
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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| Auteur | Message |
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animal Zen littéraire

Messages: 9135 Inscription le: 12/05/2007 Age: 28 Localisation: Tours
 | Sujet: Robert Musil [Autriche] Sam 9 Mai - 18:47 | |
|  | Citation: | Robert Musil , né le 6 novembre 1880 à Klagenfurt en Carinthie et mort le 15 avril 1942 à Genève, est un écrivain et dramaturge autrichien.
Son grand roman inachevé, L'Homme sans qualités, est considéré comme un des romans fondateurs du roman du XXe siècle, avec À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et Ulysse de James Joyce.
Robert Musil est le fils unique d'un père ingénieur, Albert von Musil, et de son épouse, Hermine Bergauer. La famille de son père qui compte des officiers et des ingénieurs est de noblesse récente.
Il suit de 1892 à 1897 une formation militaire dans les différentes villes où son père est muté, mais interrompt sa carrière d'officier pour faire des études d'ingénieur à Brünn. Il est diplômé en 1901.
À partir de 1903, Musil est de nouveau étudiant, à Berlin cette fois-ci, où il suit des cours de philosophie et de psychologie, sous la direction de Carl Stumpf. Pendant ses études, Musil fait par ailleurs la connaissance d'Alfred Kerr et de Franz Blei. En 1908, il obtient le titre de docteur ; sa thèse porte sur le savant et philosophe autrichien Ernst Mach.
Durant ses années berlinoises, il écrit Les Désarrois de l'élève Törless, son premier roman inspiré de ses années de lycée militaire : l'intrigue évoque les rapports ambigus et malsains qu'entretiennent entre eux les élèves d'une école militaire. Ce livre rencontre un grand succès critique et donne à Musil l'espoir de pouvoir vivre de sa plume.
Il retourne en Autriche en 1910 et occupe un poste de bibliothécaire à Vienne. C'est aussi dans cette ville qu'il épouse Martha Marcovaldi en 1911.
Mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, il est officier de réserve sur le front italo-serbe.
À partir de 1920, il réside à Berlin et travaille à son grand œuvre, L'Homme sans qualités. Le premier tome paraît chez l'éditeur Rowohlt en 1930 et lui attire notamment l'admiration de Thomas Mann, dont la défense de ce roman, perçu par le public comme trop intellectuel, permettra la publication de son second tome. Il reçoit le Prix Kleist en 1923 et le Prix Gerhart Hauptmann en 19283.
L'arrivée des nazis au pouvoir en 1933 l'incite à quitter Berlin pour l'Autriche. Après l'Anschluss, en 1938, il émigre pour la Suisse. Durant ces années, sa santé se dégrade et il vit dans un dénuement financier de plus en plus grand4 : les nazis ont interdit ses œuvres et il n'a plus de public en Allemagne. En 1942, il meurt au 1, Chemin des Clochettes dans le quartier de Champel à Genève.
Musil, l'un des écrivains autrichiens les plus marquants du XXe siècle, est aussi considéré comme l'un des principaux auteurs de la littérature moderne. Il est surtout connu comme l'auteur du roman inachevé L'Homme sans qualités. Pourtant, ce roman a suscité peu de réactions après sa publication au début des années 1930. Dans les années 1950, Adolf Frisé édita des extraits du roman et contribua ainsi de manière déterminante à sa redécouverte. |
source : wikipedia
Les désarrois de l'élève Törless
| Quatrième de couverture a écrit: | Ce roman, qui est d'abord une admirable analyse de l'adolescence, relate l'éveil d'une conscience à travers les désarrois intellectuels, moraux et charnels de Törless, élève dans un collège très huppé de la vieille Autriche à la fin du siècle dernier. La cruauté et la brutalité qui les suscitent, et dont les " amitiés particulières " ne sont que l'exutoire, prophétisent les aberrations de l'ère nazie. Musil n'avait que 25 ans lorsqu'il écrivit ce premier roman qui préfigure, par la lucidité et la description des " aspects nocturnes " de l'homme, toute l'oeuvre à venir. |
pas celui de l'édition Points que j'ai en tout cas.
Deux éclairages avant lecture : le film et ce "prophétisent les aberrations de l'ère nazie".
C'est une lecture un peu particulière, pour éviter de m'emmêler les pinceaux, je coupe en deux : la forme et le contenu... c'est assez idiot dans ce cas parce que c'est très lié, enfin...
La forme :
Désarroi. Pensées hésitantes, pensées qui s'obscurcissent, doutes, égarements... la forme le rend très bien, ainsi que la percpetion pénétrante de Törless, sa manière de détacher les choses. Cependant dans les "pages de réflexion" on se perd facilement, plus exactement, il est facile de décrocher quand on suit une pensée qui ne se dévoile pas ... et qu'on s'interrompt avant de l'avoir approchée d'assez prêt. Atmosphère mentale contagieuse et réussie (très même, c'est une des grandes qualités du livre) mais teintée d'un peu de frustration, parce que plusieurs fois on court derrière une idée qui ne se dévoile vraiment pas beaucoup. c'est des épisodes dans le livre et c'est un peu... arbitraire ?
Le contenu :
Dans les grandes lignes c'est une approche psychologique et un peu philosophique de la construction de l'adolescent (réflexion généralisable sur les résultats donnés, nous, les autres... ) avec une grande attention portée aux mécanismes et à leur développement dans un rapport de force. Törless est entre Reiting (qui a un penchant pour l'intrigue "politique") et Beineberg (plus branché mystique, influencé en cela par un oncle officier qui a voyagé et lu quelques pensées orientales) d'un côté, les forts. Et de l'autre Basini, physiquement plus faible et qui se retrouve soumis, humilié, torturé par les deux Reiting et Beineberg... et Törless en spectateur ambigü. Törless est mélancolique et cherche en quelque sorte à réunifier ses pensées et ses sentiments, chose au combien compliqué. Il réfléchit à sa vie d'élève, à ses parents... Mais il n'est pas vraiment sympathique Törless, il est froid, rêveur mais lui aussi calculateur et, commes ses camarades, un peu méprisant... les amitiés de ses jeunes sont plus des obligations finalement. Dans l'analyse des réflexions et des comportements, il y a quelque chose de systématique (qu'on pourrait confirmer par les études menées par l'auteur et une lettre à un critique, donnée dans la préface). La lecture en souffre un peu malgré que ce soit souvent intéressant et toujours baigné dans le cadre rigide et pourrie de l'école et des règles qui unissent ces jeunes.
Maintenant il faut bien se pencher sur l'autre sens du problème (ou pas tant que ça ?) : la cruauté et la violence des élèves pour leur victime désignée.
Törless se cherche et doute de ses forces pour s'imposer face à ses encombrants (et un peu pénibles camarades), Basini le fascine parce qu'il est le reflet probable d'un Törless qui cèderait au rapport de force... divisé plus fortement encore entre ses pensées intimes et son existence apparente. Le fascine et lui fait peur. Si pour Reiting et Beineberg il est souffre douleur autant que cobaye (et l'objet de relations physiques aussi), ce sont le produit de ses réactions qui les intéressent. Törless lui veut comprendre les pensées de "l'objet Basini", objet de son analyse auquel il se lie par des sentiments incertains. Objet d'analyse donc, et si Törless est un peu mal à l'aise avec une forme d'esclavage, lui qui avait essayé de rejeter cette problématique par une prise de position plus radicale s'en accomode... jusqu'à ce que ça devienne trop gratuit et que les motivations de ses deux "amis" lui apparaissent comme dérisoires autant que malsaines.
De ce côté là, le rapprochement avec le nazisme futur ne saute pas aux yeux. Le cheminement de Törless est plus intellectuel que moral (bien que la forme rende bien compte de l'indécision et de la difficulté à nommer les choses) et ce qui me semble une lecture plus évidente du roman est de dire que c'est un système traditionnel reposant beaucoup sur les apparences et encourageant l'obéissance et le rapport de force qui crée la situation qui sert de noeud à l'intrigue.
J'ai un peu regretté que la tension morale et l'incertitude dans la recherche d'une méthode pour se réaliser se détourne, ou se diffuse dans la relation physique (et psychologique plus que sentimentale ?) entre Törless et Basini. Chose qu'on retrouve beaucoup moins dans le film qui me semble plus épûré et peut-être bien plus ambigu dans le "laisser faire".
La fin (30 dernières pages) qui sonne comme une libération de Törless qui essaye de s'expliquer complètement est très belle je trouve, la réalisation d'une certaine assurance d'être défini (et qui s'accepte d'une certaine manière) est en plus assez nuancée. Il y a de très beaux passages, d'autres plus simplement "intéressants". Un livre pas si simple à aborder et qui mérite un peu de réflexion, il y a des éléments à peser encore... la rédaction de ce très imparfait commentaire ne faisant que renforcer cette impression et relevant mon intérêt un peu au dessus de ce qu'il était pendant la lecture. _________________ Vous savez, "Qu'importe" est une maladie qu'on ne soigne pas encore...
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|  | | Arabella Zen littéraire

Messages: 4182 Inscription le: 02/12/2007 Age: 47 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Sam 9 Mai - 19:01 | |
| Merci d'ouvri un fil sur Musil Animal, L'homme sans qualités est un des livres les plus marquants que j'ai lu. Musil est très déstabilisant pour ses lecteurs, mais c'est d'une telle richesse que cela vaut le coup de sentir de l'inconfort pendant un petit moment après la lecture. _________________ Si la raison dominait sur la terre, il ne s'y passerait rien. (Fontenelle)
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|  | | Nathria Sage de la littérature

Messages: 1889 Inscription le: 18/06/2008 Age: 42 Localisation: Nord (France)
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Sam 9 Mai - 19:04 | |
| Merci pour ce fil, Animal! Et moi, qui ne peut toujours pas lire (temps) "L'homme sans qualités"... Quelle poisse! _________________ Définir, c'est limiter. (O.Wilde)
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|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Sam 9 Mai - 23:43 | |
| Je me trouve impardonnable de ne pas encore l'avoir lu...Je saisdepuis longtemps qu'il faut le faire... _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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|  | | Kashima Envolée postale

Messages: 104 Inscription le: 13/04/2009
 | Sujet: L'élève Törless Dim 10 Mai - 6:22 | |
| Je l'ai lu en juillet dernier, voici ce que j'en avais retenu : " Les Désarrois de l'élève TörlessRobert Musil J'ai lu ce livre sans grande passion, mais j'étais intéressée quand même et, une fois refermé, il m'a laissé des impressions agréables, comme lorsqu'on a lu quelque chose qui a de la valeur. D'abord attirée par la peinture d'Egon Schiele en couverture et par la réputation de l'écrivain, j'ai décidé de lire Les Désarrois de l'élève Törless. Je n'avais pas envie de me livrer à des lectures parlant d'amour ou de passions, de sentiments qui auraient pu raviver ce dont je souhaitais guérir. Je n'étais pas non plus portée vers la littérature de guerre que j'ai pourtant affectionnée en avril avec Les Bienveillantes. Alors, une histoire de pensionnat pouvait me convenir. Mais on ne peut pas résumer ce livre ainsi. Dès la première page, le lecteur est dans les pensées souvent confuses de Törless, un jeune garçon que ses parents ont placé dans une école. Il est d'abord très triste de cette séparation pour finalement y prendre goût. J'avoue n'avoir pas toujours compris certains de ses désarrois ou raisonnements, mais c'est tellement bien écrit qu'on se laisse porter par le style. Törless se lie avec Reiting et Beineberg. Tout commence avec cette phrase que s'écrie Reiting au quatrième chapitre : « Dis donc, je l'ai eu ! (…) Le voleur de casiers ! » Basini a dérobé de l'argent dans des casiers pour rembourser des dettes qu'il avait, mais il comptait le rendre. Cet événement va être le point de départ d'un chantage cruel auquel les trois camarades vont soumettre le jeune voleur. Il subira des humiliations, des sévices… et sera le révélateur de certains questionnements de Törless… Musil s'est justifié sur les liens homosexuels qui se tissent dans ces pages : « Je ne veux pas rendre la pédérastie compréhensible. Il n'est peut-être pas d'anomalie dont je me sente plus éloigné. Au moins sous sa forme actuelle. On pourrait remplacer Basini par une femme, et l'homosexualité par le sadisme, le fétichisme, tout ce qui a quelque rapport avec des émotions aberrantes. ».... Présenté comme un roman de formation, c'est en effet celle de Törless qui s'opère petit à petit sous nos yeux. Dans le Lire de l'été, un article sur Robert Musil…" Il faudra que je lise un jour L'Homme sans qualités... |
|  | | Cachemire Agilité postale

Messages: 916 Inscription le: 11/02/2008 Age: 43
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Dim 10 Mai - 21:21 | |
| | Kashima a écrit: | Il faudra que je lise un jour L'Homme sans qualités... |
Oui, moi aussi, ce livre est depuis longtemps sur ma LAL ! _________________ Le monde est fait pour aboutir à un beau livre. Stéphane Mallarmé
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|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | |  | | Arabella Zen littéraire

Messages: 4182 Inscription le: 02/12/2007 Age: 47 Localisation: Paris
 | |  | | Kashima Envolée postale

Messages: 104 Inscription le: 13/04/2009
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Lun 11 Mai - 8:24 | |
| Ouf!  |
|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Lun 11 Mai - 10:15 | |
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|  | | Arabella Zen littéraire

Messages: 4182 Inscription le: 02/12/2007 Age: 47 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Lun 11 Mai - 17:47 | |
| Si on rentre dedans, cela se lit tout seul. C'est un livre passionnant, mais vu la taille il vaut mieux être disponible, en vacances, ou avec de longs week-end en perspective. _________________ Si la raison dominait sur la terre, il ne s'y passerait rien. (Fontenelle)
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|  | | kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Lun 11 Mai - 18:20 | |
| avant la lecture vous pourriez apprendre l'allemand.. le livre ne compte que 1.040 pages dans cette langue  _________________ Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui a perdu sa passion. Saint Augustin
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|  | | bix229 Zen littéraire

Messages: 5045 Inscription le: 24/11/2007 Localisation: Lauragais (France)
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Lun 11 Mai - 18:34 | |
| Et puis il a écrit pas mal d' autres livres, Musil : - Les Désarrois de l' élève Torless - Roman - Trois femmes, suivi de Noces - Nouvelles - Oeuvres pré-posthumes - Proses - Journaux - Essais - Théatre - Proses éparses |
|  | | kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | |  | | Cachemire Agilité postale

Messages: 916 Inscription le: 11/02/2008 Age: 43
 | Sujet: Re: Robert Musil [Autriche] Mar 12 Mai - 10:24 | |
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