Théâtre : Un mari idéalLe sujetRobert Chiltren, homme réputé pour sa droiture et son intégrité, est l'objet du chantage de Lady Cheveley.
Celle-ci le menace de dévoiler aux yeux de tous l'origine de sa fortune et de sa carrière politique s'il n'intervient pas en faveur
du projet de construction du canal d'Argentine au parlement, projet pour lequel elle a placé des sommes considérables.
Robert Chiltren prend peur, car non seulement il sait que ce projet est une escroquerie ( et ne peut donc le défendre en son âme
et conscience), mais qu'il risque, en ne cédant pas au chantage, de s'exposer à la disgrâce que susciterait indiscutablement
ces révélations, disgrâce tant politique que matrimoniale, son épouse étant une jeune personne à la moralité exemplaire et très éprise
de la réputation sans tâche et de l'image idéale qu'elle s'est forgée de son mari .
Un ami proche de la famille, Lord Goring, dandy oisif et mondain (dans lequel Oscar Wilde a mis beaucoup de lui-même) tentera de
sauver l'honneur politique de Robert Chiltren ainsi que leur mariage.
AvisLa plume accérée, le ton incisif et l'humour piquant d'Oscar Wilde font une nouvelle fois merveille.
Les thèmes abordés sont très diversifiés : l'hypocrisie, le faux-semblant, l'ambition, la spéculation, le pouvoir de l'argent, la corruption politique, le chantage. Sans oublier l'idéalité de l'être aimé et la nécessité d'en faire le deuil, l'image de la femme, l'image du père, l'amitié et le pardon.
De quoi passer un excellent moment en excellente compagnie avec la charme et l'intelligence de l'auteur.
Extraits :Acte II
Lord Goring : Mon cher Robert, voilà une affaire bien embarrassante, des plus embarrassantes. Vous auriez dû tout dire à votre femme.
Les secrets qu'on tient des femmes des autres sont un luxe nécessaire dans le vie moderne. C'est du moins ce que m'ont dit au club
des gens assez chauves pour savoir de quoi s'en tenir. Mais on ne devrait jamais avoir de secret pour sa femme.
Elle finit toujours par le découvrir. Les femmes ont un merveilleux instinct pour cela. Elles sont capables de découvrir n'importe
quoi, excepté ce qui crève les yeux.
Acte III
Lord Goring : Chose extraordinaire chez les classes inférieures de l'Angleterre : sans cesse on y perd des parents.
Phipps : Oui, Milord, elles sont extrêmement favorisées sous ce rapport.