
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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| Auteur | Message |
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coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Lun 8 Déc 2008 - 12:52 | |
| Je lis une petite merveille...dont je sais déjà qu'elle sera trop courte... Trois chevaux de Erri de Luca... _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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|  | | monilet Sage de la littérature

Messages: 1897 Inscription le: 11/02/2007 Age: 58 Localisation: Île de France
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Lun 8 Déc 2008 - 13:03 | |
| J'ai lu : bon souvenir. _________________ (PASSAGE) Toi moi ton amour mon amour notre monde comme de nuages et d'ombre des vaisseaux de beauté
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|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Lun 8 Déc 2008 - 13:08 | |
| | monilet a écrit: | | J'ai lu : bon souvenir. |
Tu parles de Trois chevaux monilet?... Il est extraordinaire ce Erri de Luca... _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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|  | | kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | |  | | eXPie Zen littéraire

Messages: 4059 Inscription le: 22/11/2007 Age: 36 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Lun 8 Déc 2008 - 13:21 | |
| J'avais préféré Montedidio à Trois chevaux, mais c'est quand même un bon bouquin. Peut-être un peu meilleur que Tu, mio. _________________ Quand les gens sont de mon avis, il me semble que je dois avoir tort. - Oscar Wilde
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|  | | monilet Sage de la littérature

Messages: 1897 Inscription le: 11/02/2007 Age: 58 Localisation: Île de France
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Lun 8 Déc 2008 - 13:27 | |
| | coline a écrit: | | monilet a écrit: | | J'ai lu : bon souvenir. |
Tu parles de Trois chevaux monilet?... Il est extraordinaire ce Erri de Luca... |
Oui. _________________ (PASSAGE) Toi moi ton amour mon amour notre monde comme de nuages et d'ombre des vaisseaux de beauté
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|  | | eXPie Zen littéraire

Messages: 4059 Inscription le: 22/11/2007 Age: 36 Localisation: Paris
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Lun 8 Déc 2008 - 13:40 | |
| Il y a juste chez Erri de Luca (outre le politiquement correct mis en avant par Babelle), une petite tendance au sentimentalisme... presque un chantage aux émotions, avecv un style du genre "regardez comme je suis sobre". C'est comme ça que je le lis parfois.... _________________ Quand les gens sont de mon avis, il me semble que je dois avoir tort. - Oscar Wilde
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|  | | aériale Zen littéraire

Messages: 9898 Inscription le: 01/02/2007 Age: 54 Localisation: Le Sud
 | |  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | |  | | tom léo Main aguerrie

Messages: 549 Inscription le: 06/08/2008 Age: 46 Localisation: Bourgogne
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Lun 8 Déc 2008 - 18:03 | |
| L'occasion de vous dire que cet homme m'intrigue par son histoire personnelle presque "inclassable": entre engagement fort à gauche et puis, comme il le disait, l'étude de chaque jour d'un texte biblique en hébreu, lui, l'athée! J'adore... franchement! J'avais commencé avec " Noyau d'olive" (Original: Nocciolo d'oliva ) où l'auteur parle de etreflète sur différents sujets et personnages bibliques. Mais si on peut en parler ici dans un forum littéraire, c'est qu'il s'agit pas de "théologie" pure, mais d'une vraie face à face avec une parole. Si ce livre fait mention des noyaux d'olive, c'est dans le sens de laisser ce noyau longtemps dans la bouche... aller jusqu'au bout! Les associations d'Erri de Luca, ses réflexions, sont toujours originales, étonnantes et je pense pouvoir le dire, accessibles justement à tous, car écrit par un non-croyant. On s'approche là d'une espèce de spiritualité séculaire, ou je ne trouve pas un mot adapté là! C'est un approche et un cheminement inconventionnel, selon moi, par une personne fort sympathique. Un soi disant "non-croyant" trouve des mots, des approches qui pourraient bien nourrir des gens au-délà d'une stricte appartenance réligieuse. Après j'avais continué avec " Au nom de la mère", dont il y a un commentaire si joli ci-dessus. Puis encore " Une fois, deux fois", mais j'étais peut-être un peu endormi pendant la lecture. Plusieurs livres sont encore sur ma PAL... Et, oui, ici on trouve un lien vers un page dédié à lui: http://errideluca.free.fr/ |
|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Lun 8 Déc 2008 - 18:21 | |
| C'est très important ce que tu soulignes ci-dessus Tom Léo...Merci de le rappeler en des termes très justes... _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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|  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Jeu 11 Déc 2008 - 18:50 | |
| Trois chevauxLe narrateur est un jardinier italien qui déjeûne chaque jour dans un modeste bistrot tout en lisant…toujours de vieux livres… « Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies. Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d'un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire de petits bateaux, bref ils devraient mourir n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l'étagère. » Un jour une femme s’approche de sa table et lui laisse son numéro de téléphone. Il s’en étonne. Puis il la rappelle et se met à l’aimer. C’est Laila, une prostituée. "Elle [...] m'ordonne d'aller chez elle après mon travail sans passer à la maison, et elle s'en va, moi je m'assieds et je suis pris d'une crampe à l'estomac, je le sais, mon corps aime cette femme, il mord pour le dire et il appelle. [...] Mon corps aime Làila, alors moi aussi."Mais à cet amour d’aujourd’hui, se superpose toujours le grand amour d’hier, celui de Dvora : « Elle me donne la main et moi je sais que je ne la lui rendrai plus. » Dvora qui l’emmena dans son pays, l’Argentine. Dvora qui lui fut ravie par la dictature militaire. Pour lui, rescapé, ne restera que la fuite … "Je monte sur la passerelle, je ne pense à personne, je suis la dernière feuille de l'arbre et je me détache sans être poussé. Je ne pense pas à la jeune fille aimée, suivie jusqu'à faire partie de son pays. Maintenant je sais qu'elle est au fond de la mer, jetée au large du haut d'un hélicoptère, les mains attachées. A vécu pour moi, est morte pour offrir des yeux aux poissons."
« Celui qui s’enfuit n’a pas le large devant lui, mais de nombreuses rues barrées. »Dans ses travaux au jardin le narrateur met tous les soins que lui dicte son amour profond de la nature. "Un arbre a besoin de deux choses : de substance sous terre et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une force d'élégance. La beauté qui leur est nécessaire c'est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d'étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches. Le moteur qui pousse la lymphe vers le haut dans les arbres, c'est la beauté, car seule la beauté dans la nature s'oppose à la gravité Sans beauté, l’arbre ne veut pas C’est pourquoi je m’arrête à un endroit du champ et je lui demande : « Ici, tu veux ? »."Il reçoit au jardin les visites de Selim, l’Africain qui vient chercher du mimosa pour le revendre et voudrait le payer. Ce que le narrateur refuse, par sens de l’amitié et de la solidarité. "Laisse tomber, sans toi la floraison serait encore là, dans un jardin fermé. Toi, en revanche, tu es l'adjoint du vent, tu la répands au loin, tu l'épingles sur la poitrine des femmes. Je serais un exploiteur si je prenais un pourcentage sur le vent."Les soirées d’amour chez Laila sont tendres et, au bord du sommeil, l’homme se laisse aller aux confidences. « Tu es de ceux qui lâchent quelque chose au bord du sommeil. » dit Laila. « J’écoute mes paroles venues à la voix sans moi » pense l’homme. Et lui qui a appris, là-bas, que la vie d’un homme dure autant que trois chevaux, peu à peu, il raconte…L’Argentine…Les Malouines…et le retour en Italie… Un très beau roman écrit dans une langue dépouillée à l’extrême, fragmentée en phrases courtes d’où jaillit très souvent la poésie. « Dehors, la nuit, je comprends que la science est née de la beauté, du désir de la comprendre. »
« Ce n’est pas le jour qui vient, c’est la nuit qui se retire. » _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
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|  | | majeanne Envolée postale

Messages: 286 Inscription le: 05/06/2008 Age: 49 Localisation: le Sud
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Ven 26 Déc 2008 - 15:15 | |
| J'ai beaucoup aimé "Montedidio" mais j'ai eu du mal avec "trois chevaux". Vos commentaires me donnent envie d'essayer d'autres livres de cet auteur. Merci. |
|  | | kenavo Zen Littéraire

Messages: 22980 Inscription le: 08/11/2007 Age: 43 Localisation: Luxembourg
 | |  | | coline Parfum livresque

Messages: 20849 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Erri de Luca [Italie] Mar 3 Fév 2009 - 14:51 | |
| SUR LES TRACES DE NIVES (Sulla Traccia di Nives)Rappeler tout d’abord qui est Nives :  En conquérant l'Everest, le 17 mai 2007, Nives Meroi est devenue la première femme à avoir vaincu dix sommets de plus de 8 000 mètres. Nives Meroi (née en 1961) est une alpiniste italienne au prénom prédestiné : Nives signifie “neiges”. Elle a maintenant atteint, avec le sommet du Manaslu, son 11ème sommet de plus de 8000 mètres, en compagnie de Romano Benet (son mari) et Luca Vuerich . Une vidéo: iciErri De Luca est un « écrivain alpiniste » (comme on dit « un écrivain voyageur »). Il a accompagné Nives Meroi dans l'une de ses expéditions himalayennes. Ce livre est un dialogue engagé entre eux sous la tente, au cœur d’une tempête de neige. " C'est l'heure de fin de journée, quand on se glisse dans la tente sur l'espace de neige ou de roche que nous avons aplani. On se souhaite une bonne nuit en sachant que l'insomnie sera la plus forte. Le repos vient aussi en écoutant la respiration régulière de celui d'entre nous qui arrive à dormir. Du sac de couchage ne sortent que des lèvres pour respirer. Nous échangeons quelques mots pour arriver au sommeil, du moins à un petit écroulement. C'est moi qui commence, dans les conversations avec Nives j'avance en premier de cordée. "On ne peut absolument pas résumer une conversation, à la fois si simple et si spirituelle et brillante qui touche à autant de sujets. La montagne (la neige, le vent, l’alpinisme, la nature…) mais aussi la Bible (Erri de Luca est un incroyant fasciné par les Saintes Ecritures), l’histoire, l’amour, l’amitié, la solitude et le silence, la poésie même … Ils évoquent leurs souvenirs : pour elle, ses sensations d’alpiniste ; pour lui, son père ou encore son engagement à l’extrême gauche lors des « années de plomb » qui lui valut la prison et l’exil (en France). Sans être passionnée de haute montagne, j’ai beaucoup aimé ce livre profond dont la langue est poétique et le meilleur hommage que je puisse lui rendre est d’en recopier des passages qui vous donneront, je l’espère, envie de le lire à votre tour. Kéchichian écrivait dans Le Monde: "Il faudrait s'arrêter sur toutes les pages de ce livre bref, étrange et miraculeux et sur les interrogations qu'à chaque moment il soulève. Pas de sérénité au rabais pourtant. Pas de message occulte ou de symbolisme suspect. Encore moins de religiosité de contrebande. A quoi ressemble et correspond ce sommet, objet d'une convoitise déraisonnable ? D'où vient cette connaissance qui se tisse sans fanfare, presque sans mot ? Pourquoi, soudain, la parole semble si simple et si simplement vraie ? Qu'est-ce qui nous empêche de trouver une demeure permanente dans cette simple vérité ? Après quel trésor invisible court-on au risque de sa vie ?" _________________ "Faire du théâtre c'est exorciser les démons de notre Personnage. Pourrais-je dire: si j'ai fait du théâtre, c'était pour m'éviter de jouer la comédie dans la vie." (Jean Louis Barrault)
Dernière édition par coline le Mar 3 Fév 2009 - 15:21, édité 2 fois |
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