Le Testament Caché
(The Secret Scripture, 2008)
Sebastian Barry 
Voici un joli roman qu’on lit avec beaucoup de plaisir – pas un chef d’œuvre non, mais un bon livre, l’histoire d’une vie dure, d’une époque, de mœurs incroyablement étriquées régies par les bons pères de l’Eglise. Une histoire qui n’est pas sans nous rappeler celle des Magdalen Martyrs. Le personnage principal, celui de Roseanne a été inspiré à Barry par une de ses grand-tantes qui avait transgressé les codes catholiques de bonne conduite dans l’Irlande de l’époque et qui avait été bannie de la famille. On disait d’elle qu’elle était une beauté, mais aussi ‘no-good’ une vaurien(ne), bref, elle ne valait pas cher.
Roseanne McNulty a passé le plus clair de ses cent et quelques années dans l’hôpital psychiatrique de Roscommon. Elle prétend ne plus se souvenir de la raison qui l’a amenée là. Toutefois son avenir est incertain car l’hôpital doit fermer et le Dr Grene est chargé de ‘trier’ les malades, ceux que l’on doit replacer dans le nouvel hôpital psychiatrique et ceux que l’on peut rendre à une vie normale. Il s’efforce alors d’interroger Roseanne qui l’intrigue pour déterminer dans quelle catégorie elle se range.
Roseanne reste évasive, prétend que sa mémoire la trahit, mais en fait elle consigne l’histoire de sa vie par écrit sur un manuscrit qu’elle dissimule soigneusement. Une histoire tragique de son enfance à un mariage qui la rendrait heureuse, pensait-elle. Le Docteur consigne lui aussi ses entretiens avec Roseanne et ses impressions par écrit, ainsi que les recherches qu’il entreprend pour savoir qui elle est et pourquoi elle est arrivée là, jusqu’à un dénouement inattendu, choquant où il apprendra comment elle est arrivée à l’hôpital et la révélation d’un secret.
L’histoire de Roseanne est celle d’un siècle de la société irlandaise et de la cruauté de ces temps qu’elle a endurés. C’est un thème assez récurrent dans les romans irlandais. Ici il est traité à travers un double journal de bord, deux points de vue, qui à la fin n’en font plus qu’un. Rien d’exceptionnel au niveau du style, mais simplement une bonne histoire, plutôt bien écrite, dont on tient vraiment à connaître la fin.
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'La croissance n'est qu'une appellation politiquement correcte pour désigner la cupidité', Arni Thorarinsson, Le Dresseur d'Insectes, 2007.