Alberto Moravia, pseudonyme d’Alberto Pincherle, naît à Rome en 1907, dans une famille juive-catholique aisée.
La tuberculose l'empêche de finir ses études et l'oblige à séjourner pendant quelques années dans des sanatoriums. Il y écrit à 20 ans son premier roman,
Les indifférents (1929), un roman existentialiste avant la lettre qui dénonce la difficulté de l'individu à s'insérer dans un monde dominé par l'argent et le sexe.
S'étant attiré l'hostilité des autorités fascistes, il part en voyage et écrit des récits. Il collabore ensuite à
La Stampa et à
La Gazetta del Popolo. En 1935,
Les ambitions déçues est censuré par le régime et mis à l'index par le Vatican. Moravia (nom de sa grand-mère paternelle) fustige la société capitaliste et conformiste, et se fait libeller de "subversif" par les Fascistes. En 1941 il écrit une parodie comique du gouvernement Mussolini,
La Mascherata, et part se cacher à la campagne. Ces neuf mois parmi les paysans ont renforcé sa conscience sociale (
Agostino, 1944,
La Ciociara, 1957).
L'œuvre d'Alberto Moravia dissèque souvent les rapports amoureux, sexuels ou non, charnels ou spirituels, en fouillant de manière distanciée la psychologie de ses personnages.
Jouant avec les conventions sociales et leur influence sur les sentiments, ses livres questionnent volontiers la société et le couple dans leurs rapports (
L'Amour conjugal, 1949,
Le Mépris, 1954,
L'Ennui, 1960,
La Femme léopard, 1991).
Rome est omniprésente, surtout dans ses
Nouvelles Romaines (1954, 1959).
Ecrivain mais aussi journaliste et essayiste, il est l'auteur de plusieurs essais sur l'Union soviétique, la Chine, l'Afrique. Il a été député européen, apparenté communiste.
Alberto Moravia fut notamment l'époux d'Elsa Morante, et partagea également sa vie avec
Dacia Maraini, toutes deux écrivains italiens reconnus.
Il meurt à Rome en 1990.
Son oeuvre a été adaptée au cinéma par Vittorio De Sica (
La Ciociara, 1960), Jean-Luc Godard (
Le Mépris, 1963), Bernardo Bertolucci (
Le conformiste, 1970) et plus récemment Cédric Kahn (
L'Ennui, 1998).
(Sources: Wikipédia/Evene)
A suivre, mes impressions de lecture sur
Nouvelles Romaines...
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Car ce sont bien de menus accidents qui nous font chérir un livre plutôt qu'un autre. (Roger Caillois)