourrait se trouver dans cette phrase de Forest:

"L´Europe tient pour beau tout ce qui se dresse majesteusement dans l´espace et dans le temps, ce que la raison érige pour durer et inscrire son signe dans le néant. Mais au Japon, on trouve beau ce qui se soumet à la loi du vide de l´être et qui se défait delicieusement afin d´offrir au coeur de l´homme un moment pur de jouissance triste".

Je ne saisis par encore bien cette idée du néant, du vide si évidente pour les asiatiques ( je ne veux ni me laisser aider par la philosophie taoïste, qui en dessine trop fortement et systematiquement les contours ni même par les explications de François Cheng sur l´importance du vide en peinture, par exemple).
Mais si je compare avec l´ idée que j´ai du Neant depuis ma perspective d´athée, le concept asiatique est infiniment plus serein, beau, et supportable.
C´est une idée tellement nouvelle pour moi, que pour y adhérer- supposant qu´un jour je la comprenne dans sa totalité- restera encore le travail d´accoutumance.
D´un côté, l´idée m´attire, puisque la perspective asiatique adoucirait la douleur, la perte, mais pour ce faire, il faudrait accepter d´associer jouissance et tristesse. Ce dont je suis à ce point de ma vie encore incapable.
C´est là que j´achoppe.
Vous avez du remarquer avec le temps, combien "je pratique" les livres. C´est bien pourquoi vous m´êtes indispensables, afin de bien choisir et deviner avant de lire jusqu´où l´auteur peut m´entraîner.
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"Ce sont les enfants et les oiseaux qu'il faut interroger sur le goût des cerises et des fraises". (Goethe)
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