Le travail de la nuit (Flammarion) de Thomas Glavinic..Die Arbeit der Nacht
2006.

L'histoire est très simple. Un jour de juillet, Jonas essaie en vain de joindre sa petite amie, de lire le journal, d'écouter la radio, de regarder la télé ou de surfer sur Internet. Mais, rien ne se passe et il finit par se rendre compte qu'il n'y a plus nulle part à Vienne un être humain ou même un animal. Il reste le seul être vivant sur terre... Que fait-il alors ?
Nous suivons avec inquiétude les périgrinations du personnage en l'absence de ses semblables. Sans jamais nous donner une explication rationnelle de la disparition des humains, l'auteur nous tient pendant 400 pages fasciné par son anti-héros et ses réactions étranges dans une solitude absolue. Ce dernier partira, par exemple, loin à la recherche des souvenirs de la femme qu'il a aimée. Glavinic décrit tout minutieusement avec une langue dont la sobriété et le dépouillement laissent résonner encore plus fortement le calvaire de Jonas (échoué sans raison dans un monde vide) et donnent plus de reliefs aux mille péripéties de son odyssée sans espoir.
J'ai eu un très grand plaisir à lire ce roman original, plein de suspens et qui est aussi l'illustration d'un questionnement philosophique, une autre variation intéressante du thème éternel de la solitude de l'homme, que Daniel Defoë avait magnifiquement inauguré avec son « Robinson Crusoé ».
(Je ne peux pas juger de la qualité du style de la traduction française du roman, l'ayant lu en langue allemande...)
« C'est un livre existentialiste mais surtout pas un livre psychanalytique. Je crois d'ailleurs que la litterature peut aller beaucoup plus loin que Freud. » Pierre Deshusses,
Le Monde.
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Le monde est fait pour aboutir à un beau livre.
Stéphane Mallarmé